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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Cellulose et papier au Portugal Révision : 21 juin 2013  

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Cellulose et papier au Portugal     
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José Manuel OLIVEIRA SOARÈS - Ingénieur EFP

Extrait du Bulletin de La Cellulose,
n°65, 2013
Mise en ligne : Juin 2013

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L'invention de la fabrication du papier à partir de fibres végétales attribuée au Chinois Ts'ai Lun, en 105 après J.C., n’atteint l’Europe qu’en 1150, avec l'usine de Xativa en Espagne. Au Portugal, la première papeterie est installée sur les rives du fleuve Lis en 1411.

Les découvertes dans le domaine de la fabrication de la pâte à papier à partir de bois par des procédés chimiques ou mécaniques dans la deuxième moitié du XIXe siècle créent des conditions de développement de cette industrie au niveau mondial, surtout dans les pays grands producteurs de bois résineux comme ceux de la Scandinavie et de l’Amérique du Nord.

À cette époque et durant la première partie du XXe siècle, au Portugal, l’industrie papetière conserve son caractère artisanal, bien qu’il y ait des initiatives intéressantes comme en 1891, la fabrication de cellulose à partir du pin maritime et en 1906, à partir de l’eucalyptus par le procédé bisulfite – une véritable première mondiale – par Caima Timber Estate & Wood Pulp Company Ltd, qui devient par la suite Caima Pulp Co Ltd.

Dans le secteur papetier, tout en gardant des petites usines utilisant des moyens artisanaux – les “moulins à papier” où l’on produisait du papier dit “à la main” – certaines papeteries installent des machines continues Fourdrinier : la première est celle de l’usine de Abelheira, à S. Julião do Tojal, en 1840. D’autres usines suivent son exemple, notamment celles de Prado et de Marianaia, à Tomar, de Lousã et de la Nouvelle Compagnie du Papier d’Alenquer. Durant la deuxième moitié du XIXe et le début du XXe, les usines de Matrena à Santa Cita, de Caima (Papeterie) à Oliveira de Azeméis et de Marco de Canavezes, s'équipent soit de ce type de machine continue, soit de sa variante de "forme ronde".

Mention spéciale pour le projet des Papeteries de Renova, à Zibreira, initié en 1939. Dans les années 50, Renova décide de se spécialiser dans les produits en papier à usage domestique et sanitaire “pour un bien-être unique et exclusif”, aujourd'hui commercialisés avec grand succès tant au Portugal qu’en Espagne, en France et au Benelux.

  J.N. Ferreira Dias Júnior  
J.N. Ferreira Dias Júnior
[Wikienergia]

Durant la Seconde Guerre mondiale, les difficultés d’approvisionnement en pâtes et papiers ainsi que les progrès de la fabrication de pâte de bois par des moyens chimiques sont des arguments décisifs pour la création de l’industrie de la cellulose au Portugal.

José Nascimento Ferreira Dias Júnior, Secrétaire d’État de l’Industrie (1940-1944) et Ministre de l’Économie (1958-1962), est l'un des précurseurs de l’expansion de cette industrie au Portugal. En 1945, dans son livre “Linha de Rumo”, il écrit une phrase qui résume bien le fondement de l’intérêt pour la production de pâte à papier dans ce pays :
“Quiconque sait qu'il y a au Portugal 3 millions d'hectares de forêts, dont 40% plantées de pins, et, par ailleurs, prend conscience du poids de l'importation de papier et de pâte à papier dans ce pays, constate un déséquilibre difficile à expliquer entre ces deux faits. C'est pourquoi j'ai été amené à m'intéresser de très près à l'industrie de la cellulose”.

Le premier grand projet dans le domaine de la cellulose est celui de la Companhia Portuguesa de Celulose (CPC) et fait l'objet d’une demande en 1942. Cependant, en cette période de guerre, il est très difficile de réaliser des projets de cette envergure. Il n'est concrétisé que onze ans plus tard, en 1953, avec la production de pâte chimique blanchie et écrue par le procédé sulfate, et de papier kraft écru et blanc.

La CPC est la pionnière en matière de production de pâte kraft d’eucalyptus et, à partir de 1957, de son utilisation dans la fabrication de papier impression-écriture. En 1958, sa production annuelle atteint 50 000 tonnes de pâte et 30 000 tonnes de papier. En 2012, l’usine de Cacia ne produit que de la pâte kraft blanchie d’eucalyptus de très haute qualité (285 000 t/an).

Companhia Portuguesa de Celulose (CPC) - usine     Companhia Portuguesa de Celulose (CPC) - machine à papier
CPC - Usine
[Aveiro e o seu Distrito]
    CPC - Machine à papier
[Aveiro e o seu Distrito]

Le succès de la CPC est à la base du développement de l’industrie portugaise de la cellulose et du papier. Sans compter plusieurs projets qui n’ont pas pu être concrétisés, diverses usines démarrent leur production dans les années 60 et 70 :

En 1973, la Celangol est créée en Angola pour produire de la pâte d’eucalyptus dans la région de Lobito et l’équipement est acheté. Cependant, en raison de la situation politique du pays, il est décidé en 1979 de monter cette usine au Portugal, à Lavos, dans les environs de Figueira da Foz, sous le nom de Soporcel. L’usine démarre en 1984 et est totalement intégrée avec une première machine à papier en 1991 et une deuxième en 2000. Ces deux machines sont semblables, chacune avec 8,6 m de largeur utile, et parviennet à une production conjointe de 790 000 t/an de papiers UWF, avec utilisation totale de la pâte produite à la même usine.

En 1975, suite à la situation politique au Portugal, les entreprises CPC, Socel, Celtejo et Celnorte, et aussi les Celuloses du Guadiana, future Portucel Recicla, usine d’emballages de carton ondulé à partir de pâte de paille de blé, fondée en 1955, sont nationalisées et fusionnées dans une nouvelle entreprise publique appelée Portucel.

En 1993, le décret-loi 39/93 établit les mesures de restructuration de Portucel en vue de sa privatisation décidée par l’Assemblée Générale du 31 mai de cette même année, avec la création de huit nouvelles sociétés anonymes : Portucel, Portucel Industrial, Portucel Florestal, Portucel Embalagem, Portucel Viana, Portucel Tejo, Portucel Recicla et Gescartão.

L’usine de Soporcel, ex-Celangol, est achetée par Portucel en 2001, donnant lieu à la création du Groupe Portucel Soporcel, avec trois usines à Cacia, Figueira da Foz et Setúbal. Le Groupe Semapa acquiert en 2004 la majorité du capital  (67%) de Portucel Soporcel et intègre la totalité de la production de pâte à Setúbal. Pour cela, est créée la papeterie ATF (About the Future) intégrée avec l’usine de pâte de l’ancienne Socel. La machine la plus grande et la plus sophistiquée au monde y est installée pour fabriquer des papiers UWF (papiers non couchés sans pâte mécanique). Construite par Metso Paper Oy et démarrée en 2009, elle a une largeur utile de 10,4 m et une capacité de production de 500 000 t/an. Elle consomme 40% de la pâte produite par l’usine de Setúbal (212 000 t/an).

Les deux autres machines à papier, celles de l’ancienne Inapa, aujourd’hui Fábrica de Papel de Setúbal, ont ensemble une production de 295 000 t/an de papiers UWF. La Portucel Soporcel compte ainsi trois machines à papier à Setúbal, celle de l’ATF et les PM1 et PM3 de l’ex-Inapa, avec une capacité totale de 795 000 tonnes de papiers UWF.

En 2010, la capacité totale du Groupe Portucel Soporcel, en comptant les unités de Setúbal et celle de Figueira, atteint 1,6 millions de t/an de papiers non couchés. Portucel Soporcel est aujourd'hui le plus grand producteur d’Europe de pâte blanchie d’eucalyptus ainsi que de papiers impression-écriture non couchés.
Ce groupe produit le Navigator, le papier le plus apprécié et le plus vendu au monde dans la catégorie des papiers de bureau.

Portucel Viana, dont 65% du capital a été souscrit par Imocapital dans l’an 2000, est finalement achetée en 2005 par le groupe espagnol Europac et constitue actuellement l’Europac Kraft Viana S.A. L’usine est agrandie et produit désormais 370 000 t/an de papier Kraftliner en deux qualités : le Portoliner, très apprécié sur les marchés internationaux, et le Vianaliner avec un pourcentage plus élevé de fibres secondaires. L’usine intègre une ligne de production de pâte (70% de pin et 30% d'eucalyptus) ainsi qu'une ligne de récupération de fibres secondaires (vieux papiers).

De son côté, le Groupe Altri, créé en 2005 par la restructuration de Cofina, acquiert trois usines de pâte de Portucel Soporcel : celles de Portucel Tejo et de Celbi (pâte kraft) et celle de Caima (pâte bisulfite). En 2012, le Groupe Altri est l'un des plus grands producteurs mondiaux de pâte blanchie d’eucalyptus, avec une capacité totale de 950 000 t/an, dont 660 000 t/a à Leirosa, 170 000 t/a à Ródão et 115 000 t/a à Constança.

 
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