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  Vous êtes ici : Accueil > Technique > Mémoires > Presses numériques Jet d'encre Révision : 04 Avril 2005  
  Presses numériques jet d'encre
   
 Emily HAMBURGER et Marie HONDERMARCK

Élèves Licence Professionnelle
Décembre 2004

       
     
  Plan  
I - Introduction
II - Démarche des sociétés Agfa et Kodak
III - Présentation des presses numériques
IV - Impression de données variables
V - Marché
VI - Conclusion
VII - Bibliographie et Webographie
     
 
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I - Introduction

Plan 

L’arrivée de l'impression numérique industrielle dans le monde des industries graphiques remonte à un peu plus d'une dizaine d’années. Depuis l'évolution est constante et les presses numériques couleur présentent actuellement sur le marché proposent des technologies fiables et performantes. Si pendant longtemps ce secteur a été largement dominé par l'électrophotographie, depuis quelques années, le jet d'encre progresse surtout sur le créneau de la vitesse des systèmes de production qui apporte un net avantage commercial pour  la personnalisation des documents. En effet, l'impression de données variables est le véritable enjeu de ces systèmes d'impression. Cependant le marché sur lequel on comptait beaucoup, au milieu des années 90,  tarde encore à véritablement exploser.

L’impression numérique repose sur deux procédés bien  distincts et complexes : d'une part l’électrophotographie et d'autre part le jet d’encre.

   
Voir aussi

Pour l’électrophotographie, un cylindre, recouvert d'un matériau photoconducteur, est chargé de manière uniforme par effet Corona, grâce à un fil porté à une tension de 7 à 8.000 volts. Dans l'obscurité, le photoconducteur est isolant. Dans les zones où il est rendu conducteur par un rayonnement lumineux (souvent issu d'un laser), il se décharge. L'image latente électrostatique est ensuite révélée par un toner de charge opposée, fixé au papier par chauffage. Ces presses peuvent imprimer en quadrichromie, recto/verso, et en un seul passage.

Le procédé d’impression jet d’encre se caractérise lui par deux technologies différentes : le jet d’encre continu (CIJ, Continuous Ink Jet) et la technologie goutte à la demande (DOD, Drop On Demand).

Le jet continu consiste à expulser en continu des gouttelettes d’encre chargées électrostatiquement ou non. Lors de leur passage entre deux plaques de déviation, les gouttelettes d’encre sont soit envoyées en direction du support à imprimer, soit récupérées à l’aide d’une gouttière pour être recyclées.

Pour la technologie, goutte à la demande, les gouttelettes sont expulsées par intermittence. On envoie alors que les gouttes d’encre strictement nécessaires à l’impression. Cette technique n'entraîne pas de déviation de la trajectoire des gouttelettes. Il n'y a pas besoin de gouttière donc absence de recyclage. La création des gouttes se fait à travers l’orifice (buse) d’une tête d’impression soit par extraction électrostatique, soit par éjection mécanique piézoélectrique, soit par excitation thermique (bubble jet). Les orifices de ces têtes d’impression sont plus gros qu’en jet continu, ce qui réduit les risques d’obstruction. En revanche, cette technologie est plus lente.

Quoiqu'il en soit, deux constructeurs présentent, aujourd'hui, des presses numériques jet d'encre très prometteuses sur le marché de la personnalisation : Agfa avec la The.Factory (prononcé The  Dot Factory) basée sur la technologie piézocéramique, goutte à la demande (DOD) et Kodak avec la Kodak Versamark basée sur la technologie jet continu. Le point très surprenant relatifs à ces acteurs Agfa et Kodak c'est qu'ils sont des nouveaux entrants dans le secteur de l'impression numérique jet d'encre. Leur arrivée sur le marché de l'impression numérique est très récente et liée au rachat de sociétés, Dotrix pour Agfa et de Scitex pour Kodak.

Toutefois, ces sociétés ont déjà été présentes sur le marché de l'impression numérique. La société Eastman Kodak Company avait acheté dans les années 80 une société appelée Diconix qui fabriquait des imprimantes jet d'encre, puis l'a revendue à Scitex. Agfa Geveart a été un acteur majeur de l'impression numérique électrophotographique lors des débuts des presses numériques dans les années 90 avec un accord de distribution pour la Chromapress fabriquée par Xeikon dont il s'est défait par la suite. C'est donc le retour vers l'impression  numérique de ces acteurs. Il est alors intéressant de revenir sur la démarche de ces sociétés vis à vis de l'acquisition de la technologies d'impression numérique jet d'encre.

 

II - Démarche des sociétés Agfa et Kodak

Plan 

II-1 - Agfa Gevaert

Fondée en décembre 2001, Dotrix est une entreprise issue de Barco-Graphics, situé à Gand, en Belgique. Cette entreprise s’est rapidement imposée sur le marché des solutions pré-presse au niveau des applications d’impression décorative, de sécurité et d’emballage. En 2002, Dotrix introduit avec succès sa nouvelle presse jet d’encre numérique couleur. Cette presse, dédiée aux marchés de la décoration, de l'impression de sécurité et des applications industrielles, est commercialisée sous le nom « The.Factory » (prononcé the dot factory). Elle met en oeuvre la technologie évoluée du système jet d'encre couleur en seul passage (SPICE : Single Pass Inkjet Color Engine)

La société Dotrix emploie un effectif d’environ 75 employés. En 2003, elle signe un nombre important de contrats internationaux, et son chiffre d'affaires est estimé à près de 5 millions d’euros. Le 5 janvier 2004, Agfa-Gevaert annonce la signature d’un accord avec la société Barco-Graphics, stipulant l'achat des actifs et du personnel de Dotrix pour 6 millions d'Euros.

Le groupe Agfa-Gevaert est l’un des leaders mondiaux de l’imagerie. Agfa développe, fabrique et commercialise des systèmes analogiques et numériques destinés principalement à l’industrie graphique, au secteur médical, à la micrographie, au cinéma et à la photographie. Le siège social est basé en Belgique, à Mortsel. La société est active dans 40 pays et compte 120 agents répartis dans le monde. Dans l’ensemble, les ventes ont totalisé 4 683 milliards d’euros en 2002.

L’acquisition de la presse The.Factory permet à Agfa de se positionner sur le marché de l’impression numérique avec des solutions pour répondre aux marchés à croissance rapide comme ceux de l'impression décorative et sécuritaire et ceux de l'emballage et des étiquettes. Les prévisions tablent sur un accroissement rapide de la clientèle grâce à de meilleurs délais de commercialisation et à la renommée de la marque Agfa-Gevaert.

II-2 - Kodak

En 1983, eastman Kodak Company fait l'acquisition de la technologie imprimante jet d'encre en rachetant la société Diconix. En 1988, cette filiale est intégrée au groupe Kodak qui devient kodak Dayton Operations. La technologie jet d'encre progresse et devient petit à petit mature.

Mais en 1993, Kodak doutant du développement de l'impression numérique revend la technologie à la société Scitex Corporation basée en Israël qui devient alors Scitex Digital Printing.

Dix ans plus tard, le 5 janvier 2004, Scitex est racheté par Eastman Kodak au prix de 201 millions d’€uros et devient Kodak Versamark Inc. A la tête de cette filiale, Kodak nomme l’ancien patron de Scitex Digital Printing, Nachum Shamir.

La société Eastman Kodak Company, leader dans le domaine de la photographie, développe une nouvelle stratégie. Ses trois dernières acquisitions sont : Encad Inc, la joint venture Kodak Polychrome Graphics, et la joint venture Nexpress LLC. La société se positionne aujourd'hui comme l’un des leaders du marché des solutions d’impression numérique. Eastman Kodak Company pèse 385 milliards de dollars (soit 310 milliards d’euros).

 

III - Présentation des presses numériques

Plan 

III-1 - The .Factory

La presse numérique jet d'encre "Dot Factory" d'Agfa Gevaert
The.Factory (Agfa Geveart)
(Source : Dotrix Technology)

Depuis janvier 2004, Agfa Gevaert développe et commercialise la presse numérique The .Factory. Cette presse est alimentée par bobine. Elle est vendue dans sa forme de base en 4 couleurs, mais il est possible d’ajouter 2 couleurs supplémentaires. Elle est capable d’imprimer sur une laize mesurant au maximum 63 cm à une vitesse atteignant jusqu’à 24 mètres par minute. Ce qui correspond à un débit de 900 m² par heure, autrement dit l’équivalent de 200 pages A4 par minute. Cette presse 4 couleurs est qualifiée d’ultra rapide. The .Factory est destinée aux marchés de l’impression industrielle, c’est pourquoi elle n’a pas été conçue pour une impression feuille à feuille. Elle s’est imposée dans quatre domaines industriels précis. Tout d’abord, l’impression décorative pour imager les sols vinyls ou les papiers peints par exemple. Puis, dans le domaine de la sécurité pour les documents administratifs (Sécurité sociale : 900 millions de pages imprimées par an) et officiels ainsi que les cartes d’identités. Mais encore,la Dotrix réalise les impressions pour les applications PLV (Présentation sur Lieu de Vente). Enfin, elle s’est imposée aussi sur le marché des étiquettes et des emballages.

The.Factory est une presse numérique capable de répondre à différents marchés car elle existe en deux formats (35 et 63 cm de format utile) et peut imprimer sur des supports variés tels que du papier, cartons, films, vinyls, supports spéciaux.

The.Factory comprend différentes unités. Tout d’abord son unité de base est composé d’un contrôleur de bobine à l’entrée de la presse qui contient un dérouleur/enrouleur de bobine, un contrôle de tension du support, un groupe en option pour un prétraitement (charge corona qui facilite l’adhésion et l’étalement de l’encre sur certain plastique et film). On trouve également un prétraitement (encre UV) et un détecteur de marquage optionnel. La tension exacte de la bobine peut être régler sur le panneau de contrôle en accord avec les exigences du support à imprimer.

Le module d’impression de cette presse s'appelle SPICE (pour Single Pass Inkjet Colour Engine) soit machine à impression jet d’encre couleur en un seul passage. C’est un assemblage modulaire de têtes d’encres configurées pour un nombre de couleurs et des largeurs d’impression.

Principe de fonctionnement du jet d'encre piézo-électrique
Principe de fonctionnment du jet d'encre piézo-életcrique

Le système SPICE exploite avec les têtes d’impression jet d'encre de Toshiba Tech une technologie à impression jet d’encre en niveaux de gris, piézo-électrique en gouttelettes à la demande (DoD), dont le principe de fonctionnement est illustré par le schéma ci-contre. Chaque cartouche d’encre possède des connexions électriques, un système de refroidissement et un fournisseur d’encre. Le système de fixation est élaboré de manière à ce que les changements de cartouches, soit en cas de problème, soit en cas de changement de couleur, puissent s’effectuer rapidement et efficacement. Le compartiment à encre comprend un container interne, un détecteur de niveau et un approvisionnement d’encre pour chaque cartouche individuelle. Chaque compartiment à encre affiche le niveau de la cartouche et dispose d’un système de remplissage automatique pendant que la presse tourne. Le nettoyage des cartouches est établit avec une fonction de maintenance préventive et une purge régulière pour tout éventuel blocage des buses par de l’encre séchée ou des particules de poussière.

Un des avantages de la technologie piézo jet d’encre correspond à l’utilisation d’encres de viscosité élevée.

Dotrix propose l’utilisation d’encres à base d’huile et d’encres à séchage UV pigmentées plutôt que des encres à base de solvants ou d’eau avec des colorants. Les encres à base d’huile sèchent rapidement et sont adaptées aux applications à vitesse élevée alors que les encres UV offre une adhésion immédiate sur des surfaces non absorbantes. Les gouttelettes d’encre sont générées par intermittence en accord avec les signaux électriques envoyés par le RIP.

The.Factory est une presse numérique avec de grandes capacités d’impression en niveaux de gris d’une haute efficacité et stabilité. Cette capacité d’impression est liée à la possibilité d’imprimer avec une qualité et une vitesse élevées en faisant varier le volume des gouttes. Les têtes d’impression Toshiba Tech utilisées proposent 8 niveaux de gris. Elles permettent d’éjecter entre 0 et 7 gouttelettes qui fusionnent en une goutte qui se place jusqu'au support. La plus petite goutte générée mesure 6 pico-litres et la plus grosse 42 pico-litres. Ces différentes intensités, associées à un tramage stochastique, se traduisent par un niveau de qualité d’impression très élevé, bien au dessus du niveau standard, pour une résolution de 300 dpi.

Cette presse est équipée d’un RIP puissant ainsi que d'un assembleur de données ce qui permet l’impression variable de données à grande vitesse et une gestion de la couleur évoluée. The.Factory intègre également un dérouleur Jumbo ainsi qu’un massicot en ligne pour les applications PLV, des boîtes pliantes et des étiquettes en bobine-bobine.

 

III-2 - Kodak Versamark

La presse jet d'encre Kodak Versamark
Presse Kodak Versamark
 

La presse Kodak Versamark a été lancée en 1999 par Scitex Digital Printing. Elle se décline en plusieurs versions qui ont toutes des caractéristiques distinctes.

La Kodak Versamark a été conçue pour l'impression numérique couleur de tirage important avec impression de données variables. La donnée variable sur cette presse est plus importante que les notions de qualité d'image et de reproduction des couleurs. Malgré le coût élevé de cet équipement (entre 1,4 et 5,5 millions d’euros), cette presse est capable d'atteindre le coût par page imprimée le plus bas du marché -- à condition qu’un minimum de 3 millions de pages A4 soient imprimées par mois.

La Kodak Versamark est utilisée dans des domaines industriels divers. Pour les documents transactionnels, relevés de banques,  tickets et factures. Mais aussi pour les impressions commerciales, des magazines, des cahiers de publicité, des coupons, des bons. En général, ce sont des applications qui ne nécessitent pas une très grande qualité d’impression des images.

Coté technologie, la presse Kodak Versamark utilise la technologie d’impression jet d’encre en jet continu binaire. Ce système consiste à envoyer à travers de petites ouvertures, sous l’effet d’une très haute pression, un certain volume d’encre. La taille et la fréquence de ces gouttelettes sont déterminées par la tension superficielle de l’encre liquide, la pression appliquée et le diamètre des buses. Pour maintenir une régularité de taille et d’espacement de ces gouttelettes, des pulsations de pression à haute fréquence sont envoyées continuellement dans l’encre.

Les têtes d’impression utilisées pour les presses Kodak Versamark ont été développées par Scitex Digital Printing. Elles comportent 2691 buses alignées sur une seule ligne, la largeur de ces têtes d’impression est de 228 millimètres.

L’encre utilisée pour ces presses est une encre à base d’eau nommée VersaPure 2000 Process Colour, fournie par Versamark et Collins. Cette encre peut être utilisée avec une grande variété de papiers. Il est possible d’obtenir une très large gamme de couleurs, donc un domaine colorimétrique étendu, lorsque l'encre est utilisée correctement, et avec les bons outils. Le problème majeur de cette encre à base d’eau est l’absorption par les fibres du papier. Cela peut donner de mauvais résultats, comme par exemple le fait de voir l’impression à travers l’autre face, d’avoir un élargissement des points de trame ... lorsque du papier de mauvaise qualité est utilisé.

La Kodak Versamark est toujours alimentée par bobine, mais à la sortie de la machine,  il est possible d’obtenir des feuilles coupées suivant le modèle de la presse. La largeur maximum de la bobine est de 50 centimètres et sa vitesse est de 150 mètres par minute en moyenne. Elle peut imprimer jusqu’à 305 mètres en 240 dpi (équivalent à 2000 pages A4 par minute), ou jusqu'à 229 mètres par minute en 300 x 600 dpi en monochromie.

Cette presse a été conçue comme une plateforme modulaire, destinée à évoluer au fil du temps et des utilisations. Chaque partie de la presse peut être remplacée avec beaucoup de facilité. Il y a environ 18 configurations différentes pour la Kodak Versamark, recto ou recto/verso, monochrome ou couleurs (nombre illimité)…

On peut trouver principalement 3 lignes de produits pour répondre aux besoins de l’impression numérique de gros volumes :

Le tableau ci-dessous propose un récapitulatif des principales propriétés de ces deux presses numériques jet d'encre.

  The.Factory Kodak Versamark
Technologie Goutte à la demande Piézo-électrique Jet Continu Binaire
Approvisionnement Bobine Bobine
Vitesse de la bobine de 5 à 24 mètres/minute de 150 à 250 mètres/minute
Largeur de la bobine 35 cm ou 63 cm 50 cm
Vitesse d'impression 902 m2/heure (= 200 pages A4/minute) 305 m/minute (=2000 pages A4/minute) en 240 dpi
Encre UV sans solvants, à base d'huile VersaPure 2000 Process Color (à base d'eau)
Têtes d'impression Toshiba Tech Scitex
Nombres de couleurs de 4 (CMJN) à 6 (CMJN + 2 couleurs) de 1 à 6 couleurs
Supports d'impression Film, plastique, papier couché, aluminium Papier
Domaines d'applications Décoration, sécurité, packaging, ... Documents transactionnels, magazines, impressions commerciales, ...
Tirage Court et moyen Moyen et gros
Impression Recto Recto/Verso
Résolution 360 dpi max 300 x 600 dpi
Particularités Module d'impressions SPICE Existe en 3 versions : JetBlack, Vantage, Ultra

 

IV - L'impression de données variables

Plan 

Une des particularités des presses Kodak Versamark et The.Factory de Agfa est qu’elles ont toutes les deux la capacité d’imprimer des données variables. Cette notion de données variables se retouve sous le vocable V.D.P en anglais, ce qui signifie Variable Data Printing. Par VDP on entend la possibilité d'associer des textes et des images selon un ordre déterminé sur un document, sans qu’il soit identique au suivant.

La presse Kodak Versamark a tout particulièrement été conçue pour intégrer ce mode d’impression. Elle peut imprimer 2000 pages A4 par minute à une résolution d’impression de 240 dpi en intégrant 100 % de données variables en couleur.
Depuis l’acquisition de la presse The.Factory de Dotrix par Agfa, la création d’un modèle intégrant la donnée variable en couleur a été conçue. Cette presse permet d’imprimer des documents en couleur de haute qualité.

Pour l’impression de données variables, on doit disposer de 3 éléments :

Concernant les logiciels d’application pour la gestion des données variables, la quantité disponible est impressionnante. Il en existe des spécifiques selon les marchés visés. Ces logiciels permettent d’intégrer les informations contenues dans une base de données dans la mise en page standard d’un document. Ceci se fait en créant des liens entre l’information de la base de données et son positionnement sur le document. Il est possible d’obtenir un aperçu du résultat sur écran et de vérifier les différents réglages.

Par exemple, parmi les multiples logiciels disponibles sur le marché :

Chacun d’entre eux est plus ou moins adapté aux applications spécifiques que l'on va retrouver dans la gestion de données variables. La plupart de ces applications VDP sont liées à un processus commercial et nécessitent une approche différente selon le type d’impression.

L’impression variable se segmente en 4 catégories relatives à la majorité des travaux existants sur le marché :

En premier lieu, pour le VDP orienté vente, il présente beaucoup similitude avec le mailing traditionnel. Les imprimés personnalisés adressés aux coordonnées du destinataire, ont pour but d’attirer l’intérêt du futur client d’une manière plus efficace que du courrier envoyé en masse. Il a pour but de marquer les esprits et d’élargir la clientèle.

En second lieu, le VDP orienté clientèle est destiné à satisfaire immédiatement, sur le moment même. Il permet au client potentiel d’obtenir des informations spécifiques et précises sur les produits de leur choix. L’imprimé est édité comme une brochure, mais en tirage unique et personnalisé, avec les détails sur les renseignements que souhaite le client.

Pour la catégorie de VDP appliqué aux formulaires et documents transactionnels. Généralement, ce VDP est utilisé pour des applications qui gèrent des données personnelles telles que les factures de cartes bancaires et les documents d’investissement, ainsi que les tickets et itinéraires de voyage. Un contenu marketing personnalisé ou non sera rajouté à ces données grâce à des impressions en couleur.

Enfin, en dernier lieu, on trouve l’impression à la demande. Ceci concerne les documents ou produits imprimés livrés contre paiement, comme des cartes de visite par exemple. La plupart du temps, le produit se créait presque automatiquement.

Les prévisions concernant les impressions VDP tablent sur une expansion croissante et rapide, alors que seulement une fraction de produits imprimés numériquement l’utilise. L’impression de données variables présente une quantité d’avantage tant au niveau marketing que sur la satisfaction du client mais elle connaît pour l’instant un essor lent. Les projets étant très longs à préparer par rapport au temps consacré à l'impression.

 

V - Le marché

Plan 

Le temps du rodage est maintenant terminé et les ambitions qui accompagnaient la présentation des presses numériques ont été revues à la baisse. La période de très grande influence et de grande révolution qui devait être comparable à celle d’Internet est maintenant retombée. Le numérique aurait dû rapidement prendre des parts de marché à l’impression offset. Mais grâce aux systèmes de gravure intégrés qui se développent, le numérique se trouve toujours sur le marché de l’impression des tirages de 800 exemplaires maximum. Sans remplacer entièrement l’offset, le numérique est en constante évolution de par le déplacement de la frontière de rentabilité et de qualité qui le sépare de l’offset. De plus, on constate également le fort développement d’un marché que seule la technologie numérique peut couvrir, la personnalisation de documents.

Malgré l’absence de chiffres précis concernant le marché, la vente, et la production des deux presses numériques The.Factory et Kodak Versamark, nous avons trouvé quelques documents pouvant refléter l’état actuel de ces presses dans le monde des industries graphiques.

En ce qui concerne la presse numérique Kodak Versamark, on sait qu’il y a actuellement dans le monde environ 70 presses en utilisation courante, parmi lesquelles 30 sont en couleurs. Au Royaume Uni, la société qui utilise le plus ces presses s’appellent Edotech. Elle s’en sert pour imprimer les factures de la British Telecom.

Nous avons également en France un utilisateur à part entière puisque la caisse nationale d’assurance maladie possède 8 Kodak Versamark, ce qui leur permet de produire 900 millions de pages par an.

Cette année, Kodak a dévoilé, lors de la Drupa 2004, ses nouvelles têtes d’impression. Les gouttelettes engendrées sont plus petites (15 picolitres au lieu de 44). Cela permet d’imprimer sur une plus grande variété de support et d’applications : l’impression de journaux quotidiens, le packaging, les livres et les applications commerciales générales. La démonstration de l’impression couleur du journal allemand « Sueddeutsche Zeitung » est une tentative qui présente un réel succès.

La presse numérique The.Factory de Dotrix s’est implantée sur le territoire anglais pour la première fois au cours de cette année, début mars 2004. C’est Richard Gardner, directeur général de l’imprimerie Gardners, qui en a fait l’acquisition pour pouvoir étendre et diversifier sont offre. L’entreprise d’un effectif de 100 personnes, produisait surtout des applications publicitaires et techniques (PLV, étiquettes, affichage extérieur…). Grâce à la capacité d’impression qu’offre la Dotrix, cette imprimerie va pouvoir étendre son champ d’action en imprimant en plus sur des supports variés tels que des films, les plastiques et les papiers couchés. Comme la qualifie Richard Gardner, cette presse est tellement « évoluée et l’unique solution industrielle capable de produire des résultats de qualité supérieure », qu’il envisage d’installer une seconde The.Factory dans l’année qui arrive.

Aux Etats-Unis, la Rock-Tenn Company a choisi d’utiliser la presse The.Factory pour sa rapidité et sa qualité d’impression. Elle édite en courts tirages des affiches, des produits de PLV ainsi que des supports visuels pour des campagnes de publicité.

Sa rentabilité financière sur courts tirages a également séduit l’imprimerie de rotogravure Chiyoda en Belgique. Celle-ci produit des imprimés destinés au marché de la décoration en gros volume et Chiyoda a désiré investir dans une presse Dotrix car elle est une des meilleures pour les impressions en courts tirages de produits tels que les revêtements de sols (ex : c’est chez eux que la The.Factory a imprimé les faux-plancher recouvrants les stands d’Agfa et de Dotrix à la Drupa 2004).

Les concurrents dans le domaine de l’impression numérique en générale, sont très nombreux. On trouve les Indigo Press de chez Hewlett Packard, les DocuColor de chez Xerox, ou encore les presses produites par Xeikon. Les presses Kodak Versamark et The.Factory sont les seules à utiliser le jet d’encre comme procédé pour le moment. Elles ont le monopole dans leurs marchés respectifs, à savoir la décoration, l’emballage et la sécurité pour Dotrix, et les documents de gestions et de marketing pour la Versamark. Cet état est dû à leur aptitude à imprimer exceptionnellement sur des supports très variés pour la Dotrix et à l’ultra-rapidité d’impression de la Kodak Versamark. Le procédé jet d’encre et les presses numériques associées ne sont pas encore extrêmement visibles du fait de la nouveauté. Le marché se développe petit à petit, au fur et à mesure des modifications et améliorations opérées sur les presses jet d’encre et va probablement, dans les années qui arrivent, vivement concurrencer l’impression traditionnelle offset.

 

VI - Conclusion

Plan 

Les deux presses étudiées, The.Factory et Kodak Versamark, sont des systèmes modernes très élaborés, aussi complets que complexes. Cette analyse montre que cet équipement est l’aboutissement de nombreuses années de recherche. Autrefois on n’imaginait pas que le jet d’encre puisse être autre chose qu’une petite imprimante à la maison. C’est grâce au rachat d’entreprises telles que Scitex Digital Printing et Barco Graphics par des groupes leaders comme Kodak et Agfa, que ces produits numériques sont remontés en popularité et se sont repandus dans le marché mondial. C’est la renommée et les moyens financiers de ces leaders qui ont permis aux presses de profiter de bonnes campagnes de communication pour faire connaître ce procédé d’impression à présent comparable aux autres, accompagné d’avantages non négligeables.

De nos jours, les presses à technologie jet d’encre sont présentes dans le marché de l’impression. Certes, encore en petit nombre mais ils sont considérés comme satisfaisant par leurs propriétaires. Selon le domaine industriel exploité, cette technologie d’impression présente d’excellentes caractéristiques. En ce qui concerne les entreprises industrielles, la rapidité et la qualité d’impression de ce procédé ont conquis ce secteur. D’autre part, dans le secteur de l’administration et de la publication ces presses répondent bien à leurs besoins surtout en terme d’ultra rapidité qui est leur principal objectif. De plus l’investissement financier de ces équipements est rapidement rentabilisé grâce à la qualité et le nombre des produits finaux effectués.

La Dotrix se démarque plus par sa qualité d’impression de texte et d’images et par sa capacité à imprimer sur des supports multiples et variés (aluminium, film, plastique, vinyl ...) que par sa rapidité (5 à 24 m/min).

La Kodak Versamark est très performante (rapidité : 150 m/min) mais elle a encore des progrès à faire au niveau de la qualité de reproduction des images.

Les chiffres d’implantation mondiale et nationale des presses The.Factory et Kodak Versamark sont peu connus. Dans cette étude de marché, nous avons que des exemples d’entreprises qui se sont équipées, car nous n’avons pas réussi à obtenir, de la part de nos contacts, des informations précises.

 

VII - Webographie et Bibliographie

Plan

Anon.   "Dotrix : The.Factory"   Digital Demand, Mai/Juin 2004, Vol.4, n°5, p 40-43
Anon.   "Kodak Versamark"   Digital Demand, Mars/Avril 2004, Vol.4, n°4, p 44-48
C. Springford   "Jet Engines"   Digital Demand, Sept/Oct 2003, Vol.4, n°1, p 16-23
Anon.   "Personnal Services"   Digital Demand, Janvier/Février 2004, Vol.4, n°3, p 34-39
Caryl. Holland   "Variety Show"   Digital Demand, Juilllet/Août, Vol.4, n°6, p 16-21
Andrew Tribute   "Digital printing in 2008 : What will it look like ?"   The Seybold Report, Mars 2004, p 8-14
Kodak Versamark, Inc.   "Launching its latest digital colour printing technology"   Pira International
<http://pira.atalink.co.uk/printing-and-prepress/108>
Eastman Kodak Company   "About Eastman Kodak Company and Info-imaging"   Site Kodak, 25 Novembre 2003, <http://www.kodak.com/US/en/corp/pressReleases/pr20031125-01.shtml>
Alain Candille   "Avec une techno Jet d'encre, Dotrix atteint l'âge de la maturité"   Caractère, 2004,<http://www.caractere.net/article/241185.html>
Anon.   "Agfa and Varicolor Form Strategic Partnership at Drupa"   Site Dotrix, 14/05/2004, <http://www.dotrix.be/decorative/pressrelease76.asp>
Anon.   "Dotrix, an Agfa company, Announces First UK Installation of the.factory"   Site Dotrix, 04/03/2004,
<http://www.dotrix.be/decorative/pressrelease75.asp>
Alain Candille   "L'impression numérique"   Caractère, Septembre 2004 <http://www.caractere.net/article/250175.html>
John Birkenshaw   "The future of digital colour printing"   Pira International, <http://pira.atalink.co.uk/printing-and-prepress/37>
Anon   "Agfa-Gevaert acquires dotrix"   Site Dotrix, 02/02/2004, <http://www.dotrix.be/decorative/pressrelease72.asp>

 

     
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