Contrat d'Étude Prospective des Industries de la Communication Graphique en Rhône-Alpes Juillet 1998
Synthèse Document du GIRISE, mis en ligne par le CERIG
Chapitre 1 Les industries de la communication graphique en Rhône-Alpes & les entreprises
LES ENTREPRISES : DES TPE & PETITES PME

La branche est un secteur de TPE et PME (1400 entreprises, dont 1000 employant des salariés, mais seulement 210 employant 10 salariés ou plus) qui affronte une concurrence nationale et européenne faisant pression sur les prix, les délais et la qualité. Rhône-Alpes réalise 7,3% du CA et emploie 7,6% des effectifs de la branche (France entière), mais compte 11,1% des entreprises de 10 salariés ou plus.

UNE BRANCHE EN COURS DE CONCENTRATION : UN ENJEU POUR LES TPE & PME

La période récente a été marquée par la disparition d’entreprises qui n’ont pu suivre les évolutions et s’équiper : de nombreuses TPE et PME éprouvent des difficultés à faire les investissements pour répondre à la baisse des prix et offrir à leurs clients une prestation de service complète en maîtrisant la chaîne graphique. Un mouvement de concentration (essentiellement par reprise de PME régionales performantes par des groupes extérieurs) se poursuit ; il se traduit notamment par des investissements importants générateurs d’emplois (travail en équipes) - mais aussi d’une concurrence difficilement supportable pour certaines PME indépendantes.

DES ENTREPRISES RÉGIONALES FORTEMENT SPÉCIALISES : DES POINTS FORTS POUR L'AVENIR

Les industries de la communication graphique rhônalpines sont fortement spécialisées dans certains secteurs (notamment les imprimés publicitaires ou de communication et le conditionnement).

En impression, la majorité des TPE et PME composant le tissu industriel régional sont équipées en "plat" (offset feuille à feuille), moins directement concurrencé par les grands groupes que la "roto" (offset rotative) de plus en plus concentrée - à condition que ces TPE et PME poursuivent leur rééquipement en matériels plus productifs et répondant aux besoins des marchés (4 couleurs robotisées de moyen format). Le repositionnement et la modernisation de ce tissu de TPE et PME est un enjeu vital pour la branche - sauf à risquer une coupure entre d’une part un tout petit nombre d’entreprises (filiales de groupes extérieurs) dominant les marchés en expansion (ex : catalogues, imprimés publicitaires), d’autre part une majorité de TPE et PME indépendantes en régression.

ENCORE PEU D'OFFSET NUMÉRIQUE OU DE MULTIMÉDIA

Pour l’instant, l’impression offset numérique et le multimédia ne sont pas encore des marchés significatifs, bien que des professionnels régionaux (essentiellement du prépresse) jouent un rôle de "veilleurs" et de défricheurs. Le prépresse (intégré ou non aux imprimeries) va devoir intégrer une dimension multimédia - notamment pour l’édition sur d’autres supports que le papier/carton (cédérom, sites Internet).

LES ENTREPRISES QUI SUIVENT LES ÉVOLUTIONS TECHNOLOGIQUES

Les entreprises ont à anticiper et à suivre des technologies en évolution rapide, mais incertaine. La principale est le passage au "tout numérique" de l’ensemble de la chaîne graphique, de l’amont (prépresse) à l’aval (impression, finition, voire logistique).

En prépresse, le passage au tout numérique est en cours dans la plupart des entreprises, nécessitant le renouvellement fréquent de matériel coûteux (de un à plusieurs MF) et de logiciels, parallèlement à une évolution des compétences du personnel - moins nombreux, bien plus qualifié et polyvalent. Le prépresse intégré aux imprimeries se développe après la disparition de nombreux "photograveurs", les TPE (rarement PME) du prépresse qui ont survécu ayant développé leurs spécialités et compétences.

L’impression évolue en "roto" vers une industrie très automatisée et productive, employant des opérateurs moins nombreux et plus polyvalents pour faire tourner et rentabiliser des machines très coûteuses (de plusieurs MF à plusieurs dizaines de MF) en 3 x 8 qui impliquent d’importants flux de recrutements de conducteurs en plus de personnels du prépresse intégré et d’agents de maîtrise et techniciens. Ces équipements sont hors de portée de la plupart des TPE et PME qui se repositionnent sur leurs compétences spécifiques et le service (qualité, délai, réactivité, service complet) dans le "plat" - dont les matériels sont moins coûteux (de moins de 1 MF à quelques MF).

En finition, les évolutions sont moins importantes (tendance à la robotisation des chaînes), mais les investissements lourds avec cette robotisation et l’extension des prestations (marquage, routage, etc.). Les entreprises y sont parfois importantes ; de grosses PME sont créatrices d’emplois à l’occasion d’opérations de modernisation et/ou de réduction du temps de travail avec passage au travail en équipes.

VERS LE "TOUT NUMÉRIQUE" & LE COMMERCE ÉLECTRONIQUE

Déjà largement informatisées, échangeant des fichiers (notamment pour le prépresse), passant au tout numérique, la plupart des entreprises des industries de la communication graphique de Rhône-Alpes sont utilisatrices des supports et réseaux numériques. Le développement du travail en réseau interne et externe (échange de fichiers, commerce électronique) constitue un enjeu stratégique pour la branche - notamment pour les TPE et PME. La FICG développe des actions de veille technologique en s’appuyant sur l’observatoire des technologies de l’EFPG.

DES ÉVOLUTIONS TECHNOLOGIQUES & CHOIX D'INVESTISSEMENTS PEU LISIBLES POUR LES TPE/PME

Cependant, les évolutions technologiques sont peu lisibles pour la plupart des TPE et petites PME qui constituent la grande majorité de la branche en Rhône-Alpes. Elles ont des difficultés à choisir les technologies et les équipements qui seront prochainement nécessaires. La branche pourrait les aider en ce sens. La FICG a déjà mis en place une veille technologique et un dispositif d’information et d’aide aux entreprises relayé par le GIRISE (réunions ou journées d’information avec des fournisseurs et des entreprises).

UNE REPRISE EN COURS DANS UN CONTEXTE CONCURRENTIEL : DES ENJEUX POUR LES TPE/PME

Enfin, l’accroissement du CA (forte augmentation des volumes, mais pression sur les prix) et les nouveaux recrutements, recoupant les indicateurs macro-économiques, permettent de penser que la majorité des entreprises de la branche sont depuis un an et demi dans une phase de reprise - voire d’expansion.

Cela devrait se traduire par une différenciation entre les entreprises : les TPE et petites PME "pointues", PME les plus importantes tirant parti de cette croissance et l’anticipant, d’autres (moins équipées, moins bien positionnées) voyant leur rentabilité menacée, parfois leur survie - notamment pour des entreprises familiales ayant des problèmes de succession.

Parallèlement, des grosses PME (souvent filiales de groupes extérieurs) se développent pour soutenir la concurrence d’autres régions françaises et européennes sur certains marchés (VPC, publicité) : Rhône-Alpes réaffirme sa position (deuxième région française, ouverte au Sud) : les industries graphiques rhônalpines ont des perspectives favorables de renforcement d’une offre encore plus diversifiée.

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