cerig Formation en ligne Révisé : septembre 2000
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Carte de l'exposé
Plan de l'exposé
Glossaire de l'exposé
Première partie
I. La conception du site
1. Introduction
2. Les choix initiaux
3. Bâtir le projet
4. Gérer le projet
5. Conclusion
I - Introduction  [retour en haut de la page]
1. Un site web ne s'improvise pas
Il existe de tout petits sites qui ne comportent guère plus d'une page, des sites monstrueux qui en comportent des milliers, et beaucoup de sites de taille moyenne qui en comportent quelques dizaines. Créer un site web nécessite donc, en règle générale, un minimum d'organisation. La présente page décrit le déroulement des opérations dans l'ordre chronologique
2. Le web n'est pas un media comme les autres
Tous ceux qui font leurs premières armes sur le web tombent dans le même défaut : ils transposent à ce nouveau media les habitudes qu'ils ont acquises en travaillant pour un autre. Il est donc fortement recommandé, avant de créer un nouveau site web, de s'informer de ce que font les autres concepteurs de site, en parcourant Internet en long et en large.

II - Les choix initiaux  [retour en haut de la page]
1. Le web est un media
Le web, ne l'oublions pas, est un media. Par conséquent, dès que la décision est prise de créer un site, il faut se poser les deux questions suivantes :
    quel est le public visé ?
  quel message veut-on lui dispenser ?
Le public peut être multiple : par exemple, une même entreprises peut vendre à des professionnels et à des particuliers. Une entreprise, d'ailleurs, a toujours au moins deux publics -- certains même diront trois :
  ses clients
  ses actionnaires
  et tous les internautes qui viennent chercher de l'information pour s'instruire, suivre les progrès de la technologie et des coûts, connaître les fournisseurs, etc.
S'adressant à un public divers, et traduisant des activités multiples, le message à transmettre comporte plusieurs facettes, qu'il importe de bien déterminer.
2. Classer l'information
Toutes le informations que l'on trouve sur un site ne sont pas de même nature. Quand on parcours le web, on s'aperçoit qu'elles sont en fait très variées. Sans prétendre être exhaustif, on peut citer :
  La présentation. La personne morale ou physique qui possède un site doit se présenter : c'est la rubrique "Qui sommes-nous ?". Bien sûr, lorsqu'on s'appelle Microsoft ou IBM, on n'a pas besoin de préciser que l'on opère dans le domaine de l'informatique... Mais tout le monde n'est pas dans ce cas, et la présentation doit commencer dès la page d'accueil -- au moins brièvement.
  Le message proprement dit. C'est lui qui justifie la présence du site ; il tient donc une place importante.
  Les informations de service. Elles sont destinées à guider l'internaute qui parcourt le site.
  Les informations à caractère pédagogique. Ce sont les "tutorials", les "white papers", les "FAQ" (Frequently Asked Questions), les "technical notes", les dictionnaires et les glossaires (particulièrement utiles sur les sites contenant de l'information très technique), etc. Certains sites annoncent fièrement qu'ils mettent en ligne une "library", c'est à dire une bibliothèque.
  Les liens hypertextes. Un site "cul-de-sac" est mal perçu sur Internet, où il est d'usage et de bon ton de mettre des liens vers d'autres sites du web. Rares sont les entreprises qui citent leurs concurrents... mais elles peuvent mentionner leur association patronale, les comités de normalisation auxquels elles participent, les universités avec lesquelles elles collaborent, les associations qu'elles soutiennent, leurs réalisations les plus marquantes, etc.
  Les informations diverses : l'application du copyright au contenu du site, les droits relatifs aux images, le sponsoring, l'embauche (fréquente sur les sites US, rare sur les sites français...), etc.
3. Définir un style
Le web est l'image de notre monde : on y trouve absolument de tout. Il est donc très important d'adopter un style de présentation qui corresponde à l'image que la personne physique ou morale, propriétaire du site,  veut donner d'elle-même.
    Cependant, on traitera de manière différente :
  la page d'accueil (et la page tunnel, si elle existe)
  les pages courantes
  les pages contenant des informations de service
La tendance est au retour à la simplicité pour les sites d'entreprise, l'imagination débridée restant au pouvoir pour les sites personnels, ceux du monde du spectacle et ceux destinés aux jeunes.

III - Bâtir le projet  [retour en haut de la page]
1. Définir le contenu
C'est la première opération : sans elle, il n'y a pas de site valable. Les internautes ne visitent pas un site pour voir une image gif animée, un applet java, ou une animation javascript, s'agiter au milieu d'une page à peu près vide.
Pas de contenu, pas de site
Dans la plupart des sites, l'information est principalement constituée de texte et d'images. Les sites dont le contenu est constitué essentiellement de son ou de vidéo, et qui fonctionnent suivant le principe des "streaming media", sont encore rares : le faible débit du réseau Internet ne leur est pas favorable présentement.
2. Classer les informations
Le contenu étant déterminé, il importe d'y mettre de l'ordre. On obtient ainsi le plan du site, qui traduit son organisation logique. Il y a toujours plusieurs solutions possibles, et il importe de privilégier le plan qui correspond à la logique probable des visiteurs du site, de préférence à celui qui aurait la préférence des concepteurs.
Le plan, c'est l'organisation logique du contenu
Le plan doit être établi avec soin, car c'est à partir de lui que l'on bâtira la structure et la navigation. Il faut éviter de modifier le plan alors que le découpage du contenu en pages est déjà fait.
3. Définir la structure
Matériellement parlant, un site est toujours découpé en pages. C'est l'organisation des pages entre elles qui définit la structure du site. Bien entendu, la structure s'inspire du plan, mais dans les limites de certaines contraintes techniques. En particulier, une page ne doit être ni trop longue, ni trop courte, sous peine d'indisposer l'internaute. En effet :
   si les pages sont trop courtes, l'internaute reçoit son information à un rythme haché. La recommandation qui veut qu'une page tienne en entier dans la fenêtre du navigateur ne s'applique qu'à la page d'accueil, et tous les sites ne l'appliquent pas, loin de là. Faire défiler verticalement une page web est considéré comme une manœuvre normale par tous les internautes. Une page web n'est pas limitée verticalement, comme l'est une page imprimée : le format A4 n'a pas de sens sur le web. Notons au passage que le défilement horizontal, par contre, doit être évité le plus possible : nous ne sommes pas habitués à lire des textes larges, et nous nous perdons lors du retour à la ligne
  si les pages sont trop longues, leur temps de chargement devient prohibitif. L'exemple de ce qu'il ne faut absolument pas faire est donné par le dictionnaire informatique en ligne FOLDOC (Free On-line Dictionary of Computing), constitué d'une seule page de 3,7 Mo. Les navigateurs ont de la peine à manier de tels monstres ! Soit dit en passant, ce dictionnaire n'est plus mis à jour depuis 1997  : son auteur n'aurait-il pas lui-même de la peine à le manipuler ?
La "longueur" d'une page est en fait le poids total des fichiers qui la constituent. Il est conseillé de ne pas dépasser quelques dizaines de kilo-octets, du moins dans l'état actuel du web. Il ne faut pas oublier que beaucoup d'internautes sont encore équipés de modems analogiques débitant 20-30 kilobits par seconde seulement.
La structure, c'est l'organisation pratique du contenu
La structure conditionne, dans une certaine mesure, la navigation. Il faut éviter de modifier la structure alors que la navigation est déjà définie.
4. Soigner la navigation
Dès qu'un site  possède plus de quelques pages, le résultat est immanquable : l'internaute qui le visite pour la première fois a le sentiment de s'y perdre. C'est une règle qui ne souffre pas d'exception : dans un site, la navigation est toujours ce qu'il y a de plus mal fait. Car le problème est difficile à résoudre : on ne parcourt pas un site comme on feuillette un produit imprimé.
    Quand on conçoit la navigation, il faut absolument se mettre dans la peau d'un visiteur qui ne connaît pas le site, et penser que ce visiteur peut avoir l'un des deux comportements types suivants :
  il veut se faire une idée générale du site
  il recherche une information précise ; il a besoin de savoir si elle existe, et le cas échéant, il veut la localiser pour la décharger
Dans le premier cas, le visiteur entre le plus souvent dans le site par la page d'accueil. Dans le second, il entre plutôt via une page particulière, à laquelle il a été conduit par un lien, ou un moteur de recherche. Une bonne navigation doit donc permettre à l'internaute de visiter le site sans se perdre, et/ou de ne pas manquer l'information qu'il recherche. Une navigation efficace devrait :
  fournir de l'information à un niveau assez général, pour donner une idée d'ensemble du site
  fournir de l'information à un niveau très détaillé, pour permettre à l'internaute de localiser une information précise
  permettre à l'internaute, où qu'il se trouve, d'atteindre la page d'accueil et la carte du site
  faire en sorte que l'internaute ne se sente jamais perdu
La tendance actuelle, qui consiste à traiter légèrement la navigation pour des raisons esthétiques, est néfaste -- que le gourou, qui a déclaré un jour qu'une barre de navigation était quelque chose d'affreux, aille au diable ! Il y a des initiatives innombrables pour primer les sites les plus beaux (ou signaler les plus laids), mais quand récompensera-t-on le site dans lequel on se perd le moins facilement ?
La navigation, c'est la mise à disposition du contenu
La matérialisation de la navigation a beaucoup évolué. On a connu successivement :
  les liens entre crochets. Exemple : [Accueil]
  les boutons, de formes et de couleurs extrêmement variées
  les barres de navigation, de conceptions très diverses
  les images interactives
  les images reconstituées dans un tableau, et entourées de liens (pour imiter les images interactives)
  les liens "flottant" autour d'une image, etc.
Tout ceci ne doit pas nous faire oublier que l'essentiel est de concevoir une navigation efficace. Les aspects esthétiques de la réalisation pratique viennent en seconde position. Les gadgets n'ont pas leur place dans la navigation.
5. Concevoir le style
Le site doit avoir une unité de style, mais il faut cependant traiter séparément :
  la page d'accueil
  la page tunnel, lorsqu'elle existe
  les pages courantes, qui contiennent l'essentiel de l'information, et où la présentation doit céder le pas au contenu.
  les pages à fonction particulière, telle celle consacrée à la carte du site
La page d'accueil contient généralement :
  le nom de la personne physique ou morale propriétaire du site, son logo s'il y a lieu
  la métaphore, c'est à dire l'image destinée à traduire l'esprit et le contenu du site, ou simplement à introduire son nom
  une présentation succincte des activités (la liste complète figurant dans une page particulière)
  des éléments généraux de navigation, le détail du contenu du site figurant dans une page particulière (la carte du site)
  quelques informations pratiques (adresse, e-mail, nom du webmestre, etc.)
La page d'accueil est évidemment le meilleur endroit du site pour développer la communication graphique.
    La page tunnel est une technique héritée du cinéma. C'est une page qui s'affiche juste avant la page d'accueil, et qui sert d'introduction à cette dernière. On ne revient généralement pas sur la page tunnel, et aucun lien du site ne pointe vers elle. Sa présence est souvent contestée par les internautes, qui n'apprécient pas d'attendre pour voir s'afficher une page qui ne contient pratiquement pas d'information. Les sites d'entreprise sont généralement dépourvus de page tunnel.
    La présentation des pages courantes doit être :
  relativement uniforme, pour donner à l'internaute une impression d'unité
  assez sobre, pour ne pas distraire l'attention du message que l'on veut transmettre
Outre son rôle esthétique, la décoration des pages courantes sert à rappeler à l'internaute qu'il se trouve toujours dans le même site. Comme le contenu prime, il faut éviter tout ce qui gêne la lecture du texte et l'examen des figures. Les images animées qui s'agitent frénétiquement, les fonds trop colorés ou trop décorés, les présentations touffues, les polices bariolées, etc. sont à proscrire.

Le style, c'est la façon de présenter le contenu

Par contre, les pages qui jouent un rôle spécial -- la page de navigation, ou carte du site, en particulier -- doivent être avant tout fonctionnelles. L'internaute qui se rend sur la carte du site a probablement besoin d'être guidé ; il ne se rend pas sur cette page pour admirer l'originalité de sa présentation ou la qualité de ses graphismes.
6. Les pages spéciales
Certains sites contiennent des pages jouant un rôle très particulier, et on doit les concevoir en conséquence. Nous pensons en particulier aux pages :
  consacrées au commerce électronique
  contenant un forum (point de rencontre où chacun peut exprimer son avis sur un sujet donné)
  permettant d'interroger une base de données, etc.

IV - Réaliser le projet  [retour en haut de la page]
1. Une gestion souple
Un site web est un produit que l'on remanie sans cesse, parce que l'information qu'il contient évolue, parce qu'on veut en corriger les imperfections qui se révèlent à l'usage, et parce que le web est jeune et se transforme sans cesse. Une méthode de gestion de projet lourde et rigide ne convient donc pas. La situation est très différente de celle que l'on rencontre avec d'autres média (imprimé, film, CD-ROM), où il n'est plus possible d'intervenir lorsque le produit est terminé.
    Cependant, la création d'un site web fait intervenir des compétences - donc des personnes -  diverses, et une méthode de gestion de projet s'avère nécessaire. Les graphismes, le contenu, les informations de service, et la navigation seront probablement réalisés par des acteurs différents, qui devront coordonner leurs travaux.
2. Des essais nombreux
Le web est de création récente, et aucun concepteur de site ne peut se vanter d'avoir plus de quelques années d'expérience. De plus, le style et la technique évoluent sans cesse, si bien qu'il n'existe pas encore sur le web d'usages bien établis comme on en trouve pour d'autres média plus anciens. Enfin, la présentation d'une page web dépend des possibilités et des réglages de la machine de chaque internaute. Bref, le web n'est pas une feuille de papier, et il réserve bien des surprises ! Il ne faut donc pas hésiter à multiplier les essais en cours de réalisation d'un site. Comme il n'est pas question de perturber une serveur web fonctionnant en vraie grandeur, disposer d'un serveur local sur micro-ordinateur s'avère indispensable. D'où l'intérêt d'un logiciel tel que FrontPage, qui travaille en liaison avec le Personnal Web Server de Microsoft.
3. Un démarrage progressif
Mieux vaut arriver tôt sur le web avec un site modeste, que d'être présent après les concurrents à cause d'un projet trop ambitieux. L'information que l'on veut transmettre change plus ou moins rapidement, et le web évolue très vite. Un projet lourd risque de déboucher sur une réalisation obsolète. Il n'y a rien de scandaleux à ce que certaines pages soient "en travaux", pourvu qu'elles ne le restent pas éternellement.

V - Conclusion  [retour en haut de la page]
1. Réfléchir
Il convient dans un premier temps de :
    cerner son public
  préciser son message
2. S'organiser méthodiquement
Il faut ensuite établir :
  le plan
  la structure
  la navigation
  le style
3. Travailler souplement
Un site web est en perpétuel devenir. Il faut donc :
  démarrer le site modestement
  le faire grossir progressivement
  le maintenir en permanence

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