cerig Formation en ligne (Juin 1999)
Bannière (5018 octets)
Carte de l'exposé
Plan de l'exposé
Glossaire de l'exposé
Préambule
III. Le logiciel client
I - Introduction  [retour en haut de la page]
1. Un peu d'histoire
Le logiciel client est celui qui, installé sur la machine de l'internaute, lui permet d'interroger les serveurs web. On l'appelle en général "navigateur" ; le terme français conseillé ("butineur") ne fait pas sérieux, aussi n'est-il guère utilisé.
    C'est le NCSA (National Center for Supercomputing Applications) qui a publié au début de la décennie les premiers navigateurs, dont le célèbre "Mosaic" (en même temps que les premiers logiciels de serveur web). La société Netscape a été créée en 1994 pour prendre le relais. Un ans et demi plus tard l'éditeur Microsoft s'y mettait à son tour, et une forte empoignade commerciale s'ensuivit. D'autres entreprises essayèrent de s'introduire sur le marché des navigateurs, mais la diffusion de leur produit est toujours restée confidentielle.
    Fin 1998, coup de théâtre : la société Netscape est rachetée par AOL (America On Line), le numéro un mondial des prestataires de services sur Internet. Le mélodrame de David luttant contre Goliath est terminé ;  l'avenir des navigateurs est désormais conditionné par la lutte (ou l'entente) entre deux grandes sociétés.
2. La petite guerre des navigateurs
Le spectacle d'une grande entreprise montant à l'assaut d'une petite heurta beaucoup d'utilisateurs, et Netscape exploita largement ce sentiment à son avantage. Les journalistes en mal de copie versèrent de l'huile sur ce feu, car il est plus facile de rapporter des petites phrases que d'écrire un article sérieux, détaillé fonction par fonction, sur les mérites comparés des deux navigateurs (un tel article est introuvable). Des cohortes d'utilisateurs naïfs prirent partie pour Netscape, et il devint de bon ton de vilipender Microsoft.
    Avec un peu de recul, on s'aperçoit qu'on a donné à la lutte entre Microsoft et Netscape une importance qu'elle n'avait pas. Contrairement à tout ce qui a été dit et écrit, ce ne sont pas les éditeurs des navigateurs qui seront les maîtres d'Internet, mais les "portails" et/ou les producteurs de contenu. Le slogan "The desktop is the computer", qui fit très peur à Microsoft, a fait long feu  : la fenêtre du navigateur n'a pas remplacé l'interface graphique du système d'exploitation. L'incorporation d'Internet Explorer à Windows n'a pas brutalement modifié les parts de marché. L'éditeur de Redmond n'a pas acculé son concurrent à la faillite : pour acquérir Netscape, AOL a dû effectuer un échange d'actions se montant à 4,2 milliards de dollars ! Bref, on a fait beaucoup de bruit pour rien.
3. Un peu de cynisme...
Qu'y avait-il, en fait, derrière toute cette agitation ? A l'origine, une start-up dynamique, dont les fondateurs reconnurent très tôt l'importance qu'allait prendre le web, si bien que la première version du navigateur de Netscape détint plus de 80% du marché. En face d'elle, le géant du logiciel, un peu assoupi au point de ne pas réaliser l'importance qu'allait prendre le web. Fin 1995, les analystes financiers tirèrent la sonnette d'alarme : en bourse, les actions de Microsoft allaient baisser. Le géant se réveilla brutalement, et réagit de manière excessive : tous les moyens furent bons pour reprendre des parts de marché à Netscape. Les concurrents les plus féroces de Microsoft (Sun, Oracle et IBM) sautèrent sur l'occasion : ils menèrent, pour ternir son image de marque, une campagne qui réussit assez bien. La société Netscape dépensa des millions de dollars en lobbying, et les politiciens reconnaissants renvoyèrent l'ascenseur : Microsoft a maintenant sur les bras un procès anti-trust aux conséquences inquiétantes. L'éditeur, il est vrai, ne finançait guère les campagnes électorales américaines : il fallait lui donner une bonne leçon. Bref, on remue de la boue et du fric, comme il est d'usage quand la lutte entre les entreprises quitte le strict terrain de la technique et du commerce, et que les politiciens s'en mêlent.
4. ... et beaucoup de bon sens
En tant qu'internaute, on ne peut que se réjouir de la concurrence acharnée qui a régné pendant trois ans entre Microsoft et Netscape. Ce fut un facteur de progrès rapide : chaque éditeur perfectionnait fiévreusement son produit, les versions nouvelles se succédaient à moins d'un an d'intervalle, l'innovation galopait (cadres, feuilles de style, chaînes, etc.), au grand dam des commissions du W3C (l'organisation de normalisation du web), qui n'arrivaient pas à suivre. Grâce à la concurrence, les internautes ont le choix entre deux navigateurs d'assez bonne qualité, qu'il est aisé de télécharger en ligne, et qui de plus sont gratuits. Un seul souhait : pourvu que cette situation de concurrence dure !

II - Matériel et plate-forme  [retour en haut de la page]
1. Le matériel
Un navigateur n'est pas une application lourde : point n'est besoin d'un micro-ordinateur perfectionné pour se promener sur Internet. Pour s'équiper, l'internaute devra cependant veiller aux points suivants :
puce (111 octets)   une bonne connexion à Internet. Pour un particulier, cela passe par un modem 56K, ou mieux par le RNIS... en attendant l'ADSL. En entreprise (si le réseau de cette dernière est raccordé à Internet) cela passe par une carte réseau 10/100 mbps ;
puce (111 octets)   un moniteur de 15" suffit, mais un moniteur de 17" est plus agréable. Une taille supérieure ne sert à rien : la plupart des pages html sont optimisées pour un moniteur de 15" fonctionnant à la résolution de 800x600 pixels. A courte échéance, le moniteur de 17" deviendra le standard, sauf pour les machines d'entrée de gamme ;
puce (111 octets)   une mémoire vidéo suffisante pour afficher 16M de couleurs à la résolution choisie. Faute de quoi, beaucoup d'images ne seront pas belles à voir, en particulier celles qui contiennent des dégradés.
2. La plate-forme
Pour naviguer dans Internet, la plate-forme PC présente deux avantages sur la plate-forme Apple :
puce (111 octets)   les images en couleur apparaissent beaucoup plus belles sur le moniteur d'un PC que sur celui d'un Mac ; il suffit, pour s'en convaincre, d'afficher le même site sur un Mac et un PC placés côte à côte. Le matériel n'est pas en cause : Mac et PC utilisent aujourd'hui les mêmes moniteurs. Le fait provient de la gestion de la couleur par le système d'exploitation : le Mac est une machine très utilisée en PAO, il affiche les couleurs de telle sorte qu'elles soient aussi proches que possible de celles obtenues sur un produit imprimé. Or les couleurs peuvent être bien plus belles sur un moniteur (qui fonctionne par émission de lumière) que sur un produit imprimé (qui fonctionne par absorption et diffusion de la lumière ambiante).
puce (111 octets)   à performance égale, le PC est moins cher que le Mac. Cela vient du fait que la concurrence est féroce sur la plate-forme PC, et inexistante sur la plate-forme Apple.
Par contre, le Mac reste un peu plus facile à configurer et à utiliser que le PC, même si cette différence continue à s'amenuiser avec le temps.

III - Les deux navigateurs  [retour en haut de la page]
1. Le partage du marché
Deux navigateurs, celui de Netscape (Communicator, ex-Navigator) et celui de Microsoft (Internet Explorer, IE en abrégé), se partagent la quasi totalité du marché. Des chiffres contradictoires sont régulièrement publiés sur les parts de chacun, parce que certaines enquêtes tiennent compte du navigateur d'AOL, et d'autres pas. Précisons que le prestataire AOL impose à ses clients un navigateur particulier, dérivé de celui de Microsoft.
puce (111 octets)   Si l'on tient compte du navigateur AOL, on obtient les chiffres approximatifs suivants  : 50% pour Netscape, 35% pour Microsoft et 15% pour AOL.
puce (111 octets)   Si l'on ne tient pas compte du navigateur AOL (comme dans l'enquête du GVU), on obtient 2/3 pour Netscape et 1/3 pour Microsoft. Ces chiffres sont cohérents avec les précédents.
Les résultats des enquêtes donnent lieu à deux interprétations différentes :
puce (111 octets)   le navigateur d'AOL, disent les uns, est dérivé de celui de Microsoft. Donc les parts de marché de Microsoft et de Netscape sont égales ;
puce (111 octets)   les clients d'AOL n'ont pas le choix de leur navigateur, répondent les autres, et il ne faut pas les compter dans les statistiques, sous peine de biaiser les résultats. Donc Netscape domine toujours le marché des navigateurs, avec les deux tiers des parts. C'est en général le sentiment des développeurs de sites, et c'est aussi le nôtre.
Les enquêtes mettent également en lumière les faits suivants :
puce (111 octets)   les utilisateurs habitués à un navigateur restent fidèles à la marque ;
puce (111 octets)   les nouveaux utilisateurs se partagent pour moitié entre les deux navigateurs ;
puce (111 octets)   les futurs utilisateurs envisagent, en majorité, d'installer les deux navigateurs sur leur machine.
Risquons-nous à faire deux prédiction :
puce (111 octets)   la dominance de Netscape sur le marché des navigateurs va continuer à s'effriter, jusqu'à ce que les parts s'équilibrent à peu près ;
puce (111 octets)   les deux éditeurs devront, bon gré mal gré, s'entendre pour atténuer les différences entre leurs deux produits.
2. Les conséquences
La situation de prédominance de Netscape sur le marché des navigateurs, au cours de ces dernières années, a eu les conséquences suivantes :
puce (111 octets)   aucun concepteur de site n'a pris le risque d'utiliser des outils qui n'étaient pas reconnus par le navigateur de Netscape. Exemple : Communicator n'affiche pas correctement les images de fond de tableau ? Et bien, personne ne programme d'images de fond de tableau dans ses pages web ! Par contre, les cadres ont été utilisés avant qu'Internet Explorer ne soit capable de les afficher ;
puce (111 octets)   Microsoft a été obligé d'adopter les innovations introduites par Netscape (exemple  : les cadres, Javascript) ;
puce (111 octets)   Netscape n'a pas été obligé d'adopter les innovations introduites par Microsoft (exemple : VBScript, les contrôles ActiveX), ou les a adoptées de mauvaise grâce quand le W3C a poussé à la roue (exemple : les feuilles de style, que Communicator 4 maltraite passablement).
En pratique, les concepteurs ont toujours fait de leur mieux pour contourner les bogues et les insuffisances des deux navigateurs, afin d'être vus par tous les internautes.
    Actuellement, le W3C (World Wide Web Consortium, association qui préside officiellement à l'évolution du web) essaye de reprendre l'initiative de l'innovation, que les éditeurs de navigateurs lui avaient quelque peu ravi..
3. Deux produits comparables
Le web est rempli déclarations péremptoires affirmant qu'un des deux navigateurs est meilleur que l'autre, mais personne ne fournit d'argument sérieux à l'appui de ses déclarations. En fait, les deux produits sont très voisins et -- pour les fonctions essentielles -- donnent le même résultat. La bonne politique consiste donc :
puce (111 octets)   pour les concepteurs de sites, à essayer leurs pages en cours de développement sur les deux navigateurs, pour s'assurer que tous les internautes les verront sans problème ;
puce (111 octets)   pour les internautes, à posséder les deux navigateurs, à utiliser couramment celui qu'ils préfèrent, et à se servir du second quand une page web ne s'affiche pas correctement dans le premier.

IV - Conclusion  [retour en haut de la page]
1. Sur la plate-forme
Les couleurs sont plus belles sur PC que sur Mac, le PC est moins cher que le Mac, mais le Mac est un peu plus simple à utiliser que le PC. Un concepteur de site doit absolument contrôler son travail sur les deux plate-formes.
2. Sur le matériel
Pour bien visualiser les sites, il faut être équipé d'un moniteur de 17". Pour bien reproduire les images, il faut que la mémoire vidéo permette d'afficher 16M de couleurs à la résolution choisie.
3. Sur le logiciel
Un concepteur de site doit absolument utiliser les deux navigateurs pour contrôler son travail. Un internaute a intérêt à installer les deux navigateurs sur sa machine.

Page précédentePlan de l'exposéPage suivante

Accueil | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base de données
Copyright © CERIG/EFPG 1996-2000