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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Papeterie de Brignoud, une reconversion réussie > Naissance de la Société Française des Non-Tissés (SFNT) Révision : 11 février 2011  
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extrait du Bulletin de La Cellulose,
n°60, 2010
Mise en ligne : Février 2011

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II - Naissance de la Société Française des Non-Tissés (SFNT)

Après les années 50, à la suite de rachats successifs et de la fusion avec la Cenpa en 1961, le groupe La Rochette dirigé par Maurice Franck devient l'un des grands groupes papetiers français. Son Centre de Recherches Appliquées (CRA), situé à La Rochette (Savoie), est à l’époque le centre de recherche papetière privé le plus important en France. Sa mission est d’améliorer les procédés et les produits, et de fournir un soutien technique aux seize usines du groupe. Ce centre assure également une activité de veille en matière de technologies et de mise au point de nouveaux produits.

Dans le même temps, le groupe La Rochette Cenpa s’intéresse également aux tissues dont l’essor récent et prometteur est lié à l’activité économique et à l’augmentation du niveau de vie lors des Trente Glorieuses. Malheureusement, la disparition de Maurice Franck et surtout le redéploiement de l’entreprise Beghin de Corbehem (Pas-de-Calais) vers d’autres sortes de produits – dont la ouate de cellulose qui provoque rapidement une forte concurrence dans ce secteur – balaient les intentions de La Rochette Cenpa. Le groupe se tourne alors vers un nouveau produit, au stade des balbutiements, dont les usages sont encore mal définis : le non-tissé.

De fait, en 1962-63, il existe une volonté de rapprochement commune aux directions générales de La Rochette Cenpa et des Papeteries de France, afin de développer de nouveaux produits. Sous la direction du Pdg de La Rochette Cenpa, M. Guillanton, le chimiste Henri Charles envisage les non-tissés dans cette perspective. En 1965, il confie au CRA de La Rochette et à André Eymery, la mission de prospecter et d'étudier la faisabilité de ce développement. Un premier projet sur les non-tissés est confié à André Vuillaume (EFP 1966), embauché par le centre de recherches en 1967. Épaulé par quatre techniciens, il se familiarise progressivement avec la mise en œuvre, le comportement et les propriétés des fibres non cellulosiques comme les fibres de viscose ou de PVA, nettement plus longues que les fibres cellulosiques utilisées par les papetiers.

Coupe 
   transversale de fibres de viscose (cellulose régénérée)     Faisceau 
   de fibres de PVA (fibres synthétiques)
Figure 3 - Coupe transversale de fibres de viscose
(cellulose régénérée)
[Photo EFPG/C. Voillot]
    Figure 4 - Faisceau de fibres de PVA (fibres synthétiques)
[Photo EFPG/C. Voillot]

Après des essais et des recherches en laboratoire et la fabrication de nombreuses formettes, il est nécessaire de réaliser un essai semi-industriel sur machine à papier pour valider les premiers résultats du laboratoire et poursuivre l’étude de faisabilité. La Rochette Cenpa ne dispose pas de machine adaptée. Sollicité, Robert Charuel met alors la machine à papier de l’École Française de Papeterie (EFP) qu'il dirige et Guy Caucal, son responsable, à la disposition de l’équipe du CRA. Pour ces premiers essais, plusieurs équipements maison sont conçus et réalisés dont une cardeuse pour disperser les fibres et un diffuseur pour alimenter la MAP. La tête de machine est modifiée pour réaliser une formation immergée sur toile inclinée. Une pompe "Mohno ou Moineau", équipée d’un rotor de type queue de cochon tournant dans une manchette en caoutchouc et munie d’un variateur de vitesse, est indispensable pour véhiculer et doser les fibres longues. Par chance, les pionniers de l’époque disposent d’un matériau nouveau, le lucoflex (à base de PVC) ! Les néophytes peuvent aisément l'utiliser par découpe et par assemblage des éléments via le collage ou le thermosoudage. Les essais sur la machine de l’EFP ont lieu en 1968-69.

Les Papeteries de France s’intéressent elles-aussi aux non-tissés. Elles ont même une certaine avance technique car l’usine de Geneuille dans le Doubs, ayant appartenu aux papeteries Outhenin-Chalandre, fabrique déjà des nappes sur une vieille machine équipée d’un former en bois de 1,6 mètres de laize. Conscientes que le faible marché de l’époque ne justifie pas deux unités de production et pour éviter toute concurrence fatale, La Rochette Cenpa et les Papeteries de France décident de s’associer et de collaborer.

La Société Française des Non-tissés (SFNT) est ainsi créée le 11 août 1969 afin de produire et de commercialiser des non-tissés. 35% des parts sont détenus par La Rochette Cenpa et 65% par les Papeteries de France. Pierre Valette et Jean Ferrara représentent techniquement les Papeteries de France et André Vuillaume, La Rochette Cenpa. André Eymery en est le directeur général tout en continuant à administrer le CRA de La Rochette Cenpa à mi-temps.

La machine 3 de Brignoud est transformée et équipée du former en bois de l’usine de Geneuille, d’un cylindre Yankee de 4,6 mètres de diamètre en provenance d’Alfortville et d’une enrouleuse. L’imprégnation est réalisée sur la nouvelle machine M4 remplaçant l’ancienne machine à papier. Elle comprend un dérouleur, une imprégnation par bain suivie d’une presse essoreuse (foulard textile Amdes), un four IR à gaz sur l’une des faces, un four à air chaud sur l’autre face et une enrouleuse. L’usine de Geneuille est alors fermée.

Usine de 
   Brignoud. À gauche, reconversion de la M3 pour la fabrication de non-tissés 
   et à droite, remplacement de l’ancienne M4 par la nouvelle M4 pour l’imprégnation 
   des non-tissés
Figure 5 -  Usine de Brignoud. À gauche, reconversion de la M3 pour la fabrication de non-tissés
et à droite, remplacement de l’ancienne M4 par la nouvelle M4 pour l’imprégnation des non-tissés

M. Schmidt, appartenant à la famille des anciens propriétaires de la Robertsau absorbée par les Papeteries de France en 1967, dirige l’usine de 1969 à 1974, sous la direction générale d’André Eymery. Complètement accaparé par la SFNT, ce dernier est muté définitivement à Brignoud en 1972. Jusque là chef de fabrication, André Vuillaume succède à M. Schmidt en 1974 et Patrick Jeambar (EFP 1970), embauché au CRA de la Rochette en septembre 1970, rejoint l’équipe en juillet 1974 comme ingénieur de fabrication.

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