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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Papeterie de Brignoud, une reconversion réussie > 1979-1986, l'empreinte et le désengagement de Dexter Révision : 11 février 2011  
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extrait du Bulletin de La Cellulose,
n°60, 2010
Mise en ligne : Février 2011

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IV - 1979-1986, l'empreinte et le désengagement de Dexter

L’usine des Papiers Peints Leroy de Saint-Fargeau Ponthierry est fermée en 1982. Toutefois, le rachat de la SFNT par la société américaine Dexter Corporation en 1979 permet de consolider son développement par un investissement important et opportun.

Les activités de fabrication de non-tissés pour sachets à thé de Dexter sont florissantes outre-Atlantique et l'entreprise possède déjà une usine à Chirnside (Écosse). Néanmoins, elle est fortement concurrencée en Europe par les sociétés Schoeller & Hoesch en Allemagne et Crompton en Grande-Bretagne (rachetées depuis par Glatfelter).

Lors de réunions tenues dans le cadre de l'association internationale des industries des non-tissés (EDANA), André Eymery se lie d’amitié avec M. Coppin du groupe Dexter : ces relations d’amitiés s’instaurent ensuite naturellement entre les deux entreprises. Durant une visite de l’usine de Brignoud, une délégation de la compagnie américaine conduite par son directeur des recherches, Bill Heyse, est très intéressée par les technologies originales mises au point par la SFNT et les brevets qui s’y rapportent : notamment la productivité, la précipitation de latex et la textilisation. Ces brevets permettraient à Dexter de bénéficier d’un savoir-faire important tout en consolidant son implantation sur le sol européen. Des négociations sont menées par Robert Franck, président du groupe La Rochette qui désire s’appuyer sur un groupe ami pour continuer cette activité ne correspondant pas à ses lignes de production traditionnelles, et par André Eymery, président de la SFNT. Elles aboutissent au rachat de cette dernière par Dexter en 1979.

  Fibres 
  synthétiques de polyéthylène, thermoscellables, pour fabriquer des non-tissés pour sachets de thé  
Figure 8 - Fibres synthétiques de polyéthylène, thermoscellables,
pour fabriquer des non-tissés pour sachets de thé
[Photo EFPG/G. Coste]

Le procédé de textilisation permettant une infusion plus rapide du thé, l’usine est alors orientée en partie vers la production de sachets de thé thermoscellables. Par ailleurs, d’autres applications sont développées, en particulier dans le domaine de la filtration (sacs pour aspirateur par exemple). Une caisse de tête secondaire est ajoutée à l’hydroformer pour l’introduction des fibres synthétiques thermoscellables. André Vuillaume quitte la société en juin 1980 pour créer sa propre entreprise Perfojet dédiée à la conception et à la commercialisation de machines spécifiques dans le domaine des non-tissés.

En 1984, l’entreprise américaine décide d'investir en Europe afin d'alimenter les marchés européen et américain des produits médicaux en pleine expansion. Elle injecte alors 33 millions de francs pour moderniser et adapter la ligne de production. Cette machine, ultra-moderne et très flexible, devient l’une des plus performantes dans le secteur de la fabrication de non-tissés par voie humide. Les fabrications évoluent : les sachets de thé sont conservés et s'y ajoutent des articles médicaux destinés aux blocs opératoires (draps, champs opératoires, blouses de chirurgiens, enveloppes et pochettes de stérilisation).

Malheureusement, des difficultés surgissent. Elles sont dues au démarrage de la nouvelle ligne de fabrication et au lancement de nouveaux produits ainsi qu'à l’impact de l’amortissement de l’investissement colossal par rapport au marché. Les pertes financières sont importantes : 10,7 millions de francs en 1984. Elles sont aggravées en 1985 par la hausse du dollar qui favorise la concurrence européenne et par l’effondrement du marché médical aux États-Unis à la suite des mesures de réduction des dépenses de santé prises par l’administration Reagan. Ces mauvais résultats incitent la société Dexter à se désengager de Brignoud pour se replier sur ses usines américaine (Windsor Locks, Connecticut) et écossaise (Chirnside, Écosse).

Désormais, pour l’usine de Brignoud, l’alternative est simple : trouver un repreneur ou être mise en liquidation. Pour éviter cette deuxième solution, André Eymery obtient un sursis d’un an de l'équipe dirigeante américaine. Il s’engage sur un plan de réduction des dépenses et promet de tout mettre en œuvre pour trouver un nouvel acquéreur. Les investissements réalisés par Dexter sauvent certainement l’usine. En effet, le groupe Dalle & Lecomte, qui envisageait de construire sur son site de Bousbecque (Nord) une nouvelle machine pour ce marché, rachète en avril 1986 les parts de la SFNT qui devient Lystil SA. Après avoir mené à bien la restructuration de l’usine nécessaire pour cette reprise, André Eymery quitte la société et Patrick Jeambar, directeur de production, est nommé directeur général de Lystil SA.

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