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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Plomb, lumière et silicium : de l'imprimerie à la communication imprimée > Les caractères métalliques mobiles : le coup de génie de Gutenberg Révision : 25 janvier 2010  
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Plomb, lumière et silicium :
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extrait du Bulletin de La Cellulose, 2009
Mise en ligne : Janvier 2010

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V - Les caractères métalliques mobiles : le coup de génie de Gutenberg

  Gutenberg  
Figure 8 - Gutenberg

Le principe des caractères mobiles était déjà connu en Chine et certainement en Corée où ont été découverts des livres imprimés avec ces caractères, datant du début du XVe siècle. Pourtant, l’invention de Gutenberg ne doit rien à ces tentatives orientales.

Johannes Gensfleisch dit Gutenberg (du nom de sa mère) (1400-1468), né dans une famille bourgeoise allemande, imagine un système pour fondre à volonté des caractères mobiles réutilisables indéfiniment [Figure 8]. Avait-il des collaborateurs ? Il n’en existe aucune trace. C’est pourquoi cette invention lui est personnellement attribuée.

En 1440, il vit à Strasbourg où il exerce un métier proche de l’orfèvrerie, en particulier pour la fabrication de miroirs. Sa présence dans la cité alsacienne est attestée jusqu’au printemps 1444. De ce séjour, il n’existe aucune trace d’impression. Son retour à Mayence se situe vers l’été 1444.

 

 

Parmi les documents exposés au Musée Gutenberg de la ville allemande, deux sont extrêmement importants pour dater son invention :

Les Mayençais ont pris l’habitude de commémorer les anniversaires de l’évènement en 1540, 1640, 1740, 1840 et 1940 le jour de la Saint Jean, patron des imprimeurs. C'est pourquoi 1440 est la date communément admise pour cette invention exceptionnelle qui va bouleverser le monde et modifier la pensée.

  Détail 
  des caractères gothiques de la Bible aux 42 lignes de Gutenberg  
Figure 10 - Détail des caractères gothiques
de la Bible aux 42 lignes de Gutenberg
  Johann Fust  
Figure 9 - Johann Fust
[Wikipédia]

Par la suite, Gutenberg s’associe au banquier Johann Fust (~1400-1466) [Figure 9] pour réaliser sa célèbre Bible latine ou Bible aux 42 lignes en 1455 [Figure 10]. Peu de temps après, des divergences opposent les deux hommes et conduisent à la fin de leur association, chacun continuant d’imprimer pour son propre compte. Gutenberg meurt en 1468.

La toute première édition de la Bible est réalisée sur du parchemin. Les inégalités d’épaisseur de ce support ainsi que sa rigidité révèlent rapidement son incompatibilité avec une production typographique de masse. Pour son deuxième livre, Gutenberg adopte le papier, support plus compressible et plus souple qui offre une surface plane. Le papier a donc contribué très largement au succès de l’entreprise de Gutenberg.

L’année 1445 marque le début de l’essor prodigieux de l’imprimerie et de l’utilisation du papier. L’invention de Gutenberg marque la naissance de l’imprimerie au plomb et de la typographie qui atteint rapidement la perfection dans l’équilibre et la beauté des imprimés. Les premiers caractères au plomb imitent les écritures manuelles des copistes de l’époque. De ce fait, les premiers ouvrages, dont la Bible de Gutenberg, sont imprimés avec des caractères gothiques, très en vogue en 1450.

  Claude Garamond  
Figure 11 - Claude Garamond
[Wikipédia]

En Italie et en France, les caractères d’imprimerie évoluent progressivement vers le caractère romain qui atteint sa forme accomplie au cours du XVe siècle. Ainsi, vers 1470, le Français Nicolas Jenson (~1420-~1481), installé à Venise comme imprimeur, utilise pour la première fois un caractère romain très équilibré, donnant tout à la fois finesse et précision à la qualité du texte imprimé.

En 1499, l’Italien Francesco Griffo (~1455/60-1518), installé à Bologne, grave un nouveau caractère romain pour le compte de l’imprimeur vénitien Alde Manuce (1449-1515), et en 1501, il crée pour ce dernier un caractère romain italique pour une édition de Virgile. Cette nouvelle cursive italique apparaît dès sa parution comme le caractère poétique par excellence. Elle permet de réduire le format des ouvrages qui deviennent des livres destinés tout particulièrement aux voyageurs.

En France, Geoffroy Tory (1480-1533), nommé "Imprimeur du Roy" par François 1er en 1530, introduit une nouvelle typographie inspirée des belles capitales de la Rome ancienne : elle devient incontestablement l’âme du renouveau typographique, lequel est poursuivi par Claude Garamond (1499-1561) [Figure 11]. Ce dernier, élève d'Antoine Augereau (~1485-1534) crée en 1544 un caractère italique et un caractère romain qui atteignent la perfection.

Ce siècle et les suivants sont marqués par des graveurs qui hissent cette industrie au niveau de l’art et laissent à jamais leur empreinte. Outre Garamond (1544), citons :

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