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Du nouveau dans les télécommunications : l'ADSL
Jean-Claude Sohm - CERIG / EFPG
(novembre 1998)
V - Les perspectives
 
V-1 Aux États-Unis       Précédent      Sommaire      Suite

Quand on analyse la situation qui prévaut dans ce pays, on constate que, sur les 102 millions de foyers :

    97 millions possèdent au moins un téléviseur ;
  83 millions sont situés à proximité d'un câble TV ;
  65 millions sont raccordés à un câble TV ;
  50 millions possèdent au moins un micro-ordinateur ;
  20 millions sont équipés pour interroger Internet ;
  1/2 million interroge Internet via le câble (prévision pour la fin de 1998).

Certes, sur les 65 millions de foyers raccordés au câble, seuls 12 millions seulement le sont en bi-directionnel ; mais leur nombre croit rapidement, parce que les câblo-opérateurs font des efforts pour mettre à jour leur réseau, qui est ancien. Mais pour fournir à leurs abonnés l'accès rapide à Internet, les câblo-opérateurs disposent d'une "fenêtre d'opportunité" limitée à quelques années seulement. D'ici un à deux ans, le marché de l'ADSL démarrera pour de bon, et dans 4 à 5 ans, les constellations de satellites en orbite basse arriveront peut-être en force. Certains analystes pensent que l'ADSL devrait l'emporter, parce que la boucle locale va partout (ce qui n'est pas le cas du câble), et que l'investissement correspondant est amorti (ce qui n'est pas le cas du satellite). En fait, l'issue de cette lutte découlera de la politique tarifaire que les compagnies de téléphone appliqueront, en particulier aux internautes.

Les États-Unis comptent 60 à 80 millions de personnes utilisant Internet de manière suivie, les particuliers représentant une bonne moitié de ces internautes (les personnes qui interrogent Internet à la fois au travail et à la maison sont comptées deux fois). La majeure partie d'entre elles se raccorde à Internet via un modem et une ligne de téléphone analogiques. Il leur en coûte 20 $ par mois d'abonnement à un fournisseur d'accès (pour 100 heures de connexion), et ils n'ont pas de frais de communications locales à rajouter, ces derniers étant inclus forfaitairement dans leur abonnement au téléphone. Ceux qui utilisent le câble payent leur fournisseur d'accès 40 à 60 $ par mois, le service qu'ils obtiennent est nettement plus rapide, mais ils n'ont pas le libre choix de leur fournisseur d'accès (ISP). Rares sont ceux qui utilisent le RNIS (appelé ISDN aux États-Unis), ce service étant facturé trop cher par la plupart des telcos. Si les telcos offrent l'accès à Internet aux particuliers via l'ADSL à un coût mensuel supérieur à 60 $ par mois, elles ne séduiront éventuellement que ceux qui ne peuvent pas accéder au câble, ou qui veulent choisir librement leur ISP.

 
V-1 En France       Sommaire

La situation du câble est mauvaise, comme chacun sait. Sur 22 millions de foyers, seulement 2,5 millions sont raccordés au câble (lequel est essentiellement bi-directionnel). Ce chiffre est le plus bas d'Europe (pays du sud exceptés), pour des raisons multiples, dont la plus importante résulte de l'ineptie du "plan câble" (1982-1986). De plus, on s'attend à ce que la progression du nombre des foyers raccordés au câble plafonne bientôt, à cause du succès grandissant de la diffusion de la télévision par satellite (les deux courbes de croissance se croisent actuellement).

Dans la majorité des cas, le propriétaire des réseaux câblés est France Télécom : l'opérateur historique a bénéficié d'un monopole de droit pour la pose du câble jusqu'en 1986, et il a gardé un monopole de fait jusqu'à une date récente. Personne ne s'étonnera donc qu'à Paris, il se soit opposé (grâce à deux années de procédure) au développement de l'interrogation d'Internet via le câble. Il est également câblo-opérateur : on comprend qu'en tant que tel, il ait longtemps hésité à ouvrir son réseau câblé à la connexion à Internet.

Pour ces différentes raisons, le câble ne représente pas en France un concurrent sérieux pour la boucle locale : rien ne presse, donc, pour implanter les procédés DSL. France Télécom en est encore au stade des essais : le dernier en date a été lancé au mois de novembre 1997, dans la région parisienne (Noisy-le-Grand, Villiers-sur-Marne et Gournay-sur-Marne), pour une durée de 20 mois. Le coût de l'abonnement est de 279 F/mois ; quelques milliers de personnes sont concernées, ainsi que quelques petites entreprises.

Pour établir une véritable situation de concurrence sur la boucle locale, la Commission Européenne conseille fortement aux opérateurs de téléphone -- en attendant des mesures plus coercitives -- de se séparer de leur activité câble. C'est ainsi que Deutsche Telekom a filialisé son importante activité dans ce domaine (17 millions d'abonnés), et qu'il s'apprête à la vendre. Se recentrant sur son métier de base d'opérateur téléphonique, il prévoit l'installation de 70.000 connexions ADSL dans 43 villes en l'an 2000. France Télécom a récemment parlé de la possibilité de se séparer de son activité câble : attendons la suite.

 
 
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