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         Révision : 23 novembre 2000
Les presses numériques dans l'imprimerie
Éliane Rousset, Jocelyne Rouis et Jean-Claude Sohm - EFPG/CERIG
(06 novembre 2000)
III - Le développement du Computer To Press
 
III-1 Introduction

Pour avoir une vue d'ensemble de ce secteur, il convient de repositionner les acteurs dans le temps. C'est Heidelberg* qui proposa le premier, en 1991, une solution au "Computer To Press" avec la presse GTO-DI, où DI signifie "Direct Imaging". Le procédé, encore appelé "Digital On-Press Imaging", consiste à graver in situ les plaques déjà montées sur les cylindres. Le procédé DI conjugue qualité d'impression et rapidité d'exécution, grâce à l'utilisation directe des données provenant du prépresse, et surtout grâce à la gravure simultanée des plaques sur presse, assurant ainsi un parfait repérage.  La technique de gravure des plaques par électro-érosion initialement utilisée par Heidelberg donnait des résultats de qualité moyenne, mais l'introduction de la gravure laser (laser imaging) en 1993 améliora la situation. En 1995, Heidelberg mis sur le marché une nouvelle presse numérique appelée QuickMaster DI. Plus de 1300 exemplaires de cette machine ont été vendus dans le monde entier.

Le succès de la QuickMaster encouragea la concurrence. Adast mis sur le marché en 1997 une presse numérique au format A2 baptisée 705C DI, laquelle ne rencontra guère de succès. Ensuite KBA et Scitex proposèrent une presse, baptisée 74Karat, dont les ventes n'ont débuté que très récemment. Si pendant presque 10 ans ce secteur est resté plus ou moins marginal, et largement dominé par Heidelberg, la situation a complètement changé cette année : treize machines "Computer To Press" ont été exposées à la Drupa 2000. Les nouveaux venus dans ce créneau particulier s'appellent Komori, Sakurai, Ryobi (site web indigent !), et de nouveau Adast à travers un partenariat avec Presstek. Le procédé DI d'insolation directe des plaques sur la presse semble avoir maintenant atteint sa maturité technique, et le nombre de presses installées devrait croître rapidement. A court et à moyen terme, le procédé DI a le vent en poupe. A plus long terme, il pourrait souffrir de la concurrence des procédés d'impression personnalisée. On notera que la plupart des machines DI utilisent un système de gravure mis au point par Presstek, avec des plaques silicone utilisant le procédé d'offset sans mouillage ("waterless").

 
III-2 La technologie

La plaque est essentiellement un film polyester recouvert d'une couche silicone.  On trouvera des précisions concernant les plaques dans deux dossiers du CERIG : L'offset sans mouillage, et les systèmes Computer To Plate.

L'image est obtenue grâce à une barrette de diodes laser qui gravent par ablation les futures zones imprimantes. Cette technologie (ProFire) a été mise au point par Presstek. Un procédé concurrent (SQUAREspot) a été mis au point par CreoScytex.

 
III-3 Les presses
 
III-3-1 Les presses numériques d'Heidelberg

La première presse numérique d'Heidelberg est la GTO DI en 1991. C'est une machine en quatre couleurs, à faible laize, fonctionnant en offset sans mouillage ("waterless"), dotée d'une alimentation automatique en plaques à partir d'une bobine, et d'un prix raisonnable. 

À la DRUPA de 1995, Heidelberg a présenté une autre presse, la QuickMaster DI 46-4, basée sur la technologie Presstek. Les rayons émis par les diodes laser IR passent par des câbles à fibres optiques pour arriver sur des systèmes optiques qui les focalisent en un faisceau d'une grande précision. L'opération de gravure ne dure que 6 minutes, pour atteindre une résolution standard de 1270 dpi permettant d'imprimer une trame de 150 lpi et pouvant aller jusqu'à 2540 dpi (offset de haute qualité), avec un format maximal de 460 x 340 mm. Cette presse est prévue pour imprimer de 5.000 à 20.000 exemplaires.

En 1999, Heidelberg a introduit une nouvelle presse numérique DI, baptisée SpeedMaster 74 DI. Cette machine est disponible en 4, 5 ou 6 couleurs avec sécheur, retiration et groupe vernis en option. Elle permet de graver in situ des plaque thermiques sans développement à partir des données du pré-presse, en utilisant le système d'insolation SQUAREspot de CreoScytex.

 
III-3-2 La presse Dicoweb de MAN Roland

La Dicoweb de Man Roland est une presse offset originale alimentée par une bobine. Du point de vue de ses potentialités, cette presse fût l'un des points phare de la DRUPA 2000.

La partie Computer To Press (transmission des données numériques et système d'insolation) a été développée par la société canadienne CreoScitex, le développement de la presse revenant à MAN Roland. Le cylindre de forme d'impression en acier poli (hydrophile) est imagé par transfert thermique à partir d'un ruban donneur recouvert d'un polymère, et ce grâce à un laser infrarouge haute résolution. Les zones imprimantes en polymère sont ensuite fixées sur la surface du cylindre par la chaleur, ce qui permet d'assurer leur tenue au cours du tirage. Le temps d'insolation est de 5 minutes environ pour un format A3 avec une résolution de 2400 dpi. La taille des points gravés est alors de 11 microns. La résolution peut atteindre 3200 dpi.

L'impression se fait selon le procédé offset humide conventionnel. Pour créer une nouvelle image, l'encre et le polymère de transfert thermique sont éliminés du cylindre au moyen d'un solvant spécial et d'un voile de nettoyage, comme un système de lavage automatique de blanchet. La Dicoweb offre de nombreux formats grâce au remplacement aisé des manchons et au changement des cylindres de base. Elle est conçue pour des tirages couleur de 500 à 30.000 exemplaires.

La Dicoweb Gravure, d'une approche similaire, utilise un procédé de gravure directe pour une presse hélio. Mais cette version n'est encore qu'un prototype.

 
III-3-3 La presse DocuColor 400 DI de Xerox

Cette machine a été développée conjointement par Xerox et Presstek. C'est une presse cinq couleurs, qui utilise l'offset sans mouillage, et peut imprimer 12000 pages à l'heure.

 
III-3-4 Adast revient sur le marché

Malgré un premier essai malheureux, le constructeur tchèque Adast a présenté à la Drupa 2000 une presse numérique baptisée "557 DI". C'est une machine en cinq couleurs, de format B3, rentable même pour de très courtes séries (200 exemplaires), et qui utilise la technologie Presstek. L'image est gravée à l'aide de diodes laser. Une variante à jet d'encre est destinée à concurrencer la machine Indigo. On trouvera d'autres détails concernant cette machine sur le site eshowdaily.

 
III-3-5 La presse PAX DI

Presstek et Adast ont développé, dans un partenariat, une nouvelle presse en format A3 : La Pax DI. C'est une presse offset sans mouillage, en 4 ou 5 couleurs. Sa vitesse d'impression est de 12 000 imprimés par heure. Elle est basée sur le nouveau système de gravure de Presstek : ProFire, permettant un changement des plaques en moins de 10 minutes. Selon certaines sources, elle serait aussi commercialisée par Xerox.

 
III-3-6 La TruePress de Dainippon Screen

Les détails techniques concernant cette machine peuvent être consultés en déchargeant le document pdf du site de Screen Europe. Cette presse à deux cylindres est destinée aux courts tirages. Elle utilise les encres classiques de l'offset. Elle peut fournir 4000 pages à l'heure en quatre couleurs. La manipulation et l'insolation des plaques sont entièrement automatisées.

 
III-3-7 La presse 3404DI de Ryobi

Cette presse numérique à cinq cylindres a été présentée à la Drupa 2000. Elle a été conçue en liaison avec Presstek, dont elle utilise les derniers perfectionnements en matière de Direct Imaging. La commercialisation commencera au mois de décembre 2000.

 
III-3-8 La presse Oliver-474DPII DI de Sakurai

Comme la précédente, cette machine sera disponible au mois de décembre prochain. Elle peut fonctionner en mode DI ou en mode offset normal. Dans le premier mode, elle utilise des plaques Presstek PEARLgold.

 
III-3-9 La presse 74 Karat de KBA

Annoncé il y a déjà un an, cette presse est désormais commercialisée par Karat Digital Press, une joint venture de Scitex et KBA. Sur le site web correspondant, on trouvera une présentation de la machine, ses spécifications, et des précisions sur la technologie employée. Le système de gravure des plaques est bien entendu celui de Presstek.

 
III-3-10 Les presses numériques en projet

La société Didde Web Press a annoncé une alliance avec Presstek pour développer une presse DI UV. La société Komori a annoncé à la Drupa 2000 son projet de machine utilisant les têtes d'insolation de CreoScitex. Shinohara a annoncé son alliance avec Presstek. La société japonaise Akiyama Printing Machinery Manufacturing Corporation développe une version numérique de sa presse offset J Print.

 
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