Contrat d'Étude Prospective des Industries de la Communication Graphique en Rhône-Alpes Juillet 1998
Synthèse Document du GIRISE, mis en ligne par le CERIG
Chapitre 6 La formation initiale & l'accès des jeunes à l'emploi

Les formations initiales aux métiers des industries de la communication graphique sont assurées par 3 lycées, 1 CFA (ainsi qu’une Ecole d’ingénieurs incluant un CFA). Ces établissements préparent à une gamme de diplômes de l’Éducation Nationale allant du BEP (quelques CAP subsistent) au Bac Pro, au BTS et au titre d’ingénieur*.

*  Voir le chapitre 6 du rapport.
UN APPAREIL DE FI CORRECTEMENT DIMENSIONNE, EN DÉSÉQUILIBRE AU DÉTRIMENT DE L'IMPRESSION

Les rencontres et débats au cours du CEP permettent de considérer que l’appareil de formation initiale est correctement dimensionné : plus de 400 jeunes préparent les diplômes de l’Éducation Nationale, une centaine de diplômés sortent chaque année vers l’emploi après formation initiale.

On peut toutefois regretter le déséquilibre entre la filière PFI (très demandée par les jeunes, offrant moins de débouchés du fait de la "surproduction" de sortants de formation PAO/bureautique) et l’impression (souffrant d’une image plutôt négative eu égard à la réalité actuelle du métier). Il semble difficile de "rééquilibrer" vraiment cette répartition, mais la poursuite des actions d’information et d’orientation auprès des jeunes pourrait revaloriser la filière impression. On pourrait également voir comment réorienter des jeunes de la filière PFI vers l’impression - lors de l’entrée en première année comme à l’issue du BEP PFI.

STABILISER L'OFFRE DE FI ACTUELLE, MAIS RENFORCER LES BAC PRO EN IMPRESSION

En tout état de cause, il semble nécessaire de limiter les sections à celles qui seront ouvertes à cette rentrée 98-99, d’autant plus que les régions voisines créent des FI - alors qu’elles n’ont pas les besoins des industries de la communication graphique en Rhône-Alpes. Par contre, les effectifs en formation en Bac Pro impression semblent insuffisants par rapport aux besoins de la branche, il pourrait être opportun d’en renforcer les effectifs après un premier bilan de la rentrée 98 et la procédure habituelle passant par le PRDF - le GIRISE souhaitant être mieux entendu dans cette procédure relevant d’abord du partenariat EN/Région.

Les recrutements des entreprises se faisant maintenant au moins au niveau du Bac Pro, le "flux" de sortants de Bac Pro (moins d’une cinquantaine à partir de 2000, malgré l’ouverture de sections nouvelles) paraît un peu "juste". L’alimentation du Bac Pro Impression se faisant d’abord par les sortants de BEP impression, il est important de chercher à améliorer à la fois le niveau d’entrée (donc le recrutement) et de sortie de ces jeunes. On pourrait également chercher à élargir le recrutement vers d’autres BEP industriels - voire certains bacheliers. Reste à voir comment la branche peut attirer plus de jeunes vers les LP et le CFA avec une politique de communication plus active, pertinente et bien ciblée.

FAIRE ÉVOLUER LES RÉFÉRENTIELS DE DIPLÔMES

Les référentiels de diplômes (qui ne relèvent pas du CEP, ni du niveau régional), définis entre l’EN et la branche, sont jugés globalement pertinents. La profession souhaite cependant les voir évoluer avec les technologies et les métiers en tenant compte des convergences entre prépresse et impression avec le passage au "tout numérique". Cela impliquerait un " tronc commun ", mais aucunement une fusion des 2 options - l’extension des compétences propres à chacune menant déjà à un niveau ambitieux. La part plus importante d’abstraction et de théorie dans la formation initiale comme dans le métier n’est pas encore comprise par de nombreux jeunes et, pire, par leurs tuteurs en entreprise - ce qui justifie les efforts de coordination avec les établissements.

L'ACCUEIL DES JEUNES EN ENTREPRISE, LA FORMATION PERMANENTE DES ENSEIGNANTS & LES RELATIONS ÉTABLISSEMENTS / ENTREPRISES 

Si le dispositif de FI est globalement apprécié des professionnels avec qui il entretient des relations étroites facilitées par le petit nombre d’établissements, des problèmes sont cependant posés par l’ensemble des partenaires:

 

la saturation des capacités d’accueil en entreprise pour les jeunes (sous statut scolaire comme en apprentissage ou contrat de qualification) ;

la formation permanente des enseignants ;

les relations avec les entreprises.

L'ÉQUIPEMENT DES ÉTABLISSEMENTS : ENCORE DES MANQUES

Une autre question posée est l’équipement des établissements de formation initiale, forcément limité en raison du coût, de la complexité et de l’encombrement des matériels en impression et en finition. Reste à trouver des modalités d’accès des jeunes aux matériels les plus performants, plus particulièrement pour les nouvelles machines offset - d’autant plus que les entreprises ainsi équipées recrutent peu de sortants de Bac Pro impression, alors qu’elles sont en forte croissance d’effectifs.

L’équipement des établissements (financé par la Région, éventuellement avec une aide de la branche) nécessiterait une réflexion commune (types de matériels ou logiciels) et une évaluation des acquisitions et de leur mise en œuvre.

LA POURSUITE DES ÉTUDES APRÈS BEP & L'ACCÈS A L'EMPLOI DES JEUNES SORTANT DE BEP

Un problème reste, difficilement soluble, celui du cursus et des débouchés des BEP. En effet, les entreprises recrutant de plus en plus au niveau Bac Pro (voire plus), cela réduit d’autant les débouchés des sortants de BEP. Toutefois la sortie de BEP vers la vie professionnelle reste possible en impression, éventuellement après une adaptation. La profession (employeurs et salariés) considère que le BEP a toujours vocation à déboucher directement sur l’emploi. Les jeunes sortant de BEP (impression ou PFI) peuvent également trouver des débouchés dans des secteurs proches (reprographie, impression bureautique).

Les BEP font problème pour d’autres raisons : la majorité des jeunes entrant en BEP voudraient faire un cursus de 4 ans menant au Bac Pro, mais tous n’en ont pas les capacités (notamment du point de vue de l’enseignement général et théorique). Les sections Bac Pro recrutant d’abord les sortants de BEP de la filière, très demandeurs, il faudra bien raisonner au niveau d’un cycle complet en prenant les mesures pour permettre aux jeunes s’arrêtant en BEP de déboucher vers l’emploi et à ceux susceptibles de poursuivre de franchir les difficultés d’un niveau insuffisant.

LE BAC PRO : LE NIVEAU NORMAL DE FI AUJOURD'HUI

Le Bac Pro pose d’autres questions : de plus en plus d’entreprises recrutent comme conducteurs offset des jeunes bacheliers, sortants de BTS (avec ou sans diplôme), voire de DUT qu’elles forment après embauche. Elles risquent d’avoir à termes des difficultés pour offrir à ces jeunes de véritables perspectives professionnelles correspondant à leurs attentes.

Cela fait question dans la mesure où ces entreprises recrutent peu (ou pas) de jeunes sortant des Bac Pro de la branche et accueillent peu de jeunes en PFE, en CA ou en CQ. Il faudra voir comment les entreprises concernées (souvent de grosses PME rattachées à des groupes extérieurs) peuvent s’ouvrir plus à la formation (PFE et alternance) en Bac Pro et aux sortants de Bac Pro (surtout en impression), le niveau réel des Bacs Pro étant parfois sous-évalué.

En tout état de cause, avec le passage au "tout numérique" qui demande des compétences pour l’ensemble de la chaîne graphique (donc en amont de l’impression pour les imprimeurs, en aval du prépresse pour la PFI, le Bac Pro (en PFI comme en impression) devient un minimum. Il pourrait s’avérer utile de donner aux Bacs Pros (surtout en impression) des compléments pour leur permettre une maîtrise de la chaîne graphique. Les solutions restent à étudier, notamment de type CQP ou Bac Pro PFI en 1 an pour des sortants de Bac Pro impression ou vice versa.

S’il apparaît nécessaire de faire évoluer le référentiel (notamment vers un tronc commun impression/PFI), le Bac Pro doit normalement former des conducteurs de niveau approprié : il ne serait pas réaliste de généraliser une sorte de troisième année de Bac Pro (en FCIL pas plus qu’en CQP). D’ailleurs, pour la profession (GIRISE et représentants des salariés), les CQP ont comme vocation première la formation de salariés en activité, complétant et validant une expérience et des savoir-faire acquis en entreprise - les représentants des salariés souhaitant une politique partenarial de validation des acquis par des CQP.

On pourrait également former en Bac Pro d’impression en 1 an des bacheliers d’autres filières industrielles ou permettre aux "meilleurs éléments" sortant de Bac Pro impression de poursuivre par un Bac Pro PFI - en prenant garde de ne pas évincer des sortants de BEP de niveau suffisant voulant poursuivre en Bac Pro. Cela répondrait à la convergence des métiers avec le passage au "tout numérique".

DES BESOINS DE BTS POUR LA BRANCHE

Les TPE/PME recrutent de plus en plus (en tout petit nombre) des BTS pour des fonctions de productique graphique, de gestion de réseaux, voire de maintenance. Les flux de sortie des BTS des industries graphiques semblent en-deçà des besoins - comme en témoigne l’intérêt d’un nombre croissant d’entreprises pour le nouveau BTS à la SEPR et l’offre d’emplois dépassant largement le nombre de sortants de BTS d’Argouges. Il faudrait voir comment accroître significativement les effectifs des BTS des industries graphiques - notamment en alternance. Cela pourrait également concerner des jeunes professionnels de bon niveau après quelques années d’expérience - certains pourraient ensuite devenir commerciaux sédentaires (chefs de fabrication, cf. infra).

L'ALTERNANCE : UNE PRATIQUE ANCIENNE DE LA BRANCHE, ÉTENDUE AVEC LES PÉRIODES DE FORMATION EN ENTREPRISE

La formation en alternance a traditionnellement une place importante dans les industries graphiques : la moitié des effectifs de la SEPR dans ces métiers sont en alternance (CA ou CQ). Mais l’alternance en CA et en CQ, liée à la conjoncture a connu une période difficile avec la crise du milieu des années 90.

La généralisation des PFE permet de considérer que tous les jeunes en FI (apprentis et jeunes sous statut scolaire) font maintenant de l’alternance - ce qui sature les capacités d’accueil des entreprises qui veulent bien les recevoir (cf. supra). Cela risque de mener à une certaine concurrence entre établissements de la région, mais aussi avec ceux des régions voisines qui ouvrent des sections : une concertation semble nécessaire avec l’EN et la Région.

L'ALTERNANCE : ENCORE TROP PEU D'ENTREPRISES QUI FORMENT POUR LA BRANCHE

L’alternance, célébrée par une majorité de chefs d’entreprise, n’est pratiquée que par une petite minorité d’entreprises (surtout TPE et petites PME) qui forment pour l’ensemble de la branche - notamment pour la grande majorité qui ne prennent pas de jeunes en CA ou CQ, ni même en PFE et n’embauchent pas de jeunes sortants des FI des industries graphiques.

Reste à voir comment développer l’action de la profession pour impliquer plus d’entreprises dans l’alternance dans le cadre de la "charte de partenariat". Cela passe par une amélioration des relations avec les entreprises et les tuteurs - supposant des dispositions et des moyens, notamment pour les CQ. Cela vaut également pour les PFE (jeunes sous statut scolaire).

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