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L'offset sans mouillage ou "Waterless"
Anne Blayo (EFPG), Dominique Gilet et Jocelyne Rouis (CERIG/EFPG)
(novembre/décembre 1999)
D'après la thèse de doctorat de Véronique Lanet-Tholimet
III - Les particularités du procédé (fin)
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III-3  Les avantages    Sommaire

Les conséquences positives de l'élimination de la solution de mouillage dans le procédé "Waterless" sont multiples :

    pas d'équilibre eau/encre à trouver au début et pendant l'impression
  démarrage plus rapide
  moins de gâche papier
  risques de variations dimensionnelles des papiers réduits (absence d'humidité)
  augmentation de la valeur tonale (engraissement du point) plus faible qu'en offset conventionnel, ce qui permet la reproduction de trames de linéatures très fines, voire des trames stochastiques
  qualité d'impression nettement améliorée (meilleur repérage des couleurs et du contraste d'impression, engraissement du point plus faible)
  absence d'alcool isopropylique : avantage incontestable vis-à-vis de l'environnement (voir encadré ci-dessous)
  presse en principe simplifiée (plus de système de mouillage)
Ces nombreux avantages ne signifient pas évidemment que tous les problèmes d'impression disparaissent. La mise à la teinte demeure un réglage important. Mais la reprise d'un travail après des arrêts de machine se fait plus rapidement qu'en offset humide, ce qui accroît la productivité.
Les avantages environnementaux
 Les pressions gouvernementales concernant la protection de l'environnement incitent aujourd'hui à analyser le procédé "Waterless" avec beaucoup d'attention. Ce dernier présente bien évidemment le principal avantage d'éliminer l'alcool isopropylique ce qui est un atout incontestable. Cependant, avant de se précipiter vers une solution extérieurement plus "écologique", il faut bien s'assurer que les consommables employés ne génèrent pas plus de pollutions. C'est ce que certains laboratoires tentent de démontrer.

L'alcool isopropylique et les COV

L'agence de protection de l'environnement (EPA) avait prévu de réduire en 10 ans les émissions de COV (sauf méthane) de 30% avant l'an 2000. Des études ont été menées pour déterminer les origines de ces COV [LeFebvre, 1999]. Il s'avère que les industries graphiques font partie des producteurs de COV. Il a été établi en particulier que l'alcool isopropylique présent dans la solution de mouillage en offset humide est à lui seul responsable d'environ 10 à 30 % de ces émissions suivant les pays. Par exemple, au Royaume-Uni en 1994, 28 % des émissions de COV (hors méthane) provenaient des industries graphiques. Or, l'utilisation de l'alcool isopropylique en offset humide y est encore systématique.
L'élimination de l'alcool isopropylique est donc un bel enjeu.

Les avantages liés au procédé

Linqvist et al. [1998] ont mené une étude concernant les aspects techniques, économiques et environnementaux de l'impression offset "Waterless"et ont abouti aux conclusions suivantes :
- Économies de papier (jusqu'à 10 à 20 % pour les presses à feuilles)
et, par conséquent, économies de fibres cellulosiques, de transport, diminution des émissions issues des papeteries et des déchets en imprimerie,
- Économies de produits chimiques (fabrication, transport), en particulier de l'alcool isopropylique,
- Économies d'énergie (pour la production des matières précitées, pour l'impression, pour le refroidissement de la solution de mouillage), sauf pour les systèmes de régulation de la température des encres,
- Gain de productivité sur machine d'impression (optimisation du temps d'impression par produit, coûts d'entretien réduits),
- Amélioration des conditions sanitaires des conducteurs de machine (pas d'alcool isopropylique dans l'atelier, moins de nettoyage de blanchets et plaques),
- Absence du stockage, transport et déchets de la solution de mouillage.

Ce qui ne change pas...

Dans la fabrication des plaques, la différence entre les plaques pour offset conventionnel et l'offset "Waterless" ne semble pas importante.
En ce qui concerne les rotatives à bobines avec sécheurs, l'installation du matériel d'incinération (catalytique ou thermique) des rejets de COV reste nécessaire. Dans ce cas, il n'y a pas de différence notable entre l'offset traditionnel et l'offset "Waterless". Par contre, les autres avantages demeurent valables.

 
III-4 Les limites    Sommaire

Le coût des consommables pour l'offset "Waterless" reste un problème qui arrête de nombreux imprimeurs, bien que les utilisateurs retrouvent par ailleurs des gains par économie de papier ou en temps de calage.

Par ailleurs les plaques, malgré les efforts des fabricants, restent relativement fragiles vis-à-vis des rayures. Ceci s'explique par le fait que la solution de mouillage ne joue plus son rôle de lubrifiant comme c'est le cas en offset conventionnel.

L'absence de solution de mouillage se fait également ressentir au niveau du système d'encrage où elle jouait le rôle de régulateur de température. Ainsi la température augmente rapidement, et bien que les encres aient été conçues pour être stables sur des échelles de température plus larges, elles peuvent parfois s'étaler sur les zones non-imprimantes de la plaque et causer des problèmes de voilage.

Pour finir, le papier lui-même peut, s'il est trop sec, poser des problèmes d'électrostatique.

 
III-5  Le contrôle de la température    Sommaire

Les variations de température peuvent avoir des conséquences très importantes sur la qualité d'impression.

Pour ce procédé, on définit une température critique de voile, qui est la température à partir de laquelle l'encre s'étale sur les zones non-imprimantes.

Le dépassement de cette température provoque une chute de la viscosité et de l'élasticité de l'encre, et donc l'étalement de l'encre sur les zones non-imprimantes ce qui est préjudiciable à la qualité de l'impression.

---> Cette température se situe sous 40°C pour la plupart des encres.

On comprend dès lors l'importance de la stabilisation de la température du système d'encrage et de la plaque, et ce d'autant plus que le tirage est long. Pour les courts tirages en effet, certains imprimeurs se passent des systèmes de refroidissement sur les presses à feuilles.
Sur les presses à feuilles, il suffit d'installer un système de refroissement du système d'encrage. Sur les rotatives à bobines, le refroidissement de la plaque ou du blanchet serait aussi souhaitable.

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