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Vous êtes ici : Accueil > Technique > Consommables > Les encres offset > Synthèse           Révision : 03 juillet 2001
Les encres offset de labeur
Dominique Gilet - CERIG
(Juin 2001)
XI - Synthèse de l'étude
 
XI-1 Synthèse     Précédent     Sommaire     Suite

Dans un contexte où l'impact des entreprises sur l'environnement est de plus en plus contrôlé, aussi bien que l'impact des produits (matières premières, énergie mise en jeu, fabrication, élimination), de nombreuses questions se sont posées vis-à-vis des produits imprimés et plus particulièrement sur l'un des consommables nécessaires pour les réaliser : l'encre. Par ailleurs, les industries graphiques font partie des dix branches industrielles les plus consommatrices de solvants, c'est donc aussi dans l'optique de cerner les sources d'émissions de solvants que l'étude a été réalisée.

Étant donné que les produits sont majoritairement imprimés en offset (environ 80 % en volume), la première étape a consisté à établir un état des lieux au sujet des encres nécessaires à l'impression offset des produits du labeur (livres, périodiques, calendriers, brochures, etc.). Cette étude bibliographique porte sur ces encres et les différents types qui entrent dans cette catégorie : encres quickset, encres heatset, encres UV ou EB, waterless, végétales. Les points suivants sont abordés : marché de l'imprimerie et des encres, composition, utilisation, fabrication, élimination, recyclage. Le but de cette étude est également d'orienter les futures recherches de façon à se focaliser sur les points les plus "polluants" et de pouvoir les améliorer, enfin de pouvoir promouvoir certains produits plutôt que d'autres.

 
XI-2 Résultats     Sommaire

À ce jour, la France compte 5 fabricants d'encres offset : Sun Chemical (qui a acquis Coates Lorilleux), Sicpa, BASF, Brancher, Campion. Le marché français des encres s'élève à environ 60 000 tonnes d'encres offset pour rotatives (encres heatset) et environ 11 000 tonnes d'encres pour machines à feuilles (quickset, UV) (AFEI, 2000).

Concernant les émissions de composés organiques volatils (COV) dans le procédé offset, il s'avère qu'elles émanent principalement de la présence de la solution de mouillage et des étapes de nettoyage. Néanmoins, les questions se faisant de plus en plus fréquentes quant à leur origine au niveau des encres, c'est un point qui a été analysé : l'étude des processus de séchage et de la composition des encres offset montre que, à température ambiante, aucune encre offset n'est source d'émissions de solvants avant impression. Au cours du séchage, les encres heatset, soumises à des températures élevées dans des sécheurs à air chaud, émettent des composés organiques volatils provenant des distillats pétroliers, récupérés puis éliminés par des systèmes adaptés (épurateur thermique récupératif ou régénératif) : le taux d'émissions de COV est de l'ordre de 80-90 % des distillats pétroliers contenus dans l'encre. Dans le cas des encres quickset, le taux d'émissions de l'ensemble des huiles contenues dans l'encre est d'environ 5 %. Les huiles pétrolières fluides pénètrent dans le support, tandis qu'en surface, les autres éléments polymérisent grâce à l'oxygène de l'air. Une autre source potentielle d'émissions, bien que minime, est la formation de sous-produits d'oxydation des huiles siccatives (aldéhydes, cétones, acides carboxyliques).

Les encres UV et EB font appel, pour leur séchage, à des mécanismes de photopolymérisation, ce qui n'implique aucune évaporation de solvant. Ces dernières ont une composition basée sur des acrylates. Des prépolymères (équivalents des résines dans les encres conventionnelles) et des monomères (équivalents des solvants), à base d'acrylates, polymérisent grâce à la présence de photo-amorceurs dans le cas des encres UV, seuls dans le cas des encres EB, sous l'effet derayons UV ou de faisceaux d'électrons. Toutefois il subsiste un frein à leur développement : le coût supplémentaire des équipements et des encres. Des précautions de manipulation leur font une mauvaise réputation, même si aujourd'hui cet aspect a évolué dans le bon sens.

Par ailleurs, le procédé waterless, bien connu depuis de nombreuses années, a également un bel avenir devant lui. En effet, le principe n'est pas récent : il consiste à supprimer la solution de mouillage et à remplacer le principe de la répulsion entre la solution de mouillage et l'encre, par la répulsion entre le silicone des plaques et de l'encre. Il permet de supprimer les désavantages liés à la solution de mouillage, mais des contraintes techniques et des coûts plus élevés en font un procédé sous-utilisé. La composition des encres waterless est très proche des encres conventionnelles, mais un ajustement rhéologique est indispensable. Aujourd'hui, ce procédé connaît un regain d'intérêt dans la mesure où il estinstallé sur certaines machines par les constructeurs, et que l'on voit apparaître sur le marché des encres waterless à l'eau, lavables à l'eau. Les visiteurs de la dernière Drupa 2000 ont pu voir un système semblable au procédé waterless, sans solution de mouillage apparente puisqu'elle était intégrée à l'encre ("single fluid"), fonctionnant avec des plaques traditionnelles.

Le deuxième point qui se dégage de cette étude concerne le remplacement des huiles d'origine pétrolière par des huiles d'origine végétales, donc issues de ressources renouvelables. Ce remplacement s'effectue dans certaines encres, notamment les encres quickset, ajoutantun léger surcoût à ces encres (10 % environ des encres quickset vendues en France sont "végétales"). Pourtant une étude a montré que l'impact environnemental d'une encre végétale quickset (aux USA, une encre est appelée "végétale" si elle contient au moins20 % d'huile de soja), comparée à une encre à base pétrolière, est loin d'être négligeable et que les composants doivent être choisis avec soin pour ne pas pénaliser trop lourdement certains critères environnementaux par rapport è d'autres.

Plusieurs solutions actuellement proposées visent à réduire les émissions de COV et l'utilisation des distillats pétroliers. Toutefois, on peut regretter l'absence d'analyse globale de l'encre, intégrant sa fabrication, son utilisation (séchage, nettoyage, prise en compte de la solution de mouillage) et son élimination (recyclage des imprimés, incinération), notamment pour tout ce qui concerne les données énergétiques. C'est le troisième point mis en avant dans notre étude.

En effet, pour promouvoir une encre ou un procédé plutôt qu'un autre, il faut envisager l'encre dans son ensemble, avec toutes les étapes de son cycle de vie, ce qui n'est malheureusement pas encore entré dans les habitudes. Quelques éléments sont à noter toutefois, notamment en qui concerne le désencrage des imprimés. L'apparition des encres UV par exemple dans les papiers récupérés a été pendant longtemps un obstacle à un bon désencrage. Aujourd'hui, sans connaître exactement les coûts et les impacts réels, l'avancée dans les techniques de désencrage permet de désencrer correctement les imprimés UV. De plus, les encres "végétales" quickset ont fait l'objet de recherches actives qui ont permis de dégager les paramètres nuisant à un bon désencrage : vieillissement d'un imprimé, degré élevé d'insaturation des huiles végétales et les siccatifs "à cœur". Enfin, une autre étude remarquable a porté sur le désencrage des encres heatset. Elle rapporte qu'un taux de résines alkydes important ainsi que la siccativité des huiles contenues dans l'encre défavorisent le désencrage de ces imprimés. En outre, le désencrage est plus aisé avec papier couché que non couché, et la présence de pâte mécanique n'est pas recommandée.

Ces études menées sur le désencrage de ce type d'imprimés est une avancée logique puisqu'il s'agit d'un enjeu majeur dans un contexte où il faut récupérer et recycler le maximum de déchets imprimés.

 
XI-3 Conclusion     Sommaire

Cette étude montre donc surtout qu'aujourd'hui, personne n'est en mesure de conseiller telle encre plutôt que telle autre pour des raisons environnementales. Or les démarches de type "analyse de cycle de vie " concernent l'étude des produits dans leur ensemble pour mesurer leur impact global sur l'environnement. Aujourd'hui, de plus en plus de mesures environnementales visent à réduire tous les types de pollution. Il s'avère donc que ces démarches seront indispensables à l'avenir, non seulement pour les encres offset mais pour l'ensemble des encres nécessaires aux autres procédés d'impression.

 
 
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