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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Un demi-siècle d'imprimerie à l'EFPG > Un cours d'imprimerie dans les années 60 Révision : 06 janvier 2006  

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Un demi-siècle d'imprimerie à l'EFPG Retour au sommaire
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG
Extrait du Bulletin de La Cellulose,
n°52, 2005
Mise en ligne : Janvier 2006

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I - Introduction d'un cours d'imprimerie dans les années 60

Au début des années 1960, l’enseignement des "arts et industries du livre", est assuré en France, principalement par l'École Estienne, véritable institution située à Paris, dont le rayonnement atteint l’ensemble de l’hexagone.

  Marcel Chêne  
Marcel Chêne

Marcel Chêne, directeur des études de l'École Française de Papeterie (1946-1971), a déjà programmé quelques conférences sur l’imprimerie pour les élèves ingénieurs. Il est convaincu dès les années 50 de l'intérêt d'un enseignement d'imprimerie à l'EFP pour ses futurs diplômés qui leur permettrait de nouveaux débouchés. Dans un courrier en date du 16 janvier 1961, adressé au directeur de l'École Estienne qu’il ne connaît pas, il s'en exprime clairement :
" Monsieur le Directeur,
Je serais heureux de prendre contact avec votre établissement ; la papeterie et les arts graphiques ont bien des points communs, à l'École de Papeterie nous faisons donner quelques conférences sur l'impression, et M. Samuel était ici il y a quelques jours ; c'est une activité que je voudrais développer..."
.
Ce courrier, adressé par erreur au 17 rue des Reculettes dans le 13e arrondissement de Paris -- alors que l'adresse exacte de l'École Estienne est : Collège Technique Estienne - Arts et Industries du livre, 18 boulevard Auguste Blanqui, Paris 13e -- rejoint malgré tout sa destination, grâce à la conscience professionnelle du personnel de la Poste.
Il faut aussi louer la rapidité de celle-ci, car le directeur de l'École Estienne, Robert Ranc, dans sa réponse du 18 janvier, accueille favorablement cette possible collaboration. Il propose même de rencontrer rapidement Marcel Chêne soit à Paris, soit à Grenoble où il pense se rendre prochainement pour examiner un projet d’ouverture d’une section d’imprimerie au Lycée Technique Vaucanson. Marcel Chêne téléphone alors à l'inspecteur général M. Blachier, et au directeur de Vaucanson, M. Jouet, pour trouver une disponibilité commune afin d'organiser cette réunion [1].

Les premiers contacts officiels pour une collaboration entre la papeterie et l'imprimerie datent donc de 1961. En fait, Marcel Chêne avait le projet de créer une pseudo-section spéciale [2] pour quelques jeunes diplômés de l'École qui pourraient, en une année supplémentaire voire en un stage assez long, acquérir une formation complémentaire en imprimerie. Cette formation dispensée par l'École Estienne pourrait être complétée par une formation pratique en entreprise. Cette formule, relativement souple et séduisante, n’avait qu’un seul écueil, celui de son financement, qu’il fallait résoudre. Marcel Chêne imaginait une possibilité de bourses offertes par la profession de l’imprimerie, comme c’était le cas en papeterie. Encouragé par l’accueil de Robert Ranc, Marcel Chêne informe les élèves ingénieurs papetiers de cette possibilité. Ceux ci trouvent l’idée excellente et l’un d’eux, Roger Million, se porte immédiatement volontaire pour s’engager dans cette voie. Par un courrier du 2 mars 1961, Marcel Chêne en informe Robert Ranc en lui demandant de trouver une solution pour la fameuse bourse. Il lui demande aussi son avis sur la durée du stage. La réponse de Robert Ranc ne tarde pas et, dans une lettre du 17 mars, il lui confirme qu’une grande entreprise, l’imprimerie Defossé, envisage de prendre en charge Roger Million à condition que l’intéressé s’engage à rester chez elle pendant quelques années. Il estime par ailleurs que la durée du stage doit être d’au moins un an.

Roger Million (promotion EFP 1961) va ainsi devenir le premier ingénieur "imprimeur" issu de l’EFP. Pour bénéficier d’un sursis supplémentaire à la sortie de l'École afin de suivre ce stage de longue durée, il est inscrit en section spéciale à l’INPG grâce à la compréhension du directeur adjoint M. Fallot. Les événements d'Algérie sont alors préoccupants et cette solution a le mérite d’éviter un appel possible de l’intéressé sous les drapeaux.
L’opération est encore tentée les années suivantes car quelques imprimeries, dont l’imprimerie Crété et l’imprimerie Georges Lang, sont d’accord pour financer et accueillir un jeune diplômé sorti de l'École. L’important besoin des papetiers en cadres et la fin des événements d'Algérie ne permettent malheureusement pas d’autres expériences de ce genre.

  René Chiodi  
René Chiodi
  Ridha Kedadi  
Ridha Kedadi

Ces premiers contacts initient néanmoins, pour les élèves de l’EFP, des relations suivies entre l'École et le monde de l’imprimerie, pour l’organisation de conférences et de visites dans ce secteur. De très bonnes relations s’instaurent en particulier entre l’EFP et l’Imprimerie Crété qui devient chaque année un passage obligé pour le voyage d’études des étudiants accompagnés par un professeur de l'École. Robert Charuel, désormais enseignant à part entière à l'École, est chargé d’établir les programmes et souvent, d’accompagner les élèves. À la suite de ces contacts, Maurice Carbonnier, directeur du laboratoire qualité de l’Imprimerie Crété, présente à Grenoble aux élèves de l’EFP et à des industriels présents une conférence remarquable le 26 février 1965. La presse locale se fait l’écho de cette conférence sur les procédés d’impression et les relations encre-papier. Maurice Carbonnier accepte quelques mois plus tard de former dans son laboratoire le jeune René Chiodi (promotion EFP 1965) nouvellement embauché par l’EFP comme assistant en physique du papier dans le service de Jacques Silvy, récemment créé. La mission de René Chiodi est de préparer un premier cours d’imprimabilité destiné aux élèves de l'École. Ce premier cours est assuré dès la rentrée universitaire 1966. René Chiodi devient ainsi le premier enseignant d’imprimerie de l'EFP. Il le restera jusque vers les années 1985 après la création de la section imprimerie. Ridha Kedadi (promotion EFP 1969) intègre l'École en 1969 comme assistant d’enseignement et se spécialise également dans ce domaine. En suivant de nombreux stages, il devient à son tour le spécialiste incontesté des relations encre-papier (imprimabilité) de l'École et fera bénéficier de son savoir et de son expérience à un nombre impressionnant d’élèves et de stagiaires en formation continue jusqu’à son départ à la retraite en 2005.

[1] Cette section ne sera d'ailleurs pas créée au Lycée Vaucanson mais, plus tard, au Lycée Jean Bart qui deviendra par la suite Lycée Argouges.

[2] Cette formule était déjà en application à l’EFP où chaque année la profession papetière offrait quelques bourses pour attirer de jeunes ingénieurs diplômés d’autres écoles (Chimie, Arts & Métiers…) dans sa section spéciale où, en une année, ils obtenaient le diplôme papetier leur permettant de trouver du travail et de s’intégrer plus facilement dans la papeterie.


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