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Vous êtes ici : Accueil > Technique > Environnement et sécurité > Papeterie : une filière responsable           Révision : 14 mars 2008
Papeterie : une filière responsable

Agnès Guillet, Marc Aurousseau,
Dominique Lachenal, Nathalie Marlin
(Mars 2008)
Adapté à partir d'articles parus dans Ingénieurs INPG, n°07-2, octobre 2007
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Réduction des déchets, consommation d'énergie limitée, procédés plus propres, recyclage très développé... les efforts entrepris par l'industrie papetière depuis 25 ans portent leurs fruits. Papiers, cartons, essuies-tout, couches,… ces produits sont devenus incontournables et indispensables. Utilisant principalement le bois et l’eau comme matières premières, le secteur du papier a très tôt pris conscience de son devoir de limiter l’impact de ses activités sur l’environnement. En agissant dans trois directions : la gestion de la forêt, les procédés de production et le recyclage du papier.

L'industrie papetière favorise la gestion durable des forêts

En savoir plus :

Les coupes d'éclaircie, garantes de la santé de la forêt, alimentent l'industrie du papier
Les coupes d'éclaircie, garantes de la santé
de la forêt, alimentent l'industrie du papier
(Institut pour la forêt)

Gérer la forêt de façon durable, c’est encourager son renouvellement constant et garantir sa multi-fonctionnalité.

L'éclaircissement des forêts s'avère écologiquement salutaire : il garantit en effet la biodiversité, la gestion de l'eau, la santé de la forêt,...
De plus, il constitue une opportunité économique par l'exploitation du bois. En utilisant le bois d'éclaircie, l'industrie française des papiers et cartons favorise le développement durable de la forêt.

 

L'industrie papetière directement concernée par la gestion durable des forêts
L'industrie papetière est directement concernée par la gestion durable des forêts
(Le papier c'est la vie)

Des procédés de production plus propres et moins gourmands en énergie

En ce qui concerne les procédés de production, les efforts accomplis portent leurs fruits. Ainsi, en vingt ans, les rejets des usines papetières dans les cours d'eau ont été réduits de 80 % en volume et en charges polluantes.

Blanchiment des fibres à l'ozone : un procédé propre
Blanchiment
des fibres à l'ozone :
un procédé propre

En outre, pour blanchir les pâtes à papier, le chlore a été remplacé par d'autres substances (oxygène, peroxyde d'hydrogène, ozone…).
La production de fibres cellulosiques blanchies impose d'abord de délignifier le bois pour permettre aux fibres de se libérer. Le procédé utilisé aujourd'hui, dit procédé Kraft, est l'un des grands procédés chimiques industriels sans impact sur l'environnement et globalement sans besoins énergétiques externes. En effet, ces derniers sont couverts par la combustion de sous-produits (lignine,...). De plus, le bilan CO2 (dioxyde de carbone) de la filière bois-papier dans les pays développés montre que le CO2 fixé par la forêt est vingt fois plus important que celui dégagé pour faire le papier. Malheureusement, les fibres cellulosiques qui sortent d'une usine Kraft sont brunes. L'opération de blanchiment faisait traditionnellement appel à l'utilisation de réactifs chlorés (chlore gazeux, dioxyde de chlore, hypochlorites). Il a fallu vingt ans de recherche pour bannir l'utilisation du chlore et le remplacer par l'oxygène, un procédé développé conjointement par Air Liquide et l'EFPG (Pagora) et utilisé dans plus de la moitié des usines du monde.

D'autres recherches plus récentes menées à l'EFPG (Pagora) en collaboration avec les grands fabricants de générateurs d'ozone ont débouché sur la mise en œuvre de blanchiments par l'ozone en complément de l'oxygène pour obtenir des fibres parfaitement blanches. Les usines Kraft qui blanchissent les fibres pourront devenir entièrement fermées (zéro rejet) et les réactifs consommés seront exclusivement issus de l'air.
La production de pâte à papier blanchie méritera alors pleinement le qualificatif d'opération industrielle verte.

La consommation d'énergie à la tonne produite n’a crû que de 6 % alors que la production de papiers et cartons augmentait de 31 %. Les énergies propres telles que l’électricité et le gaz progressent.

Les papetiers, rois du recyclage

100% de fibres recyclées dans l'industrie du papier journal aujourd'hui contre 10% en 1960
100% de fibres recyclées
dans l'industrie du papier journal
aujourd'hui contre 10% en 1960
(© Jim Orr-Fotolia)

Enfin, grâce à des investissements lourds, l'industrie papetière française utilise aujourd'hui 50,6% de fibres recyclées dans sa matière première, ce qui la place au premier rang du recyclage en France. L'industrie du papier journal atteint les 100% de fibres recyclées contre 10% en 1960. L'industrie papetière gère également ses produits finis après usage de manière responsable : les produits d'emballage à base de papier carton sont ainsi recyclés à 58%.

Le traitement des papiers et cartons récupérés consiste à éliminer les impuretés (encres, adhésifs, films plastiques, agrafes,...) pour pouvoir être utilisés comme matière première fibreuse pour l'industrie papetière, principalement pour fabriquer des papiers et cartons "bruns" mais également depuis une quinzaine d'années, grâce au désencrage, des papiers "blancs" tels que le papier journal, le papier magazine, les papiers sanitaires et domestiques.

L'industriel sélectionne sa matière première parmi les papiers et cartons récupérés et triés, en fonction du produit à fabriquer (cartons usagés pour du carton, vieux magazines pour du papier journal,...). Les papiers et cartons récupérés sont ensuite remis en suspension dans l'eau afin d'obtenir la pâte à papier. Celle-ci contient des fibres cellulosiques mais aussi de nombreux contaminants. Des stades d'épuration mécanique (classage et épuration centrifuge) permettent d'éliminer les contaminants les plus gros, les plus lourds et les plus légers. Si la pâte est destinée à la production de papier ou carton brun, aucune étape supplémentaire n'est nécessaire avant la mise en feuille sur la machine à papier.

Les papiers et cartons récupérés sont collectés, triés, désencrés voire blanchis
Les papiers et cartons récupérés sont collectés,
triés, désencrés voire blanchis

En revanche, pour la production de papier blanc, les éléments réduisant la blancheur - l'encre principalement - doivent être éliminés par le procédé de désencrage. Ce dernier repose sur la flottation qui consiste à faire décrocher des fibres cellulosiques puis flotter les matières hydrophobes (encres) grâce à l'utilisation de savon et de bulles d'air avant de les collecter en surface.
Après le désencrage, la pâte est parfois blanchie si le produit final nécessite les hauts degrés de blancheur. Dans ce dernier cas, seuls des produits TCF (Totally Chlorine Free) sont utilisés. La pâte à papier peut être alors envoyée sur la machine à papier. Les technologies mises en jeu dans la chaîne de recyclage notamment pour la production des papiers blancs doivent être de plus en plus efficaces pour concurrencer en termes de prix et de qualité le papier réalisé à partir de fibres vierges. Elles doivent de plus permettre de pallier les fluctuations de qualité des papiers et cartons recyclés mais aussi s'adapter à des gisements de moins bonne qualité, tout en s'attachant à préserver l'environnement notamment en réduisant les déchets du recyclage. La flottation réactive en utilisant de l'ozone afin de séparer et dégrader l'encre est ainsi en cours d'étude à l'EFPG (Pagora).

Cependant, l'augmentation des taux de recyclage passe obligatoirement par l'amélioration du tri et des collectes sélectifs. Les papiers et cartons recyclés contiendront alors moins de contaminants et les étapes d'épuration, de désencrage ou de blanchiment pourraient être réduites, conduisant à une limitation des coûts (énergie, équipement,...), à la préservation de la qualité du produit final et à une réduction des déchets. De plus, dans cette chaîne, chacun a un rôle à jouer : consommateur, industriel, collectivité, gestionnaire des déchets et recycleur.

Une démarche responsable de l'ensemble de la filière

Plus récemment, le secteur de l’impression a emboîté le pas au secteur papetier, notamment en mettant en place des labels garantissant des modes d’impression plus respectueux de l’environnement. Le label Imprim’Vert en est un parfait exemple.

Imprim'Vert, label de l'impression respectueuse de l'environnement
Imprim'Vert

Aujourd’hui, l’ensemble de la filière pâte-papier-transformation-impression adopte une démarche responsable, et ce, au niveau international. Elle s’attache à intégrer des modes de développement durable, à l'heure où la production devrait augmenter, du fait de l’utilisation croissante de produits cellulosiques dans les pays émergents.

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