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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Plomb, lumière et silicium : de l'imprimerie à la communication imprimée > Écritures et civilisations : des évolutions liées Révision : 25 janvier 2010  
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extrait du Bulletin de La Cellulose, 2009
Mise en ligne : Janvier 2010

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II - Écritures et civilisations : des évolutions liées

  Écriture cunéiforme  
Figure 2 - Écriture
cunéiforme
[Wikipédia]

L'écriture permet à chaque civilisation de traduire sa pensée et d’en assurer la pérennité. L’écriture cunéiforme [Figure 2] des Assyriens, des Perses et des Mèdes, les idéogrammes chinois et les hiéroglyphes égyptiens sont autant de manifestations antiques de la structuration du langage, donc de la communication. Réservée le plus souvent aux prêtres et aux clercs, elle est une manière d’appréhender les êtres et les choses, et une forme d’incantation dans toute pratique religieuse.

Vers le XIe siècle av. J.C., l’apparition de l’alphabet phénicien modifie fondamentalement la fonctionnalité de l’alphabet. Désormais, celui-ci n’est plus une image symbolique mais devient un simple moyen de représenter un son particulier attaché à la lettre. Les Phéniciens, excellents navigateurs et commerçants, ont-ils introduit leur alphabet pour faciliter les échanges d’idées et surtout de marchandises ? On peut le penser.

Cet alphabet est ensuite légué aux Grecs qui, après de nombreuses modifications, le transmettent à leur tour aux Romains. Constituée à l’origine par les inscriptions présentes sur les grands monuments de l’empire romain, l’écriture romaine est à la base des alphabets en usage actuellement dans le monde occidental. Aux prémices de la chute de l’empire romain, l’écriture connaît vers le IIIe siècle de sérieux changements et aboutit à une nouvelle forme : la minuscule romaine primitive.

Après l’invasion des barbares – les Francs en Gaule, les Wisigoths en terre ibère, les Angles et les Saxons en Angleterre –, l’empire romain s’effondre et les formes de l’écriture latine se métamorphosent en s’imprégnant de nouveaux langages. La minuscule romaine primitive est prolongée par l’onciale et la semi-onciale aux IVe et Ve siècles. Les peuples barbares, plus enclins à piller qu’à civiliser, ne conçoivent pas l’utilité d’une écriture. Heureusement, celle-ci est sauvée par l’essaimage des premiers chrétiens de l’Italie vers toute l’Europe occidentale jusqu’en Irlande, puis vers Byzance, et par l’apparition des premiers monastères dès la fin du VIe siècle, sous l’impulsion du pape Grégoire 1er le Grand (540-604).

  Minuscule 
  carolingienne ou caroline  
Figure 3 - Minuscule carolingienne ou caroline
[Wikipédia]

Du IVe au IXe siècles, l’écriture subit de fréquentes déformations provoquées par les différentes écoles de copistes, le type de plume et surtout le support utilisés. Ces modifications entraînent la cohabitation de lettres minuscules et de capitales qui conduisent à la minuscule carolingienne ou caroline [Figure 3], adoptée sous le règne de Charlemagne. Après le partage et la chute de l’empire de ce dernier, la culture occidentale essentiellement romane, comme son écriture, est influencée par le gothique.

  Écriture gothique  
Figure 4 - Écriture gothique
[Wikipédia]

Vers la fin du XIe siècle, la minuscule caroline voit ses courbes se briser. Les lettres s’allongent et se resserrent. Cette évolution est certainement à l’origine de l'écriture gothique [Figure 4] : ce nom, synonyme de barbare, est dû à la nouvelle vague des humanistes lors de la Renaissance. Ils considèrent que le Moyen Âge est une période de ténèbres, de décadence et de misère.

L’écriture gothique atteint son apogée au XIIe siècle et représente l’expression des valeurs spirituelles du Moyen Âge. Elle figure dans tous les écrits religieux et les vitraux. Elle devient l’écriture des universités, en particulier celle de Paris. Son rayonnement et sa reconnaissance dépassent largement ceux de la caroline.

Dès le XIIe siècle, le papier fait son apparition en Occident et provoque l'émergence de scribes professionnels laïcs et de clercs qui rédigent des actes ou recopient toutes formes d’écrits non religieux. L’écriture n’est plus l’exclusivité des abbayes, elle s’implante désormais au cœur des villes. Pour accompagner ce déploiement de l’activité intellectuelle, les scribes doivent écrire toujours plus et plus vite. L’écriture se diversifie et, tout naturellement, apparaît de nouveau la cursive, avec de multiples variantes dont la lettre de forme ou textura, utilisée pour les livres de chœur, la lettre de somme ou summa, plus petite et plus coulante, utilisée pour les textes théologiques, les actes royaux, les documents juridiques et les textes scientifiques, et enfin la lettre bâtarde qui devient de plus en plus cursive (écrite à la plume d’un seul mouvement). L’hégémonie de la gothique décroît à partir du XIIIe siècle mais elle se maintient jusqu’au XVIIe siècle en Angleterre et en Scandinavie, et jusqu’au XXe siècle dans les pays germaniques.

En Italie, la gothique, ou barbare, est rejetée et les maîtres de l’écriture retournent aux sources de l’Antiquité classique. En faisant évoluer la caroline de Charlemagne, ils donnent naissance, vers la fin du XVe siècle, aux caractères romains. Ces nouveaux caractères sont dits "romains" car ils ont été gravés pour la première fois au monastère bénédictin de Subiaco près de Rome. Ils sont à l’origine de toutes les créations typographiques jusqu’à nos jours.

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