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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Histoire et évolution de la machine à papier > La naissance d'une grande industrie Révision : 29 avril 2005  
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Rédaction : Septembre 2004
Mise en ligne : Novembre 2004

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III - La naissance d'une grande industrie

Le développement de la presse grâce à l’apparition de la rotative et de la linotype, et la demande croissante en produits imprimés tout au long du XIXe siècle tirent les machines pour la fabrication du papier journal, puis tous les équipements pour l'industrie papetière, vers des tailles et des capacités de production démesurées. L’invention de la première vraie rotative est attribuée à l’américain William A. Bullock en 1865. Après quelques perfectionnements il en installe deux au « Philadelphian Inquirer » de Philadelphie aux USA pouvant produire chacune 8000 exemplaires à l’heure. Son invention quoique originale a la particularité de débiter la bobine en feuilles, qui sont ensuite entraînées et imprimées. Son expérience inspire toutefois d’autres constructeurs, et les premières rotatives pouvant imprimer directement une bobine puis découpant et pliant des feuilles pour la fabrication de cahiers apparaissent vers 1870.

En France, Hyppolite Marinoni reste toujours ligoté au niveau de la presse par le fameux timbre fiscal qui doit être présent sur chaque journal avant l’impression, afin que le texte imprimé puisse l’oblitérer. Il conçoit en 1867 une machine à 6 margeurs pouvant imprimer plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires à l’heure pour le Petit Journal, grand quotidien de l’époque. Son ingéniosité débordante lui permet, malgré tout, de concevoir des rotatives qu’il utilise dans d’autres domaines, en particulier pour l’impression d’estampes.

La linotype - composition au plomb par lignes - est mise au point par un ingénieux ouvrier américain Ottmar Mergenthaler en 1886 à la demande d’un sténographe de Washington, James Clephane. Elle permet la composition du texte à partir d’un clavier et la fonte d’une ligne bloc sur une justification déterminée. La frappe sur une touche du clavier permet de sélectionner dans un « magasin » une matrice en creux correspondant à un signe typographique. Les différentes matrices sont positionnées et juxtaposées dans un composteur. La ligne de matrices ainsi constituée se présente devant le moule ou l’on injecte un mélange de plomb, antimoine et étain en fusion provenant d’un creuset. On obtient une ligne bloc présentant des caractères en relief. Après utilisation de ces lignes-blocs, on peut les refondre et réutiliser l'alliage. La linotype permet une composition de 8000 à 15000 signes à l’heure en fonction de la difficulté du texte alors que la composition manuelle ne permet d’atteindre que 1000 à 1500 signes à l’heure..

Rotatives Marinoni utilisées pour l'impression du Petit Journal
Figure 12 - Rotatives Marinoni utilisées pour l'impression du Petit Journal*

A cette époque, la machine à table plate supplante définitivement la machine à forme ronde, pour la fabrication des papiers de masse et de grande consommation dont le papier journal et le papier impression écriture

En 1886 Warren Curtis de la Hudson River Paper Company à Palmers Falls (U.S.A.) demande à la Pusey and Jones Company de construire sur ses plans deux machines de 2,80 mètres de laize et pouvant produire du papier journal à 75 m/min. La longueur de la toile de formation atteignait 15 mètres et représentait un record pour l'époque. La sécherie était équipée de 22 cylindres sécheurs de 1,2 mètres de diamètre, dimension également unique. En fait, Warren Curtis initiait une grande industrie avec la construction de machines à papier adaptées à chaque commande et spécifiques à chaque sorte avec des évolutions et améliorations permanentes.

A la fin du XIXe siècle la vitesse était encore limitée à cause des difficultés rencontrées pour obtenir des bobines de dureté importante et homogène compte tenu des technologies de l'époque. Cet inconvénient disparaît vers 1898 avec l'apparition de la première enrouleuse à deux tambours ou le papier est supporté sur toute sa laize.

Dès le début du XXe siècle, vers 1906, on installe la première machine à commande sectionnelle électrique avec un rhéostat actionné manuellement sur chaque moteur pour faire varier la vitesse.
 

* Photographie extraite du livre de Marius Vachon : Les Arts et les Industries du Papier en France 1871-1894 (Librairies-Imprimeries Réunies, Paris), page 153

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