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          Révision : 31 décembre 2001 
Le jet d'encre en imprimerie
 
A. Colleu et N. Perret du Cray (étudiants EFPG)
Ce texte a reçu le premier prix du Grand Prix des Couleurs 1999
       
 
  Plan  
I -  Introduction
II -  Les différentes techniques
III -  Les encres CIJ et les encres DOD
IV -  Le jet d'encre aujourd'hui
V -  Conclusion
VI -  Bibliographie
 
        
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Consulter aussi : un mémoire plus récent (2001) consacré au même sujet, et le dossier des presses numériques
 
I - Introduction
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Le jet d'encre est une technique présente dans de nombreux secteurs de l'industrie. La notion de jet d'encre est souvent associée à la bureautique personnelle, mais il convient également de penser à l'agroalimentaire ou à l'impression des étiquettes de routage ; en fait, tout ce qui relève du codage industriel est réalisé grâce au jet d'encre.
Bizarrement, cette technique possède uniquement une image de modernité et de technique d'avenir alors que ses origines remontent à la fin du dix-huitième siècle en France. Les règles de base telles qu'elles sont encore suivies aujourd'hui ont été érigées dès 1890 par M. Rayleigh, chercheur à Cambridge. Le matériel que nous utilisons aujourd'hui n'a cependant été mis au point que dans les années 60. Quelle que soit la technique mise en oeuvre, l'image est générée sans qu'il y ait d'impact sur le support. Le principe de base est de projeter et diriger des petites gouttes d'encre à l'aide d'un ordinateur. Il existe deux grandes familles de techniques d'impression à jet d'encre :
    le jet continu (CIJ, Continuous Ink Jet) ;
  la goutte à la demande (DOD, Drop On Demand).
La machine est importante au niveau de la manière de véhiculer l'encre jusqu'à la surface que l'utilisateur veut imprimer, mais l'encre et le dispositif la contrôlant sont d'une importance fondamentale dans le matériel d'impression jet d'encre.
Dans un premier temps, nous verrons rapidement quelles sont les différentes techniques de jet d'encre ainsi que leurs applications industrielles. Nous présenterons ensuite les spécifications et compositions des encres correspondant à chacune des techniques, avant de présenter l'avenir du marché du jet d'encre.
 
II - Les différentes techniques
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II-1 Le jet continu
Le système le plus simple est le jet continu. On force l'encre sous pression (3.105 Pa) à passer à travers une ou plusieurs buses. Ainsi, ce qui est à la base un jet liquide se transforme en un flux de gouttelettes dont la taille et la fréquence dépendent principalement de la tension de surface du liquide, de la pression appliquée et de la taille de la buse. Afin d'obtenir des tailles et des espaces entre gouttes les plus réguliers possibles, on envoie en fait des impulsions de pression régulières.
Pour cela, on peut alimenter en courant alternatif haute fréquence (jusqu'à 1 MHz) un cristal piézo-électrique en contact avec l'encre. On génère ainsi un jet de gouttelettes qui pour sa part avance à une vitesse comprise entre 5 et 20 m par seconde. On obtient alors une ligne continue de points qui font chacun trois fois la taille d'une goutte.
Pour que l'on puisse imprimer un message à l'aide d'une buse unique, il faut que chaque goutte soit contrôlée et dirigée individuellement. Pour cela, on utilise l'électrostatique : on place une électrode autour du jet d'encre à l'endroit où les gouttes se forment. Le jet se charge par induction et chaque goutte porte désormais une charge dont la valeur dépend de la tension appliquée. Les gouttes passent ensuite entre deux plaques déflectrices chargées de signe opposé et suivent alors une direction donnée, l'amplitude du mouvement étant proportionnelle à la charge portée par chacune d'entre elles. Pour empêcher les autres gouttes d'atteindre le papier, on les laisse non chargées : ainsi au lieu de se diriger vers le support elles continuent leur chemin sans être déviées et vont directement dans un réceptacle. L'encre est alors filtrée et peut être réutilisée.
Les contraintes physiques concernant la taille utile des gouttes, de la buse ainsi que la tension de surface de l'encre font qu'en pratique les fréquences de formation des gouttes sont de l'ordre de 100 kHz : 60 à 120000 gouttes sont formées par seconde.
Il est également possible d'utiliser des rangées de buse formant chacune des colonnes de points. Dans ce cas, ce sont les gouttes qui ne doivent pas arriver sur le support qui sont chargées et conduites vers un réservoir. Comme les gouttes imprimantes ne sont pas chargées, il n'y a pas d'interaction électrostatique entre gouttelettes voisines et les distances de vol sont identiques. La technique est donc plus simple, et surtout plus rapide. De plus elle offre un plus grand nombre de possibilités en termes de résolution et de sens d'impression. Enfin le système Hertz est également une forme de jet continu. Il est caractérisé par l'utilisation de buses extrêmement petites et donc de gouttes extrêmement fines. Chaque point sur le support est formé par un groupe de plusieurs de ces petites gouttes. Il est alors possible d'obtenir des niveaux de gris en faisant varier le nombre de gouttelettes utilisé. On obtient une qualité d'impression supérieure à celle des autres techniques jet d'encre.
Globalement, les avantages que procure la technologie du jet d'encre continu sont considérables :
    flexibilité : numérotation et/ou datage automatique, informations spécifiques (poids, prix, etc.) ;
  absence de contact : impression sur surfaces non planes, distance au support importante ;
  rapidité du séchage de l'encre : 1 seconde ou moins ;
  vitesse élevée : convoyage jusqu'à 3500 m/min et plus, plus de 2200 cps, très rapide en multijet ;
  procédé économique ;
  mise en oeuvre aisée.
II-2 La goutte à la demande (DOD)
C'est la seconde catégorie d'imprimantes à jet d'encre. Elles sont généralement plus simples et moins chères que le jet continu mais, dans les applications industrielles, elles sont souvent employées pour imprimer de grands caractères.
La technologie à impulsions est la base des imprimantes jet d'encre utilisées en bureautique. Avec cette méthode, la pression dans le bac à encre n'est pas maintenue constante mais est appliquée quand un caractère doit être formé. Dans un système largement répandu on trouve une rangée de 12 buses ouvertes, chacune d'entre elles activée par un cristal piézo-électrique. On donne à l'encre contenue dans la tête une impulsion : l'élément piézo est contracté par une tension électrique, qui provoque une diminution de volume, entraînant l'expulsion de la goutte par la buse. Quand l'élément reprend sa forme initiale, il pompe dans le réservoir l'encre nécessaire pour de nouvelles impressions. La rangée de buses est ainsi utilisée pour générer une matrice colonne, de sorte qu'aucune déflexion de goutte n'est nécessaire. Ainsi les problèmes de circulation et de récupération des gouttes non-imprimantes ne se posent pas.
Le système Canon "bubble-jet" identique au "Think Jet" de Hewlett Packard est une variation de ce système : en lieu et place des cristaux piézo-électriques, il y a de petits éléments chauffants derrière chaque buse. Les gouttes sont éjectées à la suite de la formation de bulles de vapeur de solvant. L'augmentation de volume permet l'expulsion de la goutte.
Enfin, il existe un système de jet d'encre à impulsion dans lequel l'encre est solide à température ambiante. La tête d'impression doit donc être chauffée pour que l'encre se liquéfie et puisse imprimer. Ceci permet un séchage rapide sur une gamme plus large de produits que les systèmes conventionnels. Malheureusement, l'image qui est comme une forme solide en cire sur le support, est fragile.
En fait, tous les systèmes de jet d'encre à impulsions donnent une petite projection de gouttes d'encre, en général trop petites pour des applications industrielles. De plus, les systèmes buses ouvertes ne permettent pas l'emploi d'encres à séchage rapide, qui sécheraient ou durciraient dans les buses.
Avec la seconde catégorie de gouttes à la demande, à savoir les imprimantes à clapets, on pallie les deux problèmes évoqués, sans dépense ou débauche de technologie. L'encre est maintenue sous pression derrière la buse qui est fermée par un clapet. Quand celui-ci est actionné, l'encre sort sous forme de jet jusqu'à sa fermeture. La buse est maintenue propre par la pression de l'encre sortante et par la fermeture du clapet, qui permet également de pallier le bouchage de cette dernière, quand une encre à séchage rapide est utilisée. La pression de l'encre derrière les buses va déterminer la distance de projection des gouttes. Avec une pression d'une demi atmosphère et plus, une distance de quelques centimètres est possible. Un système particulier à clapet utilise des solénoïdes et peut fonctionner à des fréquences de 600 Hz. Un tampon en caoutchouc vient obturer la buse et un petit ressort assure la bonne étanchéité de cette dernière, quand il n'y a plus d'alimentation électrique. En résumé, les systèmes à clapets sont plus lents et plus onéreux que ceux à impulsions. Mais ces désavantages sont très facilement contrebalancés dans les applications industrielles où une impression de gros caractères est nécessaire.
Comparée à la méthode de jet d'encre continu, la méthode "à la demande" est plus limitée en matière de vitesse d'impression, de distance de jet et de performance de l'encre. En effet, la vitesse du procédé "à la demande" est beaucoup plus faible que le procédé continu. De même, la distance de jet optimale est beaucoup plus faible pour le DOD (de l'ordre du millimètre) que pour le CIJ (de l'ordre du centimètre). Si on dépasse la distance optimale, on est alors confronté à une forte perte de qualité au niveau de l'impression obtenue. Enfin, en matière de comportement de l'encre, l'encre DOD est limitée aux supports absorbants alors que l'encre CIJ permet l'impression sur de nombreux supports fermés. La méthode "à la demande" n'est pas limitée aux travaux de bureau : on peut faire des reproductions en quadrichromie à des résolutions de 16 points/mm avec cette technique. On peut donc penser que cette technique pourrait notamment être utilisée pour les épreuves de contrôle (BàT).
 
III - Les encres (début)
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III-1 Les encres CIJ
Des exigences importantes sont imposées aux propriétés physiques des encres jet d'encre. Le choix des matières premières et un contrôle du produit sont indispensables, car un mauvais contrôle implique l'introduction d'instabilités dans le système encre / imprimante et risque de rendre l'encre inutilisable. En général, il y a antagonisme entre les performances de l'imprimeuse et le résultat de l'impression. Tout ceci pour dire que la chimie des encres jet d'encre est un domaine très pointu, soumis à forte concurrence et où le secret est de mise. La quantité des paramètres pris en compte et le niveau important de qualité des produits finis en font un domaine très actif et très innovant. En effet, le jet d'encre propose une large gamme de produits, capables de satisfaire une large gamme de besoins et le développement incessant dans ce milieu impose aux fabricants d'encre de réagir en permanence, de s'adapter et d'être capable de proposer de nouveaux produits très rapidement. Le renouvellement et les progrès sont rapides, mais la formulation des encres jet d'encre est systématiquement basée sur un modèle unique : on trouve un solvant, une matière colorante, un liant et des additifs.

3-1-1 Le solvant

Le solvant assure le transport depuis l'imprimeuse jusqu'au support d'impression et contrôle le temps de séchage (valeur optimale : moins de 1 seconde en impression jet d'encre en continu). Ainsi, un changement de solvant implique en général un changement du temps de séchage. Si le solvant est trop peu volatil, le temps de séchage augmente jusqu'à devenir inacceptable. Si le solvant est trop volatil, le séchage est trop rapide et une peau se crée à la surface de la gouttelette, ce qui limite le séchage et l'adhésion de l'encre sur le support. Le taux d'évaporation peut être contrôlé très précisément par l'utilisation d'un mélange de solvants. On trouve dans les différentes encres jet d'encre plusieurs types de solvants tels que la méthyléthylcétone (MEK), des acétates, l'éther glycol, des alcools. L'utilisation de solvants toxiques est préoccupante : un peu de solvant risque de s'échapper dans l'atmosphère. Les encres sont contenues dans des récipients clos et leur transfert est rapide, mais le solvant s'évapore lors du séchage.
La prise de conscience vis-à-vis des problèmes environnementaux tend à orienter les recherches dans l'utilisation de solvants moins nocifs. Ceci est une raison supplémentaire pour laquelle la recherche dans le domaine des encres jet d'encre est très active, d'autant plus que l'équipement évolue sans cesse et que les formulations doivent suivre. Les dernières trouvailles sont, par exemple, l'obtention d'un séchage plus rapide pour les encres jet d'encre à base d'eau ou d'éthanol ou encore la formulation d'encres séchant sous UV et sans solvant. L'éthanol présente l'avantage de ne pas être toxique par inhalation, mais il a pour principal inconvénient d'être très inflammable. L'idéal en ce qui concerne le jet d'encre serait d'utiliser des encres ininflammables, sans solvant, et séchant par exposition sous UV.
3-1-2 La matière colorante
La matière colorante correspond aux substances ou particules qui donnent la couleur d'une encre. La quasi-totalité des encres jet d'encre renferme des colorants solubles comme matière colorante, car ceux-ci possèdent peu de matière solide (moins de 0,02 %). Les colorants sont choisis selon certaines de leurs propriétés. Ils doivent être très solubles dans le solvant, ils doivent présenter un très faible taux d'impuretés et très peu de matière insoluble (moins de 0.02 %), ils doivent être stables thermiquement et leur tenue lumière doit être bonne. De plus, les législations actuelles contre les métaux lourds, qu'ils contiennent parfois, réduisent la gamme de colorants utilisables.
Une nouvelle tendance apparaît : l'utilisation de pigments très fins, de taille inférieure à 1 µm. Un contrôle de la taille des pigments est indispensable (il faut en effet qu'ils passent dans les buses sans les boucher), et il est nécessaire que la suspension soit homogène en permanence. Auparavant, la stabilité de la suspension et la taille des particules étaient problématiques, en particulier pour les encres contenant du dioxyde de titane (qui est utilisé dans les encres de couleur blanche ou pour augmenter l'opacité), mais aujourd'hui beaucoup de progrès ont été faits dans ces domaines. Il reste toutefois à surmonter le problème de l'abrasion induite par les pigments dans les buses et le réservoir.
3-1-3 Le liant
Le liant est formé d'un ou plusieurs polymères qui ont pour buts de contrôler la viscosité de l'encre, d'aider à la formation de gouttelettes et d'assurer l'adhésion sur le support de la matière colorante. Il permet en plus de donner du brillant ou encore d'assurer une bonne définition du point. La formulation du liant d'une encre jet d'encre en est souvent un des principaux facteurs d'échec. Ceci peut être dû aux propriétés rhéologiques du liant, qui peut ne pas présenter les caractéristiques nécessaires au procédé, mais aussi aux résultats en matière de performance obtenue. En effet, la quantité de polymère nécessaire à une bonne adhésion sur le support d'impression va à l'encontre de la faible viscosité nécessaire au procédé. De nombreux compromis devront donc être faits. D'autre part, un soin important sera apporté au choix du (ou des) polymère(s), sachant qu'il ne faut pas compromettre ni la performance du procédé ni sa facilité d'utilisation. L'utilisation de résines phénoliques comme liant était très courante auparavant car elles permettaient de former un film durable sur des nombreux supports fermés (métaux, verre). Cependant, elles se sont avérées assez instables thermiquement et le recyclage permanent imposé par le procédé leur faisait subir une oxydation. Les réticulations locales qui s'ensuivaient entraînaient des problèmes de buses bouchées et de jets peu cohérents. Ces résines étaient acceptables lors des balbutiements du procédé, mais aujourd'hui elles ne le sont plus du tout. La tendance actuelle va vers l'utilisation de copolymères qui permettent de satisfaire en grande partie la qualité et la fiabilité exigées par un utilisateur de jet d'encre de plus en plus exigeant.
3-1-4 Les additifs
Les additifs prennent eux aussi une grande part dans le succès ou l'échec d'une encre jet d'encre. Ils composent l'encre à un très faible niveau (moins de 1 % typiquement) mais déterminent beaucoup de propriétés fonctionnelles. On peut trouver plus d'une douzaine d'additifs différents dans une encre jet d'encre. Ils ont pour buts d'améliorer la fluidité, l'adhésion, d'induire une résistance à l'oxydation, de réduire la mousse et de modifier l'énergie de surface, la rhéologie du liant ou la conductivité de l'encre. En particulier, la conductivité doit être systématiquement ajustée. Pour ce faire, on utilise des sels conducteurs comme additifs : ils modifient la conduction électrique de l'encre et permettent que la gouttelette soit convenablement chargée. Il existe une gamme limitée de sels organiques ou inorganiques qui peuvent fonctionner. D'autre part, on a souvent la possibilité d'exploiter les impuretés salines et les traces de métal des colorants pour améliorer la conductivité. Dans tous les cas, il faudra faire très attention aux risques de corrosion de l'imprimeuse et aux incompatibilités avec les autres composants de l'encre, et en particulier avec les colorants et les polymères.
Composant Pourcentage
Méthyléthylcétone
(MethylEthylKetone : MEK)
40-60
Alcool éthylique technique
(Industrial Methylated Spirit : IMS)
20-30
Eau 5
Éthylène glycol 5
Colorant noir soluble 5-10
Dérivé cellulosique 5-15
Plastifiant (ex : dibutyl phtalate) 1-5
Antimousse 1
Antioxydant 1
Sel conducteur (ex : nitrate de lithium) 2
 Tableau : composition typique d'une encre CIJ
3-1-5 Élaboration et essais d'une encre CIJ
La création d'une encre jet d'encre en continu est délicate car le procédé est difficile à mettre en oeuvre. Pour élaborer une encre satisfaisant toutes les contraintes du jet d'encre et pour présentant de bonnes propriétés, il est nécessaire de disposer d'une très bonne compréhension scientifique. La création d'une nouvelle encre jet d'encre nécessite de réels investissements. La difficulté se situe en particulier dans le fait qu'il faut considérer l'utilisation de l'encre dans des environnements très variés et après de longues périodes de recyclage. Il est nécessaire que le processus de dégradation de l'encre, les changements de ses propriétés chimiques et physiques et les performances de l'impression soient parfaitement maîtrisés avant toute commercialisation. La fiabilité du procédé passe donc par le contrôle du vieillissement de l'encre. C'est pourquoi des essais de vieillissement accéléré sont effectués, afin que le processus de dégradation soit quantifié. Les tests sur les encres jet d'encre sont en général très poussés. On va par exemple surveiller la qualité de l'encre pendant un temps de 1000 heures ou plus, sur une gamme de températures de 5 à 45 °C, en mode de fonctionnement continu, en arrêt, en mode recyclage... L'appareillage utilisé va du chromatographe au spectroscope IR, qui permettent d'observer les changements chimiques. Les dégradations observables sur les encres jet d'encre sont par exemple :
    polymérisation, réticulation à cause d'une instabilité thermique ;
  scission des chaînes par oxydation ;
  baisse de la qualité d'impression ;
  augmentation de la quantité d'eau contenue dans l'encre à cause de l'environnement d'utilisation ;
  polymérisation à cause de la catalyse des colorants qui contiennent des métaux ;
  réaction chimique entre colorants et sels conducteurs ;
  dégradation des performances de l'imprimeuse ;
  agglomération des pigments ;
  incompatibilité avec certaines colles ou certains composants de l'imprimeuse ;
  présence de mousse ;
  complexation des sels conducteurs, qui implique une chute de la conductivité ;
  fuite excessive du solvant ;
  variation du poids moléculaire de certains composants de l'encre, qui implique une modulation des performances à haute température.
L'utilisateur final, de son côté, exige certaines caractéristiques ou comportements de l'encre, qui sont induits par la résistance de celle-ci aux réactions précédemment décrites. Par exemple, il exige :
    la capacité d'adhésion sur différentes surfaces ;
  la résistance à l'humidification et à l'abrasion sèche de l'encre ;
  la couleur et sa tenue dans le temps ;
  l'opacité de l'encre imprimée ;
  la qualité d'impression ;
  la résistance à certains traitements (stérilisation à la vapeur, lavage à l'eau ou au solvant).
La gamme d'utilisation du procédé jet d'encre en continu est très large. C'est pourquoi des tests de tenue, d'opacité, d'adhésion, de résistance mécanique, etc. sont effectués sur beaucoup de supports différents tels que :
    les films et matériaux d'emballage (polyéthylène, polyester traité ou non, cellulose couchée ou non, polypropylène, etc.) ;
  les plastiques (PVC plastifié ou non, polycarbonate, polystyrène, polyamide, acrylique...) ;
  les caoutchoucs ;
  les métaux ;
  le verre, etc..
Une telle gamme d'utilisation oblige les fabricants d'encre à se diversifier et à proposer des encres adaptées à chaque support. On trouve donc beaucoup d'encres différentes mais l'idéal est bien sûr d'obtenir des formulations capables de fonctionner sur le plus grand nombre de supports possibles.

3-1-6 Applications du jet d'encre en continu

Le jet d'encre en continu possède une large gamme d'applications. La qualité des encres proposées sur le marché a aussi tendance à accroître la quantité d'applications envisageables. Traditionnellement, le jet d'encre est très utilisé dans les domaines alimentaires, les produits laitiers, la boisson, les produits pharmaceutiques. L'arrivée de la législation en faveur du consommateur imposant l'impression de la mention "à consommer de préférence avant..." a permis au jet d'encre en continu de se développer, car c'est la technologie la plus appropriée pour ce genre de marquage. En effet, il est facile à installer, il peut être monté en ligne, il occupe peu d'espace, il peut fonctionner à vitesse élevée et permet de modifier les données imprimées en temps réel (données informatiques directes). On peut ainsi trouver des impressions telle que la date de consommation du produit, mais aussi d'autres données (référence de l'usine, heure de fabrication ou encore numéro de la chaîne, qui améliorent la gestion de la production). La méthyléthylcétone (MEK) est très utilisée comme solvant pour ces systèmes de marquage, parce qu'elle sèche très vite (moins de 1 seconde) et parce qu'elle est très performante sur une large gamme de supports (supports couchés et latex, verre, métaux, plastiques, films polyéthylène...).
Dans le domaine de l'alimentation, et en particulier dans celui des produits laitiers, on craint les risques de contamination. On a donc décidé de s'orienter vers l'utilisation d'encres à base d'alcools. Le problème était que celles-ci sèchent beaucoup plus lentement (4 à 5 secondes). En fait, l'éthanol s'est avéré finalement être un très bon substitut à la méthyléthylcétone comme solvant pour les encres jet d'encre, car il est moins volatil mais sèche aussi vite. Il a donc ouvert beaucoup d'autres plages d'utilisation du jet d'encre dans les domaines de l'alimentaire et des produits pharmaceutiques.
L'industrie de l'emballage a fait beaucoup de progrès, elle a commencé à utiliser d'autres matériaux et a donc ouvert la porte à d'autres supports pour l'impression jet d'encre. La tendance actuelle de l'impression jet d'encre dans le milieu du conditionnement et de l'emballage est donc de s'adapter aux nouveaux matériaux et d'être capable de supporter des pré ou des post-traitements. Par exemple, dans l'industrie de la conserve, il est nécessaire que l'encre supporte la stérilisation à la vapeur (vapeur haute pression à 125 °C pendant 25 minutes). Elle doit aussi résister aux composés chlorés et aux additifs anticorrosion introduits dans la vapeur. Dans certains cas, l'encre doit être thermochrome. Elle doit changer de couleur au cours du processus de stérilisation afin de permettre un contrôle visuel sur l'avancée du processus. Dans tous les cas, l'encre imprimée ne doit ni couler ni partir du support. L'encre jet d'encre doit donc être capable de supporter des traitements souvent violents et c'est dans cet axe de recherche que l'attention se porte.
Le jet d'encre a aussi sa place dans diverses industries telles que l'électronique, l'automobile, la construction aéronautique, dans les industries du câble, car elle sert au marquage des pièces et des produits finis. De nombreuses encres, avec différentes couleurs, peuvent être utilisées, et elles doivent en général être très opaques afin de pouvoir être imprimées sur des surfaces sombres. Elles doivent résister aux solvants (nettoyage des pièces) et doivent pouvoir sécher soit à l'air soit sous UV.
Le jet d'encre en continu est caractérisé par un traitement informatique direct, ce qui lui permet de modifier les informations imprimées en temps réel. Le jet d'encre permet ainsi le marquage "aléatoire", selon les informations fournies par l'ordinateur. Il permet donc d'imprimer en ligne les gains pour des jeux de hasard à gratter sur les rotatives. La technologie jet d'encre permet aussi d'imprimer les adresses des abonnés sur les journaux quotidiens. Elle permet l'impression des codes barres en ligne, comme par exemple pour le tri postal ou toute autre application où la vitesse est primordiale.
La gestion informatique, combinée à l'utilisation d'encres jet d'encre spéciales (visibles sous UV ou sous IR, phosphorescentes, photochromes...), permet d'introduire le jet d'encre dans les domaines d'applications sécuritaires ou secrètes (marquages...).
Enfin, et surtout, la technologie jet d'encre autorise des impressions très grand format (affiches, posters...) car il suffit de déplacer une rampe de tête jet d'encre pour pouvoir imprimer en théorie n'importe quelle surface. Elle joue aussi un rôle dans certaines technologies de prépresse (impression d'épreuves numériques).
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