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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > De la fibre à la pâte à papier, 2000 ans d'évolutions > De l'artisanat à l'industrie lourde Révision : 14 septembre 2006  
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De la fibre à la pâte à papier :
2000 ans d'évolutions
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extrait du Bulletin de La Cellulose,
numéro spécial, 2005
Mise en ligne : Septembre 2006

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III - De l'artisanat à l'industrie lourde

La maîtrise de l’opération de trituration (défilage et raffinage des chiffes et chiffons) et l’invention en 1798-1799 de la machine à fabriquer le papier "à grande étendue" par le français Nicolas Robert, préfigurent l’essor fantastique de la filière papier amorcé dans la deuxième moitié du XIXe siècle et poursuivi durant tout le XXe siècle. Cette expansion révèle rapidement le problème crucial du secteur : l’approvisionnement insuffisant en matières premières. Cette insuffisance sera par la suite l'une des causes majeures des crises contribuant à l’évolution et à la transformation du paysage papetier, au niveau de la technique, des hommes ou de la finance.

La difficulté de plus en plus grande pour se procurer des chiffons dont les prix flambent, et le développement fabuleux de la presse qui atteint son apogée, obligent les papetiers à rechercher de nouvelles solutions pour l’approvisionnement de leurs matières premières.
On utilise alors la paille et le recyclage des papiers pour les sortes dites courantes (journal, impression-écriture et emballage). La paille est traitée et réduite en pâte après macération à froid pendant 8 à 10 jours, en présence de lait de chaux (chaux vive mélangée avec de l’eau). Les journaux sous le règne de Louis-Philippe sont essentiellement à base de paille. La qualité et la solidité insuffisantes de ces papiers contraignent les papetiers à rechercher rapidement une autre matière première abondante pour remplacer cette paille utilisée alors massivement. Les chiffons étant prioritairement réservés aux papiers minces et aux papiers de luxe, on pense tout naturellement au bois.

L’idée d’utiliser le bois pour la fabrication du papier n’est pas nouvelle. Les Chinois utilisent déjà des fibres d’écorces et de bambous pour fabriquer leur papier. Certains écrits sur l’histoire du papier mentionnent que l’invention de celui-ci est redevable aux observations de la nature, en particulier de la guêpe papetière qui entoure son nid d’un matériau formé de fibres de bois, ayant l’aspect et la constitution du papier.

Nid de guêpes papetières     Surface fibreuses d'un nid de guêpes papetières
Figure 5 - Nid de guêpes papetières
(Photo G. Coste)
    Figure 6 - Surface fibreuses d'un nid
de guêpes papetières (Photo EFPG - C. Voillot)

En 1719, René Antoine Réaumur publie un traité sur la guêpe papetière et mentionne que cet insecte utilise des fibres de bois qu’elle arrache mécaniquement et qu'après sécrétion d’une substance, elle les colle pour faire son nid. Jacob Schaeffer de Ragensberg en Bavière publie entre 1765 et 1772 six volumes traitant de la fabrication possible d’un papier à partir de fibres de bois. En 1800, le Hollandais Matthias Koops, établi en Angleterre, publie à son tour trois volumes imprimés sur du papier à base de papiers désencrés, de pâte de paille obtenue par un procédé partiellement chimique mis au point par lui. Ce livre comporte également quelques pages fabriquées à partir de fibres de bois. Il revendique à l’époque l’invention du papier à partir du bois et un brevet lui est même accordé en 1801. Il peut être considéré comme le pionnier de la pâte de bois même s’il n’en est pas reconnu officiellement comme l’inventeur.

L’histoire ne retient pas toutes ces tentatives et attribue l’invention de la première pâte de bois à un tisserand natif de Saxe, Friedrich Gottlob Keller, qui fabrique de la pâte mécanique au moyen d’un défibreur manuel et dépose un brevet en 1840. La pâte obtenue est d’une qualité très médiocre, aussi F.G. Keller poursuit ses recherches jusqu’en 1845.

Friedrich Gottlob Keller     Défibreur Keller
Figure 7 - Friedrich Gottlob Keller     Figure 6 - Défibreur Keller

En 1846, il cède son invention à un autre Allemand de Saxe, Heinrich Voelter, qui perfectionne le système. Les premiers véritables essais industriels ont lieu en 1852 à Giersdorf en Silésie. La pâte mécanique obtenue est mélangée avec un petit pourcentage de pâte de chiffons. En 1858, H. Voelter installe un défibreur chez Bergès à Lorp dans les Pyrénées, puis un autre à la Papeterie du Souche dans les Vosges. Il est ensuite puissamment aidé par J.M. Voith, fondateur de la grande entreprise de construction allemande à Heidenheim. Lors de l’Exposition Universelle de Paris de 1867, J.M. Voith et H. Voelter présentent une installation complète de pâte mécanique. Elle obtient un succès retentissant non seulement parmi les fabricants de papier présents -- en particulier le pyrénéen Aristide Bergès et les néo-dauphinois Amable Matussière et Alfred Frédet -- mais aussi parmi le nombreux public.

Défibreur Voelter
Figure 7 - Défibreur Voelter
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