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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > De la fibre à la pâte à papier, 2000 ans d'évolutions > L'apport capital de Bergès Révision : 14 septembre 2006  
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De la fibre à la pâte à papier :
2000 ans d'évolutions
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extrait du Bulletin de La Cellulose,
numéro spécial, 2005
Mise en ligne : Septembre 2006

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V - Le rôle fondamental d'Aristide Bergès

  Aristide Bergès, père de la Houille Blanche  
Figure 10 - Aristide Bergès

Aristide Bergès est l’un des grands promoteurs de la pâte mécanique de meule que les anglo-saxons baptisent stone ground wood pulp ou pâte SGW. Dans un premier temps, il substitue le procédé de serrage initial des rondins par vis de Voelter par un système hydraulique afin d’obtenir une pâte de qualité régulière. Puis il commence à perfectionner tout le procédé dans la papeterie familiale. Il dépose trois brevets -- en mars 1864, juin 1868 et plus tard, en août 1873 -- sur le défibrage, le raffinage, le tamisage et l’emploi de la pâte mécanique dans la fabrication des papiers.

En 1867, lors de son déplacement à Domène pour modifier les défibreurs d’Amable Matussière, il décline l’association que lui propose ce dernier avec la participation d’Alfred Fredet, pour l’exploitation de la chute du ruisseau de Laval qui traverse Brignoud. Il opte alors, sur les conseils du Docteur Marmonnier, pour le site de Lancey et achète l’emplacement et la chute d’un ancien moulin à farine situé dans la combe de ce village. Les travaux pour l’édification d’une petite râperie et d’une chute de 200 mètres commencent au printemps 1869. Pour compenser le faible débit du ruisseau, A. Bergès établit une chute de hauteur importante pour disposer d’une puissance suffisante pour sa râperie. Le démarrage de la chute et de la râperie a lieu à l’automne 1869 pour la fabrication de pâte mécanique à destination des papeteries de la région. Cet événement marque la naissance de la société Bergès.

Aristide Bergès en 1882, père de la Houille Blanche     Chutes Bergès (1969)
Figure 11 - Aristide Bergès (1882)     Figure 12 - Chutes Bergès (1969)

En 1874, il y avait en France 55 défibreurs en activité, dont 12 selon le système Voelter et 30 selon le système Bergès. Il existait en outre 13 systèmes autres que ceux de H. Voelter et A. Bergès.

Défibreur Bergès après modification (1874)     Défibreurs Bergès à Lancey, entraînés par turbine et chute de 500 m
Figure 13 - Défibreur Bergès après modification (1874)     Figure 14 - Défibreurs Bergès à Lancey,
entraînés par turbine et chute de 500 m

Une seconde chute de 500 mètres est opérationnelle en 1882. Par nécessité, A. Bergès devient rapidement l’un des spécialistes dans l’utilisation de l’énergie “stockée dans les montagnes” qu’il appelle la houille blanche en 1889. En 1883, il crée la papeterie en équipant le site de deux machines à papier pour utiliser une grande partie de sa propre pâte mécanique.

En 1884, désireux de commercialiser sa production sans cesse croissante, A. Bergès ouvre un dépôt à Lyon et un bureau avec stock à Paris. Il installe également une fabrication de pâte chimique au bisulfite en 1888, et en 1890 deux nouvelles machines à papier viennent s’ajouter aux deux premières. Les besoins en force motrice s’accroissent, A. Bergès installe alors une troisième chute en 1891 qui sera doublée en 1896 par l’adjonction d’une seconde conduite. Une cinquième machine est encore installée pour augmenter le parc machine existant.

A. Bergès seul, puis avec l’aide des ses fils, dirige l’entreprise sous la dénomination de Aristide Bergès – Fabrique de Pâte à Papier puis Papeteries Bergès, et enfin Papeteries Bergès Père & Fils. Il meurt le 28 février 1904, laissant une œuvre considérable qui a conduit durant 35 ans au développement social et économique de la région grenobloise. Celle-ci devient rapidement le berceau français et le pôle mondial incontournable du développement et de la maîtrise des techniques utilisant la houille blanche : papeterie, électricité, électrotechnique, électrochimie et hydraulique. Cette notoriété du bassin grenoblois n'est pas étrangère à la création en 1900 de l’Institut d’Électrotechnique, puis en 1907, de l’École Française de Papeterie à Grenoble destinée à former des cadres papetiers de haut niveau.

En 1885, la pâte mécanique de meule devient la matière première essentielle pour la fabrication du papier journal et elle est acceptée par la plupart des éditeurs de journaux en Amérique du Nord (États-Unis et Canada). La technologie des défibreurs à meule évolue ensuite pour accompagner la demande croissante en papier nécessitant l’augmentation de capacité des installations et de qualité des papiers.

Défibreur Voith (1904)     Défibreur à meule
Figure 15 - Défibreur Voith (1904)     Figure 16 - Défibreur à meule moderne à magasin (1980)
(Doc. Tampella)
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