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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > De la fibre à la pâte à papier, 2000 ans d'évolutions > Le Grésivaudan, haut lieu de la papeterie française Révision : 11 mars 2013  
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De la fibre à la pâte à papier :
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extrait du Bulletin de La Cellulose,
numéro spécial, 2005
Mise en ligne : Septembre 2006

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IV - Le Grésivaudan, haut lieu de la papeterie française

Le développement prodigieux de la vallée du Grésivaudan, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, est dû à la conjonction de quatre facteurs déterminants :

  Amable Matussière  
Figure 8 - Amable Matussière

Ingénieur de l’École Centrale des Arts et Manufactures, Amable Matussière (1828-1901) débute une carrière d’industriel dans la soierie de la région stéphanoise, avant de s’installer en 1856 à Domène (Isère) pour reprendre, en association avec M. Arnaud puis avec M. Grange, une ancienne fabrique de parquets située dans la gorge de la rivière le Doménon. N’ayant pas obtenu l’adjudication espérée pour la fourniture de parquets en noyer destinés à équiper les immeubles de la rue Impériale de Lyon (aujourd’hui rue de la République), il envisage une reconversion. Vers 1858, informé des récents développements dans la production de pâtes à papier, il fait un voyage prospectif en Allemagne dans le Grand-Duché de Bade et de Wutemberg. Il y découvre les tout récents défibreurs à meule Voelter ainsi qu’une chute de 60 mètres aménagée au moyen de tuyaux cylindriques en bois cerclés de fer et destinée à produire l’énergie motrice nécessaire. Ces installations lui donnent l’idée première des hautes chutes et de la transformation de son usine à parquets en râperie, la première créée en Dauphiné et dans les Alpes.

En 1864, il persuade son camarade de l’École Centrale, Alfred Fredet, de venir à Domène afin de prendre en main et dynamiser la Papeterie du Moutiers, dans le cadre d’une association Matussière-Chevrant-Fredet qui ne durera pas. Cette papeterie, créée en 1858, appartient à deux beaux-frères, M. Tercinet et Auguste Chevrant. Auguste Chevrant, ancien papetier des Darblay d’Essonnes, est également le beau-frère d’Alfred Fredet.
La même année, Amable Matussière entraîne l’ingénieur stéphanois, Jean-Baptiste Neyret, dans une association regroupant également Alfred Fredet et Gaspard-Zéphyrin Orioli, pour lancer une fabrication de pâte chimique à partir de bois de résineux, dans les locaux des anciens moulins du Pontet à Pontcharra (Isère). Le chimiste Gaspard-Zéphyrin Orioli, attaché aux Papeteries du Marais près de la Ferté-Gaucher en Seine-et-Marne, travaille déjà sur ce procédé de pâte chimique et le perfectionne. Le succès de cette entreprise n'est pas totalement probant et incite Alfred Fredet à se retirer très rapidement de l’association afin de poursuivre son activité à Brignoud (Isère) laissant à Jean-Baptiste Neyret et Gaspard-Zéphyrin Orioli le soin d’assurer la direction de la société. Jean-Baptiste Neyret installe par ailleurs une râperie à Rioupéroux (Isère) dans les locaux d’un ancien haut fourneau acheté en 1864 et se retire aussi progressivement de l’usine du Pontet à Pontcharra.
  Alfred Fredet  
Figure 9 - Alfred Fredet

L’initiative d'A. Matussière, A. Fredet et J.B. Neyret est cependant à l’origine de la création par Gaspard-Zéphyrin Orioli en 1869, de la Papeterie de Moulin Vieux à Pontcharra, dans des locaux rachetés à François Milan, sur le canal de Renevier dérivé du Bréda, et comprenant des moulins à grains et un pressoir à huile.

En 1865, pour développer sa production de pâte mécanique marchande à destination des papeteries de la région -- la Gorge (Senequier-Crozet et Romanet) et le Moutiers (famille Chevrant) à Domène ainsi que celles de Moirans, Fure, et Peyron à Vizille --, A. Matussière décide d’équiper une chute de 35 mètres sur le Doménon et installe trois défibreurs Voelter de nouvelle génération.
En visite à l’Exposition Universelle de Paris en 1867, il rencontre Aristide Bergès qui expose un nouveau robinet de manœuvre pour le système hydraulique de serrage des rondins sur la meule. Convaincu que cette innovation lui permettrait une plus grande régularité de qualité de sa pâte mécanique, il invite Aristide Bergès à Domène afin de modifier ses défibreurs. À cette occasion, il lui fait découvrir tout le potentiel hydraulique de la région. A. Matussière propose alors une association à A. Bergès et à A. Fredet pour la réalisation et l’exploitation d’autres chutes en particulier celle du ruisseau de Laval qui traverse Brignoud (Isère) : proposition qu'A. Bergès, pour des raisons d’influence et certainement politiques, décline en préférant s’associer avec un notable local, le Docteur Marmonnier, précurseur de la transfusion sanguine. L’entente A. Bergès-Dr Marmonnier, qui ne durera pas d’ailleurs, conduit à la création du site de Lancey (Isère) et à la naissance du mythe de la houille blanche.

Amable Matussière n’est pas homme à se décourager : malgré le refus d'A. Bergès, il propose une nouvelle association pour ce projet à son camarade Alfred Fredet. Par manque de capitaux, A. Matussière met fin à cette association avec A. Fredet, lequel continue seul, à partir de 1868, à équiper une chute de 147 mètres sur le ruisseau de Laval pour fournir l’énergie motrice nécessaire à ses défibreurs nouvellement installés dans sa râperie de la Gorge de Brignoud. Cette réalisation terminée en 1872 est la plus importante du Grésivaudan en puissance installée (1300 CV). Elle ne sera dépassée que par la nouvelle chute de Matussière en 1878 à Domène et la deuxième chute de Bergès à Saint-Mury en 1896.

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