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  Vous êtes ici : Accueil > Base de connaissances > Histoire de nos métiers > Plomb, lumière et silicium : de l'imprimerie à la communication imprimée > De la composition manuelle au computer-to... : la révolution du prépresse Révision : 25 janvier 2010  
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Plomb, lumière et silicium :
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Gérard COSTE - Ingénieur EFPG

Extrait du Bulletin de La Cellulose, 2009
Mise en ligne : Janvier 2010

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XIII - De la composition manuelle au computer-to... : la révolution du prépresse

1 - Composition manuelle

Dès l’origine, le typographe assure lui-même la mise en page et la composition à partir d’une copie remise par l’auteur. Il utilise un composteur et des caractères métalliques stockés dans des tiroirs dont les légendaires bas-de-casse. Un bon typographe peut aligner de 1000 à 1500 signes à l’heure.

2 - Composition mécanique

Au XIXe siècle, le développement prodigieux de la presse entraîne la mécanisation de la fonte des caractères afin d'augmenter la rapidité de la composition. De nombreuses inventions sont signalées aux différentes expositions universelles entre 1851 (Londres) et 1900 (Paris). Parmi les plus retentissantes : la Linotype, créée par l’Allemand Ottmar Mergenthaler (1854-1899), natif de Hachtel, puis émigré aux États-Unis. Il l'utilise pour la première fois en 1886 pour le compte du New York Tribune à Baltimore [Figure 36].

Linotype de Mergenthaler
Figure 36 - Linotype de Mergenthaler

Regroupant plusieurs fonctions, la linotype permet la composition du texte à partir d’un clavier et la fonte d’une ligne bloc sur une justification déterminée. La frappe sur une touche du clavier permet de sélectionner dans un magasin une matrice en creux correspondant à un signe typographique. Les différentes matrices sont positionnées et juxtaposées dans un composteur. La ligne de matrices ainsi constituée se présente devant le moule où est injecté un mélange de plomb, antimoine et étain en fusion, provenant d’un creuset. Il en résulte une ligne-bloc présentant des caractères en relief. Une fois utilisées, ces lignes-blocs peuvent être refondues.

En 1889, l’Américain Tolbert Lanston (1844-1914) présente la Monotype avec laquelle il est possible de composer des textes non pas en lignes-blocs, mais en caractères mobiles.

L’Intertype, basée sur le principe de la fonte de lignes-blocs, concurrence la Linotype dès 1913. Produire des lignes-blocs augmente la vitesse de composition des textes ; toutefois, cela oblige à refondre la ligne en cas d’erreur sur un caractère. C'est pourquoi cette technique est réservée à la composition de textes courants pour la presse, les périodiques et les romans.

La commande par bande perforées améliore encore la capacité de production de ces machines :

La linotype et l’intertype équipent systématiquement les entreprises de presse jusque dans les années 1980.

La fabrication d'un livre     Letterpress 
   printing vocational film (1947)
Vidéo 3 - La fabrication
d'un livre
[YouTube]
    Vidéo 4 - Letterpress
printing vocational
film (1947)
[YouTube]

3 - Photocomposition

L’idée d’utiliser les techniques photographiques pour la composition des textes destinés à la reproduction d’imprimés apparaît dès la fin du XIXe siècle. Toutefois, il faut attendre plus d’un demi-siècle pour qu'une première réalisation industrielle concrétise cette idée. L’objectif ? Atteindre voire dépasser les 20 000 signes à l’heure.

L’évolution technique n’a pas lieu brutalement et les différents concepteurs utilisent dans un premier temps le principe du matériel existant. C’est ainsi que la Linotype évolue vers la Linofilm (1954). Au lieu d’avoir un magasin de matrices en creux, caractéristique des machines au plomb, la Linofilm dispose d’un magasin de négatifs photographiques de chacun des signes utilisés. L’Intertype évolue vers la Photosetter (1947) et la Monotype vers la Monophoto.

En 1928, Uher crée une première photocomposeuse perfectionnée mais cette invention tombe dans l'oubli faute d'en avoir l'usage immédiat. Vers la même époque, en 1930, René Higonnet (1902-1983) et Louis Moyroud (1914-) travaillent sur un prototype de matériel de photocomposition : la Lumitype 200. Elle comporte un clavier pour la saisie, un système de calcul et de contrôle pour prendre en charge tous les paramètres liés à la typographie (taille, interlignes…) et une unité de composition (source lumineuse et disque perforé). La Seconde Guerre Mondiale retarde la sortie de cette innovation qui n’est connue qu’après 1945. Confrontés au scepticisme des imprimeurs de l'Hexagone, les deux Français exportent leur invention aux États-Unis. Présentée à New York en 1949 sous la marque Photon, la lumitype est exploitée pour la première fois en 1953. Elle annonce la révolution technologique qui va bouleverser le monde de l’imprimerie dans la deuxième moitié du XXe siècle. On atteint alors les 30 000 à 50 000 signes à l’heure.

Puis, surviennent les photocomposeuses de deuxième puis de troisième génération (vers 1965, avec l’apparition des tubes cathodiques) qui préfigurent la mise en page électronique avec insertion des images dans le texte : système complet de saisie avec clavier et écran, calculateur, scanner et mise en page. En 1974, la Digiset permet de composer 2 à 7 millions de signes à l’heure. Parmi les photocomposeuses de troisième génération, citons aussi la Linotron 1010.

Dans les années 1990, le computer to film (CTF) – les films sont réalisés directement à partir d’un ordinateur – est suivi par le computer to plate (CTP) : la plaque d’impression est gravée directement à partir d’une source numérique contenant le texte et les illustrations de l’imprimé. De récents progrès techniques (computer to press) permettent de créer du texte et des images numérisés, directement dans la machine à imprimer, ensuite révélés sur le support recevant l’impression.

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