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         Novembre/Décembre 1999
L'offset sans mouillage ou "Waterless"
Par Anne Blayo (EFPG) et Dominique Gilet (CERIG/EFPG)
VI - Les marchés
VI 1 Une implantation mondiale difficile

Bien que le procédé "Waterless" ait de réels avantages par rapport aux différents autres procédés d'impression, notamment en terme de qualité, d'environnement et d'économies, on constate qu'il a encore beaucoup de mal à s'implanter dans les imprimeries. Il garde la réputation d'être coûteux et peut-être pas suffisamment au point.

De plus, l'histoire de la plaque de 3M d'abord, puis la sensation de s'enfermer dans une solution dépendant d'un seul fournisseur (Toray pour la plaque), ont retardé d'autant l'essor qu'aurait pu logiquement prendre ce procédé.
Ceci explique très certainement la méfiance qui reste aujourd'hui à son égard et surtout la faible part de marché qu'il occupe actuellement.

Depuis son apparition, trois grandes vagues d'intérêt se détachent dans la littérature :

- Avant les années 90 avec l'apparition de la plaque Toray et les premières applications industrielles,
- Les années 95 avec l'apparition du numérique et la machine Heidelberg GTO-DI,
- Aujourd'hui, avec le brevet de la plaque Toray tombant dans le domaine public.

Ce phénomène montre bien que sa mise au point n'est pas finie et que l'intérêt des imprimeurs suit de prêt les évolutions techniques.

Implantation dans le monde

Toray Industries, entreprise Japonaise, a travaillé pendant des années au développement de ses plaques avant de les commercialiser dans son propre pays en 1979. Ainsi ce procédé s'est introduit relativement rapidement et dans des conditions favorables dans ce pays. Un grand nombre d'imprimeurs ont opté pour ce procédé qui selon eux nécessitait de la main d'oeuvre moins qualifiée et augmentait la productivité. Ainsi, en 1994 , on dénombre au Japon 600 rotatives à bobines et presses à feuilles dédiées à l'offset "Waterless" et ne fonctionnant qu'avec ce procédé. En plus, il y aurait près de 900 machines équipées de systèmes de régulation de température permettant de fonctionner soit en offset conventionnel, soit en offset sans mouillage [Odoni].

Dans diverses sources bibliographiques, on peut trouver des estimations du nombre d'imprimeurs qui utilisent ce procédé. Toutefois, certaines d'entre elles manquent de précision dans le type de machines qu'elles ont pris en compte. Nous retiendrons donc les deux grandes tendances suivantes :

1) En terme de proportions d'imprimeurs, une étude réalisée par le GAMIS (Graphic Arts Marketing Information Service) en 1997 affirme que seulement 5% des imprimeries de labeur dans le monde utilisaient ce procédé [Teng, juillet 98]. Le Japon arrive en tête avec près de 15% de machines offset "Waterless" parmi l'ensemble des machines offset feuilles. En Europe, ce procédé est présent dans 1,5% des imprimeries, principalement en Suède et en Allemagne où le taux atteint 3%. Notons qu'au Danemark, la volonté de réduire la pollution par les COV étant très forte, les autorités souhaitent atteindre un taux de 7% d'ici l'an 2000. Au Royaume Uni, pour les mêmes raisons, ce taux devrait atteindre 10 à 15%.

2) En terme de nombre de machines ou plus exactement d'imprimeurs, A.W. LeFebvre, Président de la WPA (Waterless Printing Association), évalue au début de l'année 1999 à 1500 le nombre d'imprimeurs dans le monde utilisant ce procédé. Parmi eux, 500 utiliseraient les plaques Toray/Presstek hors machine et 1000 utiliseraient les Quickmaster DI, GTO DI et Omni Adast avec insolation directe sur machine.

En fait, ce procédé s'est répandu de façon tout-à-fait transparente avec l'apparition des presses numériques Heidelberg (en 1995) et Karat (1998 pour les tests), ce qui a entraîné par là même une croissance des ventes d'encres spécifiques au "Waterless". Aujourd'hui, entre 40 et 50% de l'ensemble des machines offset sans mouillage proviennent de Heidelberg (la GTO-DI qui n'est plus fabriquée mais 150 machines sont encore en fonctionnement et la QuickMaster-DI avec 1000 unités environ). [Tolliver-Nigro, mars 99]

L'intérêt vis-à-vis de ce procédé est donc incontestable et mondial, ce qui est confirmé par la WPA dont les adhérents sont issus de plus de 25 pays différents.  

VI 2  Les produits imprimés : des niches dans la plupart des cas

Aujourd'hui, pour les grands formats, l'offset "Waterless" est surtout utilisé sur les machines feuilles et très peu sur rotatives à bobines. Ceci s'explique par le fait que la qualité n'est pas l'argument principal pour les produits imprimés sur rotative avec sécheurs. De plus, les émanations de COV liées à la composition des encres "heatset" ne sont pas modifiées par le procédé "Waterless". De plus les plaques ne sont pas encore assez résistantes pour les longs tirages traditionnellement réalisés sur rotatives. Par contre, les petits formats tels que les étiquettes privilégeront les rotatives.

Si l'on intéresse aux produits imprimés, on constate que ce procédé n'est utilisé que pour des "niches", des produits qui ont une forte valeur ajoutée ainsi que les produits de luxe (étiquettes de bouteilles, parfums, reproductions d'oeuvres d'art) du fait de sa bonne qualité et du brillant obtenu.

En effet, lorsque les imprimés exigent une très bonne qualité d'impression avec peu d'engraissement du point, un bon contraste, de fortes densités, des détails dans les tons clairs ou dans les ombres, ou encore un excellent registre des couleurs, le procédé "Waterless" est tout indiqué pour répondre à ces besoins.

On trouvera ainsi le procédé "Waterless" bien répandu dans le dans le domaine de l'étiquette. Les encres waterless UV sont ici les plus intéressantes du fait de leur excellent rendu et du séchage rapide.

Dans le domaine de l'emballage, l'offset "Waterless" est très intéressant pour les tirages moyens, par rapport à l'hélio ou à la flexo, surtout pour l'emballage des produits hauts de gamme. On le trouvera également dans le domaine des emballages pharmaceutiques où la finesse des détails est exigée.

Grâce à cet argument également, on imprimera les ouvrages médicaux reproduisant des clichés radiographiques ou d'IRM, où les demi-tons et les détails prennent sont d'un grande importance puisque les images servent au diagnostic et à l'apprentissage. 

Par ailleurs, certains supports tels que l'aluminium ou certains plastiques peuvent être imprimés par ce procédé qui facilite le séchage des encres étant donné l'absence de la solution de mouillage.

Certains imprimés sortent toutefois de ces catégories par soucis écologique. On trouvera par exemple des rapports d'activité dont celui de Ford dont le PDG souhaite renforcer son image environnementale.

Une rentabilité pour les faibles et moyens tirages

La Quickmaster DI 46-4 est donnée par Heidelberg comme rentable pour des documents de 100 à 5000 exemplaires, avec une qualité bien meilleure que les imprimantes à jet d'encres puisqu'elle est au moins équivalente à celle de l'offset traditionnel. Au-delà en terme de tirage, on choisira l'offset conventionnel .

Dans l'ensemble, suivant les machines, ce procédé est adopté pour les tirages faibles ou moyens (100 à 25000 exemplaires). On peut supposer que cette gamme va s'étendre au-delà étant donné que les plaques permettent à présent d'aller jusqu'à 100 000 exemplaires, voire plus.

 
 
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