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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Papeterie de Brignoud, une reconversion réussie > Un état des lieux dans les années 50 Révision : 11 février 2011  

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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extrait du Bulletin de La Cellulose,
n°60, 2010
Mise en ligne : Février 2011

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I - Un état des lieux dans les années 50

En ce début du XXIe siècle, un véritable tsunami s’abat sur la filière papetière du Grésivaudan entraînant la fermeture de six papeteries sur les sept qui existaient encore en 1980. C'est pourquoi il semble opportun de retracer les raisons et les différentes étapes du processus qui ont permis à une seule d’entres elles, la Papeterie de Brignoud, de survivre alors qu’elle était a priori la moins armée et la plus obsolète.

  Implantation 
  de la Papeterie de Brignoud dans les années 20  
Figure 1 - Implantation de la Papeterie de Brignoud dans les années 20

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Papeterie de Brignoud, qui appartient au groupe des Papeteries de France depuis 1921, possède encore les quatre machines à papier d’origine, installées respectivement en 1870, 1873, 1880 et 1908. La machine M1, qui n’a réellement fonctionné qu’à partir de 1873, est déjà arrêtée. Parmi les cinq défibreurs d’origine de 200 CV, deux seulement sont encore en activité avec un troisième, plus puissant, installé entre les deux guerres. Ces défibreurs sont chargés manuellement en rondins. Dans un local de la partie haute de l’usine, à l’écart des regards des visiteurs, se trouvent deux coucheuses de 1,2 mètres de laize. Comptant parmi les plus anciennes coucheuses en France, elles ont été mises en place par les Papeteries de France dans les années 20. La dernière est arrêtée en 1968.

Dans les années 50, 180 personnes environ travaillent à la Papeterie de Brignoud alors qu’il y en avait 350 en 1925. Les trois usines principales – la papeterie, Kuhlmann et l’atelier de wagons – décalent leurs horaires de sortie de dix minutes afin d'éviter, sur le coup de midi, l’encombrement du carrefour dû à la trop grande affluence de piétons et de cyclistes.

Les matières premières – balles de pâtes (dont l’alfa), sacs de charges (talc), colle, sulfate d’alumine, etc. – sont déchargées et manipulées manuellement. Le personnel employé dans cet atelier est recruté de préférence parmi les gaillards du Balcon de Belledonne, les gars de la montagne, qui, pour certains d'entre eux, font plus de deux heures de marche pour venir embaucher et autant pour leur retour après leurs huit heures de faction accomplies. Lors des pauses casse-croûte, la bombonne de vin est de mise. Les personnes venant de Brignoud apportent le café tandis que celles de Bernin (et de l’autre côté de l’eau) fournissent la gnôle (eau-de-vie). À l'époque, ces pratiques ne perturbent ni les cadences, ni la qualité du travail.

En 1952, Valentin Jaussaud qui dirige l’usine de Brignoud depuis 1931, succède à M. Reboud comme directeur des Papeteries de l’Isère du groupe des Papeteries de France. Son fils, Bernard Jaussaud, le remplace alors à la tête de l’usine.

À cette époque, de nouveaux équipements sont installés : une machine à papier de 2,2 mètres de laize, baptisée M1 bis, en remplacement des anciennes machines M1 et M2 de 1,6 mètres de laize, et une nouvelle coucheuse à lame d’air, la microjet. Cette dernière est arrêtée en 1972, démontée en 1974, comme la M1 bis, et vendue au Portugal. La coucheuse utilise comme support le papier fabriqué sur la M1 bis mais elle peut également reprendre des bobines de carton fabriquées à Lancey. Les productions sont orientées vers des papiers de qualité : IE pour la confection de cahiers d’écoliers, cousus main, des papiers couchés de belle qualité et diverses sortes de papiers fins dont le simili sulfurisé.

Bernard Jaussaud dirige l’usine jusqu’en 1969, date à laquelle il est nommé à son tour directeur des papeteries de l’Isère. Dès lors, le véritable patron est André Eymery (EFP 1951), directeur du Centre de Recherche Appliquées (CRA) du groupe La Rochette Cenpa dont l’une des missions est de reconvertir cette usine pour produire des non-tissés.

Vue actuelle de 
   l’usine de Brignoud
Figure 2 -  Vue actuelle de l’usine de Brignoud.
Au centre, premiers bâtiments des machines à papier :
M1 et M2 (petit bâtiment à droite) ;
M3 et M4 (bâtiment de gauche, plus long)
[Photo G. Coste]
 
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