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          Révision : 01 octobre 2002
 
L'emballage hors papier et carton
 
Benoît Bourque et Sébastien Lerique
(étudiants EFPG - mars 2002)
       
 
  Plan  
I -  Introduction
II - Les différents matériaux
III - Les procédés d'impression
IV - Scénarios
V - Conclusion
VI - Bibliographie
 
        
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I - Introduction
Sommaire
La communication confiée à l’emballage est l’objet d’une attention extrêmement vive. Support majeur, souvent unique, le conditionnement doit intégrer les informations réglementaires et permettre au produit de s’imposer, en particulier dans le contexte indifférencié de la vente en grande surface. C’est pourquoi les formes, le toucher, les couleurs et la lisibilité sont l’objet de toutes les attentions. Ainsi, la diversité des supports d’emballage prend toute son importance.
Cerner les différentes tendances et évolutions dans le domaine des techniques d’impression et de transformation appliquées à l’emballage constitue un exercice aussi passionnant que difficile. Passionnant, parce qu’il renvoie à tout un faisceau d’éléments à la fois techniques et marketing (choix des techniques d’impression en fonction de l’importance des tirages et de l’impact souhaité sur le plan visuel…). Difficile, parce que dans ce domaine les chiffres ne sont pas évidents à glaner et que les évolutions sont rapides et pas toujours faciles à saisir.
 
II - Les différents matériaux
Sommaire
II-1- Les plastiques
L’emballage représente aujourd’hui 38 % de la consommation de matières plastiques en France avec 1,8 millions de tonnes. Bien que troisième matériau d’emballage en termes de tonnage, il est le premier en termes d’UVC (unités de vente consommateur).
Le polyéthylène. Il s'agit du film le plus populaire dans le domaine de l'emballage. Il occupe entre 70 à 80 % du marché du film plastique. Le polyéthylène a une disponibilité sous les formes LDPE, LLDPE et HDPE. Les deux première formes le rendent adapté à de nombreux produits comme les sacs de shopping, les sacs de transport, les films étirables, l'emballage pour les produits surgelés et les produits frais, la viande et la volaille. Quant au troisième, plus rigide, il remplace de plus en plus le LDPE pour les sacs promotionnels et les sacs de shopping. Le polyéthylène va probablement continuer à croître à raison de 4 à 5 % par an.
Le PVC. Il fut longtemps contesté en raison de son hostilité sur l'environnement mais il utilise moins d'énergie et de ressource non renouvelables que les autres matières plastiques. De plus, il est recyclable. Il devrait croître de nouveau dans les années à venir.
Le polypropylène. Il est le plus souvent utilisé dans sa forme orientée : l'OPP. Le film est très adapté à l'impression, au pelliculage et à la métallisation. Il se substitue au papier, au PE et au PET ainsi qu'à d'autre produits pelliculés.
Le polyester (PET). Le polyéthylène térepthalate ou polyester est essentiellement utilisé en tant que matière de support sur laquelle un autre film est couché ou coextrudé. Les films sous PET connaissent une forte croissance.
Le polystyrène. Il existe sous deux formes. La première, la plus pure, est utilisée pour les produits rigides à parois épaisses et la deuxième, sa forme orientée biaxiale, est un film plutôt rigide. Le polystyrène peut être également extrudé pour former un film de mousse, ce qui est une excellente matière pour l'emballage des légumes et des fruits. En raison de ses bonnes propriétés de thermoformage, son utilisation croît rapidement.
Le film de cellulose. Le film de cellulose, également appelé Cellophane, perd depuis les années 70 sa plus grande part de marché en faveur de l'OPP. Sa production a fortement décliné en passant de 620.000 tonnes en 1973 à 150.000 tonnes en 1995. En Europe, seule une entreprise persiste dans ce domaine (UCB Films).
Le polyamide. Le Nylon est la matière de base du polyamide, mais c'est une matière première peu importante pour l'emballage souple.
Des films plastiques multicouches ont été introduits il y a quelques années et se développent grâce à l’apparition de liants efficaces entre les différents polymères.
Malheureusement, le prix des matières premières est soumis à une grande fluctuation (hausse de 60 % entre avril 1999 et décembre 2000), notamment à cause du prix du pétrole. Et bien que les gains de productivité aient été importants ces dernières années, ils n’ont que partiellement compensé la conjugaison de la baisse du prix de vente et de la hausse des matières premières. Les marges des transformateurs de matières plastiques sont donc de plus en plus faibles, exception faite peut-être pour le PET.
  II-2- Le verre  
La verrerie d’emballage est un secteur très concentré. L’industrie se caractérise, par rapport aux autres secteurs de l’emballage, par l’importance du processus de transformation. Ce processus se mesure par la valeur ajoutée dans le chiffre d’affaire (45 %). L’emballage, dans le secteur verrier, est en constante progression. Il reste le contenant privilégié des produits à forte valeur ajoutée. Mais depuis les fêtes du millénaire, les grands minéraliers, qui avaient choisis le verre pour créer des bouteilles prestigieuses, pourraient se développer pour créer des gammes chez les leaders du marché.
  II-3- Le bois  
Le secteur de l’emballage en bois évolue dans le monde de l’artisanat. Seules deux firmes sur 230 comptent plus de 250 personnes. Malgré une poussée des emballages en carton et en plastique, les producteurs d’emballages en bois résistent et n’ont réduits leurs livraisons que de 4 % en quatre ans.
  II-4- Les métaux  
    Ce secteur d’activité est très concentré puisque les quelques entreprises de plus de 200 salariés réalisent plus des deux tiers du chiffre d’affaire et des exportations de ce secteur. En France, c’est principalement dans le secteur de l’agro-alimentaire que sont présentes ces entreprises, avec les boites de conserves et les boites boissons. Les autres entreprises, de taille plus modeste, s’imposent sur des marchés complémentaires du type bouchage et surbouchage, cosmétiques, aérosols, produits chimiques.
    Les emballages métalliques font face aux autres secteurs de l’emballage en innovant. Par exemple, en concevant des produits plus écologiques et plus légers.
L’emballage métallique reste en progression de 5 % par an. Les boites de conserves et les boites boissons représentent plus de 50 %, tant en valeur qu’en tonnage, pour l’emballage métallique.
L’aluminium reste l’un des principaux métaux utilisé grâce aux barquettes (plus d’un milliard et demi par an) et aux feuilles dans l’emballage souple. Mais il régresse dans le marché de la boite boisson au profit de l’acier.
 
III - Les procédés d'impression
Sommaire
III-1- Panorama des procédés
Les deux procédés qui dominent largement le marché des emballages ne contenant pas de papier sont la flexographie (52 % en France et 61 % en Europe) et l’héliogravure (quasiment le reste). Les autres procédés d’impression restent largement minoritaires, comme l’offset sur quelques films plastiques et la sérigraphie sur le bois et épisodiquement sur les verres. Il existe aussi pour l’impression des boîtes boisson (dites canettes) un procédé appelé offset sec ou typographie report.
Bien que l’héliogravure ait l’avantage d’avoir une meilleure qualité d’impression (surtout au niveau de la régularité), cette qualité n’est pas toujours recherchée. Et bien que les coûts d’impression soient peu ou prou équivalents pour un imprimé de qualité, le procédé flexographique est beaucoup plus avantageux sur des tirages de qualités moyenne ou ordinaire.
Voilà pourquoi l’exploitation en parallèle de plusieurs technologies (offset, hélio, flexo) se pratique de plus en plus dans les entreprises, afin d’exploiter tour à tour les avantages de chacun des procédés en fonction des marchés et des supports utilisés.
Le jet d’encre est apparu il y a peu sur différents supports pour un marquage, et non pour une impression (date limite de consommation et numéro de lot).
  III-2- Impression sur bois  
Le bois est imprimé presque exclusivement par sérigraphie.
  III-3- Impression sur verre  
Le verre est très peu imprimé sauf pour les produits à forte valeur ajoutée (bouteilles de parfum) et quelques autres produits marginaux qui sont imprimés par le procédé sérigraphique. Le produit est généralement accompagné d’une étiquette constituée la plupart du temps de papier.
  III-4- Impression sur métaux  
    Tous les procédés d’impression peuvent être utilisés pour imprimer le métal. Le choix du procédé dépend de l’épaisseur du métal, de l’importance et de la finesse des décors et de la répétition des tirages.
    Ainsi, les boîtes boisson deux pièces, aérosols et tubes souples s’impriment en offset sec (dit aussi typographie-report, à ne pas confondre avec l’offset sans mouillage "waterless") avec séchage UV ou air chaud. L’héliogravure et la flexographie se partagent l’impression sur métal seul, ou en complexe, par exemple dans la petite sacherie.
III-5- Impression sur matières plastiques
Les différents films plastiques peuvent être imprimés soit par le procédé de la flexographie soit par le procédé de l’héliogravure.
    Tous les produits rigides du style bouteille en plastique ne sont pas imprimés, mais la majorité ont une étiquette collée dessus. Cette étiquette est la plupart du temps constituée d’un film plastique.
    Cependant, certains plastiques (PE, PP) peuvent subir un traitement de surface par effet corona. Ils peuvent alors être imprimés en sérigraphie.
III-6- Tableau récapitulatif :
Technique d'impression Plastique   Bois   Verre Métaux
Héliogravure **     *
Flexographie ***     *
Sérigraphie * *** *  
Offset *     *
*** : très important       ** : important       * : peu important
 
IV - Scénarios
Sommaire
IV-1- Le papier reprend le dessus
Le papier est pour l'instant le matériau le moins cher par rapport à son poids. Il est donc possible que grâce aux nouvelles innovations papetières, produire du papier devienne de plus en plus avantageux. De plus, de nouvelles fibres papetières peuvent apparaître et conférer au papier des caractéristiques mécaniques au delà de tout ce qu'on avait vu auparavant.
En revanche, les matériaux plastiques sont soumis aux prix du pétrole. Les événements de Septembre 2001 ont montré qu'une crise du pétrole est tout à fait envisageable. D'ailleurs, l'OPEP réfléchit actuellement à plusieurs moyens d'augmenter le prix du pétrole, d'autant que les réserves s'amenuisent de plus en plus. D'ailleurs, alors que l'on a pas vraiment trouvé d'alternative au pétrole pour faire fonctionner les voitures, les alternatives au plastique existent. Il y a aussi un gros problème écologique, avec les marées noires successives qui polluent les océans. En revanche, l'industrie papetière n'est pas connue pour être une industrie très polluante. Le plastique n'est donc pas éternel, et peut commencer à disparaître à tout moment. Ainsi, le carton est amené à augmenter considérablement ses parts de marché. Le procédé offset étant beaucoup plus présent sur le papier que sur les autres matériaux, l'offset va prendre une part majoritaire dans l'impression d'emballages. La flexographie, quant à elle, pourra voir sa première grande crise et devra se rabattre sur le carton ondulé.
  IV-2- Le plastique est omniprésent  
Le plastique est peut être plus cher que le papier actuellement mais aux vues des efforts effectués par les collectivités locales pour le recyclage, on peut envisager que le plastique prenne des parts de marchés sur l'emballage papier-carton. En effet, les fibres papetières ne peuvent être recyclées plus de cinq fois, ce qui oblige les fabricants de papier à rajouter régulièrement de nouvelles fibres alors que le plastique peut être recyclé autant de fois que l'on veut. De plus, la forêt mondiale est de plus en plus réduite à cause de la déforestation des pays en voie de développement. On peut également imaginer une guerre concurrentielle entre les grands pays exportateurs de pétrole, ou que la Russie puisse exploiter ses réserves qui sont pour l'instant intactes pour faire baisser le prix du baril de pétrole. Le développement du plastique pour l'emballage permettra aux imprimeurs de n'utiliser qu'un seul mode d'impression, flexographie ou offset, au lieu de deux actuellement : la flexographie ou l'offset pour le papier ou le carton plat, la flexographie pour le carton ondulé. Enfin le plastique, contrairement au papier, est très facilement maniable, et on peut lui donner toutes les formes que l'on veut pour emballer le produit. Il est également le matériau d'emballage le plus utilisé pour les produits dangereux.
  IV-3- Tendances actuelles et perspectives  
On observe depuis quelques années une réduction certaine des volumes de tirage (15 à 20 % chaque année depuis 1998). Celle-ci est causée en partie par une multiplication des créations de gamme, une fréquente apparition de nouveaux produits et surtout par la mise en place sur le plan de la logistique d’une politique « zéro stock ». Cette baisse est une tendance généralisée et risque fort de continuer.
Or, le coût d’un imprimé dépend beaucoup du nombre d’imprimés à effectuer. Et à cause de cette baisse des volumes, le procédé flexographique prend de plus en plus de place. D'après une étude de GAMIS (Graphic Arts Marketing Information Service), la flexographie est le procédé d'impression le plus utilisé dans l'industrie de l'emballage. Son chiffre d'affaire devrait d'ailleurs croître de plus de 30 % entre 2001 et 2005.
Par contre, l'héliogravure a subi récemment une baisse significative de son chiffre d'affaire dans l'impression des emballages.
Les autres procédés d'impression ne représentent qu'un infime part des imprimés d'emballage. Cependant, les presses numériques peuvent investir ce marché d'ici à quelques années, mais auront encore pendant longtemps une part limitée. Elles pourront quand même s'intégrer dans l'industrie de la transformation en combinaison avec les procédés classiques.
Le plastique est nécessairement voué à évoluer. Des nouveaux films plastiques complexés sont inventés et mis sur le marché tous les trois mois. Par exemple, la société Tilda imprime sur du "surlyn" , un film fourni par DuPont en association avec le fabricant d'emballages Algroup Lawson Mardon (GB). Ce matériau, imprimé en héliogravure, possède des caractéristiques mécaniques excellentes, et sert notamment à emballer du riz. Il remplace donc avantageusement le carton habituellement utilisé. C'est dans ce genre d'emballage que l'héliogravure peut voir son avenir un peu plus rose qu'il ne l'est en ce moment.
 
V - Conclusion
Sommaire
On observe une forte progression dans l’utilisation des emballages souples, qui sont plus légers que les autres types d’emballages. Cette progression va se poursuivre pour diverses raisons, notamment des coûts plus modestes pour le recyclage. Le suremballage est désormais limité pour des raisons écologiques, si bien que les films deviennent une meilleure réponse à la plupart des besoins que ne le sont le papier et les produits de carton. En outre, bien des choses ont été améliorées sur les emballages à base de film : la conservation et les barrières, les systèmes d’ouverture et de fermeture. Cependant, il reste difficile de prévoir une quelconque évolution, tant la fluctuation du marché de l'emballage est grande.
 
VI - Bibliographie
Sommaire
Documents imprimés
    L’industrie française de l’emballage en chiffres Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie Edition 2000
  The future of Package Printing   PFFC – Janvier 2002
  Caractérisation des encres offset sec par leurs propriétés rhéologiques et leurs propriétés de transfert HAUER C. Projet de fin d’étude EFPG 1997
  Dossier Hélio   Flexo Gravure Europe - Juillet 2001
  L’emballage, premier marché des matières plastiques   Flexo Gravure Europe - Mai 2001
  Nouvel emballage en "surlyn"   Flexo gravure Europe – Octobre 2000
  L’évolution du marché de la flexographie en Europe   FG Converting - Avril 2001
  Emballages plastiques : secteur en pleine expansion   FG Converting - Mai 2001
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