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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Plomb, lumière et silicium : de l'imprimerie à la communication imprimée > Gravure sur bois, eau-forte ou taille-douce pour illustrer les livres Révision : 25 janvier 2010  
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Plomb, lumière et silicium :
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extrait du Bulletin de La Cellulose, 2009
Mise en ligne : Janvier 2010

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VI - Gravure sur bois, eau-forte ou taille-douce pour illustrer les livres

  Saint-Christophe - 
  Estampe à partir d'une xylographie  
Figure 12 - Saint-Christophe
portant le Christ, 1423.  Estampe
obtenue à partir de l’une des plus
anciennes xylographies connues.
Elle peut être coloriée à la main

L’histoire de l’illustration en Occident ne commence vraiment qu’au début du XVe siècle grâce à la gravure sur bois, le seul procédé utilisé jusqu’à l’apparition de la taille-douce vers la moitié du siècle. L’estampe représentant Saint-Christophe datant de 1423, est l’une des premières œuvres xylographiques connues et conservées [Figure 12].

Après Gutenberg, la production de livres augmente de façon considérable. Le livre devient un moyen de propagande fantastique pour les adeptes de la nouvelle religion réformée qui en font un véritable mass média, accessible au plus grand nombre. Le livre représente le savoir qui doit être divulgué pour diffuser des idées bien sûr, mais aussi pour casser l’obscurantisme dans lequel l’Église catholique maintient ses adeptes.

Aux XVIe et le XVIIe siècles, les livres sont peu illustrés. La xylographie est compatible avec la typographie mais la technique de l’époque utilisant le bois de fil, avec sa surface imprimante parallèle aux sens des fibres, ne restitue pas les détails nécessaires aux illustrations des livres traitant des arts, des sciences ou de la nature. Ce que permet en revanche la taille-douce qui devient la technique de réalisation des estampes et des images de qualité jointes à part ou de façon groupée à la fin du livre.

Les méthodes de gravure changent ensuite au gré des avancées des sciences et des techniques : burin, pointe sèche, manière noire, eau-forte, aquatinte, procédé au sucre, vernis mou. L’encrage de la plaque gravée, préalablement chauffée pour diminuer la viscosité de l’encre et faciliter sa pénétration dans les creux, est réalisé au moyen de tampons ou de rouleaux. La gravure chimique en creux (eau-forte) est connue depuis longtemps puisqu’elle est utilisée par les armuriers pour décorer leurs armes. La première eau-forte pourrait être le "Saint-Jérôme" d’Albrecht (Albert) Dürer (1471-1528), daté de 1512 [Figure 13]. Le procédé est même utilisé par Rembrandt (1606-1669) en Hollande où il combine le burin et l’eau-forte pour réaliser des œuvres.

 

Saint-Jérôme 
   écrivant en compagnie d’un lion : eau-forte d’Albrecht Dürer     "Le meunier, son fils 
   et l'âne",  fable de la Fontaine illustrée par Jean-Baptiste Oudry.
Figure 13 - Saint Jérôme écrivant en
compagnie d’un lion : eau-forte
d’Albrecht Dürer
    Figure 14 - "Le meunier, son fils et l'âne", 
fable de la Fontaine illustrée
par Jean-Baptiste Oudry.

L’un des premiers graveurs en creux français est Jacques Callot (1592-1635). Spécialiste des petites compositions comportant une infinité de détails, il introduit la technique de l’eau-forte en France. La célèbre édition Desaint et Saillant de 1755 des fables de Jean de la Fontaine (1621-1695) en quatre volumes, est illustrée par des gravures sur cuivre (burin et eau-forte) issues des dessins du peintre animalier Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) [Figure 14].

Il faut attendre la fin du XVIIIe siècle pour qu'apparaissent des éditions illustrées, à tirage limité, destinées à des bibliophiles avisés. Citons les éditions de Didot : "Manon Lescaut" en 1797, "Virgile" en 1798 et l’édition des "Contes et Nouvelles" de Jean de la Fontaine tirée en 550 exemplaires en 1795, illustrée par Fragonard à l’aide de gravures sur cuivre.

Au XIXe siècle, Thomas Bewick (1753-1828) remet la gravure sur bois au goût du jour pour illustrer des livres, avec la technique du bois de bout ou taille d’épargne qui supplante peu à peu la gravure en taille-douce.

Deux éditions par exemple en sont la preuve :

Ce retour de la xylographie est possible grâce à l’emploi du bois de bout dont les fibres sont perpendiculaires à la surface imprimante conférant plus de précision à la gravure. Le dessin peut être obtenu par des traits parallèles, comme dans le cas du bois de fil, mais aussi par des traits croisés ou par des points, ce qui améliore la finesse du dessin [Figure 15].

Gravure 
   sur bois de Fortuné-Louis Méaulle     Traits 
   parallèles ou croisés et points permettent une reproduction fine et précise du dessin
Figure 15 - Gravure sur bois de Fortuné-Louis Méaulle, graveur de Victor Hugo,
d’après une œuvre de Mouchot. Traits parallèles ou croisés et points
permettent une reproduction fine et précise du dessin

Avec le bois de bout, sont publiés les premiers mensuels illustrés : le Magasin pittoresque (1833) et L’Illustration (1843) en France ainsi que l’Illustrated London News (1842) en Angleterre.

Entre les deux guerres mondiales, le catalogue de vente par correspondance de la célèbre entreprise stéphanoise Manufrance est encore édité à partir de planches réalisées en taille d’épargne pour représenter les différents produits. Le texte est imprimé en typographie. Le passage à l’offset n'a lieu qu’après la Seconde Guerre Mondiale [Figure 16].

Vignette exécutée en xylographie, 
   insérée dans un composteur typographique pour l’impression du catalogue Manufrance
Figure 16 - Vignette exécutée en xylographie, insérée dans un composteur
typographique pour l’impression du catalogue Manufrance

L’habitude de numéroter les éditions est prise vers 1860. La fin du Second Empire marque en France le retour de la gravure en taille-douce.

En 1874, la publication du livre "Le fleuve" de Charles Gros (1842-1888) illustré de huit gravures en noir du peintre Édouard Manet (1832-1883), tiré à 100 exemplaires numérotés et signés par l’auteur et l’artiste, préfigure l’apparition des beaux livres appelés successivement livres illustrés, puis livres de peintres et enfin, livres d’artistes.

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