CERIG - Janvier 1999

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Chapitre 6

Les réseaux publics de transmission de données

Jean-Claude Sohm

 

1 - Le problème

En téléphonie, une voie est réservé à une communication aussi longtemps que dure cette dernière. Au cours d'une conversation téléphonique normale, cette voie est utilisée de manière régulière. Bien que les silences entre les paroles occupent environ 50% du temps, l'utilisation de la ligne peut être considérée comme efficace.

Les données informatiques sont générées de manière très irrégulière, par rafales (ex : l'interrogation du web). Réserver une voie à leur transport entraîne une sous-utilisation des lignes. Ce gaspillage de moyens a pour corollaire un gaspillage d'argent, particulièrement sensible sur les longues distances.

 

2 - La solution

Pour résoudre ce problème, on a créé un nouveau type de réseau appelé réseau public de transmission de données (en anglais : PDN, Public Data Network). Il fonctionne selon le même principe que le réseau téléphonique (données transmises sous forme de paquets), il utilise le même support (fibre optique), mais il est géré différemment.

Une voie (ou circuit virtuel) est attribuée à chaque transfert de données, mais cette voie ne lui est pas réservée : les paquets d'un autre transfert peuvent aussi l'emprunter. A chaque nœud du réseau, les paquets font la queue, et ils sont traités par le commutateur dans l'ordre de leur arrivée. Le procédé s'appelle la commutation de paquets, par opposition à la commutation de circuit utilisée en téléphonie.

On traduit cette situation en disant que la capacité du réseau de transmission de données est partagée ("shared" en anglais) entre tous les utilisateurs.

Le protocole X.25 a été très longtemps utilisé sur les PDN, au point qu'on les appelait parfois "réseaux X.25". Aujourd'hui, la plupart des PDN ont migré vers le relais de trame (en anglais : frame relay), au protocole simplifié.

 

3 - Conséquences

Le coût du transport des données a beaucoup baissé. Il est facturé au volume d'information transféré, et non au temps et à la distance comme c'est le cas sur le réseau téléphonique.

Par contre, le délai d'acheminement de l'information est variable, et ce de manière imprévisible. C'est un inconvénient mineur lorsque les données ne sont pas isochrones, mais on obtient généralement un résultat médiocre quand on essaye de faire transporter la voix par un PDN.

 

4 - Comment se connecter à un réseau public de transmission de données

La solution dépend du type de connexion dont on a besoin.

 

5 - Un peu d'histoire

Aux États-Unis, depuis le démantèlement d'AT&T en 1983, l'exploitation de la boucle locale et le transport des données (voix comprise) à longue distance sont assurés par des entreprises différentes. Sur la longue distance, il n'y a ni monopole de droit, ni monopole de fait, et le règne de la concurrence a conduit au transport des données sur PDN à un coût avantageux.

Dans ce domaine, l'Europe a pris au départ une mauvaise direction, en confiant aux compagnies nationales de téléphone le monopole du PDN de chaque pays, au lieu de créer des réseaux européens. Pour connecter entre eux les réseaux nationaux, on a du créer des NIT (Nœud International de Transit). La présence de ces NIT, et l'absence de concurrence, ont conduit à des coûts de transport des données plus élevés qu'aux États-Unis.

En France, le monopole des réseaux a été supprimé en 1993, mais France Télécom a gardé le monopole de ses lignes jusqu'en 1998, ce qui a permis à Transpac de conserver un quasi-monopole de fait.

La tendance actuelle consiste à créer des PDN "sans coutures" (seamless), s'étendant au monde entier, sans le moindre NIT.

 

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