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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Histoire et évolution de la machine à papier > L'âge d'or et l'apogée du XXe siècle (Première partie) Révision : 22 mars 2005  
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Rédaction : Septembre 2004
Mise en ligne : Novembre 2004

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IV - L'âge d'or et l'apogée du XXe siècle
1 - L'augmentation de la vitesse des machines

L’industrie papetière atteindra un gigantisme tel dans la première moitié du XXe siècle, qu'elle se trouvera propulsée au rang d’industrie lourde. Pour y arriver elle doit faire sauter deux verrous inhérents au processus papetier et limitant de façon rédhibitoire les vitesses de production à cause des casses de la feuille humide en cours de fabrication : la siccité insuffisante de la feuille à la sortie de la partie humide et la difficulté du passage de la feuille en sécherie dès que la vitesse augmente.

Un débat s'installe même à cette époque entre les papetiers et les constructeurs de machines à papier pour l'augmentation de la production et de la rentabilité :

Le grand constructeur nord américain, Pusey and Jones C, aux États Unis, leader mondial à l'époque, était plutôt favorable à la deuxième solution, c'est à dire augmenter les vitesses en gardant des largeurs raisonnables (3,60 m). En 1908, il honore malgré tout la commande de la firme anglaise Edward Lloyd Ltd de Sittingbourne en Angleterre, d'une machine à papier de 4,30 mètres de laize pouvant produire du papier journal à 165 m/mn. A l'époque, cette machine est la plus grosse du monde.

Montage d'une machine à papier au début du 20e siècle
Figure 13 - Machine à papier en cours de montage dans la première décennie du XXe siècle

Au début du XXe siècle, la vitesse de 200 m/mn -- supposée être une limite difficilement franchissable -- n'est toujours pas atteinte. Cette limite est cependant très rapidement franchie vers 1908-1910, car en 1908 -- brevet du 3 août 1908 -- W.H. Millspaugh de Sandusky dans l'Ohio aux USA met au point la caisse aspirante rotative, qui deviendra plus tard le cylindre aspirant. Entre 1908 et 1911, ces cylindres aspirants, qui porteront par la suite le nom de cylindre Millspaugh, se généralisent sur tout le continent Nord américain, puis en Europe. Ils permettent :

Le cylindre Millspaugh est également rapidement utilisé face à un rouleau de presse, créant ainsi la première presse aspirante.

Caisse aspirante rotative, ou cylindre aspirant, de Millspaugh
Figure 14 - Photographie de la caisse aspirante rotative, ou cylindre aspirant,
de Millspaugh, en cours de fabrication

Cette technologie apporte une contribution essentielle à l'accroissement spectaculaire des vitesses de machine après 1910, dû en partie à l'augmentation de la siccité au niveau des presses et à l'entrée de la sécherie.

Coupe de la caisse aspirante rotative, ou cylindre aspirant, de Millspaugh
Figure 15 - Coupe de la caisse aspirante rotative,
ou cylindre aspirant, de Millspaugh

Vers 1910, est également mis au point le système Sheehan, du nom de son inventeur, pour la conduite de la feuille en sécherie (Sheehan rope carrier, ou câble d'embarquement) et le système Pope pour engager la feuille entre deux sections grâce à l'air comprimé. L'utilisation du cylindre Millspaugh et du système Sheehan fait définitivement sauter les fameux verrous limitant la vitesse des machines. Le papetier est enfin en mesure de dépasser la vitesse mythique, pour l'époque, de 200 m/mn.

Câble d'embarquement type Sheehan dans une sécherie ancienne
Figure 16 - Câble d’embarquement (coloré en bleu) type Sheehan dans une sécherie ancienne

En 1911 la machine la plus rapide au monde tourne déjà à 210 m/mn, avec une laize de 5 mètres, pour le compte de la Lake Superior Company à Sault-Sainte-Marie dans l'Ontario.

Vers 1914 apparaissent les machines à toile descendante (50 à 60 cm de pente sur toute la toile) car on pensait, à tort d'ailleurs, que les vitesses seraient limitées sans cet artifice.

Apparition également des pontuseaux avec roulements à bille, des cylindres sécheurs de 1,80 mètres de diamètre, de l'enrouleuse Pope et de la table tirée sur rail pour faciliter et diminuer le temps de changement de la toile.

Ce début de siècle marque incontestablement la puissance et la supériorité Nord américaine pour la construction des grosses machines destinées à la fabrication du papier journal. La firme américaine Pusey and Jones Company, déjà citée, devient leader dans ce domaine. Vers 1920 a lieu la création de la Dominion Engineering Company au Canada.

Machine à papier (1910)
Figure 17 - Machine à papier en pleine production vers 1915
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