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28 avril 1997

Quel avenir pour la plate-forme Apple ?

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Jean-Claude Sohm
(Première version -- 28 avril 1997)
(Version révisée -- 16 mai 1997)
 

La situation actuelle

Apple détient les 2/3 du marché des ordinateurs utilisés en PAO. C'est donc à juste titre que les imprimeurs se posent des questions sur le devenir de ce constructeur. Dans la presse informatique, les mauvaises nouvelles se succèdent : Apple est dans le rouge depuis six trimestres consécutifs et, selon son directeur financier, il risque d'en être encore de même pour les deux trimestres suivants. La société perd ses meilleurs cerveaux, et l'on entend parler d'OPA.

Sur le marché mondial des micro-ordinateurs, la part d'Apple est passée de 7,9 % en 1995 à 5,2 % en 1996 (source : Dataquest). En France, pays où Apple est traditionnellement bien implanté, la part de marché est descendue à 6,5 % en 1996 (source : IDC). Les analystes financiers pensent que la société Apple peut encore redresser sa situation, mais il s'agit d'une simple constatation comptable, qui est valable aujourd'hui, mais qui ne préjuge pas de l'avenir. Il est clair qu'Apple se trouve dans une spirale descendante dont il lui sera difficile de sortir : le constructeur du Mac est-il menacé de disparition ?
 

Un peu d'histoire

La plate-forme Apple est née en 1977, deux ans après les débuts de la micro-informatique. A l'Apple-I a rapidement succédé l'Apple-II, une petite machine remarquable qui a représenté jusqu'à 60 % des ventes de micro-ordinateurs au début des années 80.

Le PC d'IBM est arrivé sur le marché en 1981, et son développement a profité des erreurs commises par Apple : l'Apple-III tait un cul-de -sac technique, et Lisa beaucoup trop cher. Lorsque le premier Mac est sorti en 1984, le PC occupait déjà solidement le terrain. Depuis, Apple a dû se contenter d'une part de marché inférieure à 10 %. Apple reste cependant le seul constructeur de micro-ordinateurs qui ait réussi à maintenir une plate-forme différente de celle du PC, et ce grâce à son avance dans le domaine de l'interface graphique.

Dans le domaine de la bureautique, les logiciels-phares furent Word, et surtout Excel (que Microsoft créa sur Mac d'abord, puis porta sur PC plus tard). Le développement sur Mac du PostScript et des logiciels de traitement d'images par Adobe, a propulsé le Mac à la première place dans le domaine de la PAO. Mais aujourd'hui, les principaux logiciels d'Adobe sont présents sur PC, et cette société ne fait pas mystère de son intérêt pour cette plate-forme.

En ce qui concerne l'interface graphique, l'avance que possédait Apple n'existe plus aujourd'hui : avec Windows, de version en version, Microsoft a comblé la différence. Pour une personne habituée au système 7, travailler avec Windows 95 n'est pas déroutant : on retrouve le bureau, la corbeille, les icônes, les alias, le couper-coller et le glisser-déplacer.

Certes, le système d'exploitation est un peu plus difficile à manier : l'influence du DOS y est encore sensible. Mais avec la prochaine version (Windows 97, ou plus probablement 98) les deux systèmes vont paraître encore plus proches à l'utilisateur. Aujourd'hui, tous les grands logiciels -- qu'il s'agisse de la bureautique, de la PAO, du multimédia, de la navigation sur Internet -- fonctionnent pratiquement de la même manière sur Mac et sur PC.
 

L'avenir

En micro-informatique, l'existence de deux plates-formes présente bien des inconvénients. Elle renchérit les coûts (parce que les applications doivent être développées deux fois), et complique la vie des utilisateurs (un CD-ROM conçu pour PC seul ne passe pas sur Mac, et vice versa). Le drame d'Apple vient de ce que ces inconvénients ne sont plus contrebalancés par des avantages significatifs. Si aucune innovation marquante ne redonne au Mac un avantage déterminant, la plate-forme Apple paraît condamnée à terme.

La situation actuelle d'Apple est aggravée par le fait que son ancien management a accumulé les erreurs. Ainsi, faire du Mac un monde fermé, communiquant difficilement avec le monde PC, était un mauvais choix stratégique. Diverses options techniques (interfaçage SCSI du disque dur interne, équimement d'un lecteur de CD-ROM en standard, changements fréquents de bus, absence de standardisation des machines) rendent, à service égal, le Mac plus cher que le PC. Enfin, le retard du système 8 (qui aurait dû apparaître en 1994-95) est très regrettable, car le système 7 est mal adapté au processeur RISC. Aujourd'hui, certains afficionados d'Apple cherchent un bouc émissaire en la personne de l'actuel président, mais cet homme ne fait qu'endosser les erreurs de ses prédécesseurs.

Si l'on prend du recul, on s'aperçoit que la bonne vieille bagarre entre Mac et PC -- qui a bien fait progresser la micro-informatique -- appartient désormais au passé. Aujourd'hui, les micros prennent de la puissance et menacent directement les fabricants de systèmes client-serveur, tandis que Windows NT affronte le monde Unix. Il suffit d'ouvrir une revue d'informatique pour voir que c'est désormais là que la bataille fait rage avec en prime une lutte féroce entre Microsoft et Netscape autour des logiciels du Web. On a la pénible impression qu'Apple n'est plus dans le coup.
 

Quelle stratégie pour les imprimeurs ?

L'avenir immédiat d'Apple dépend de la manière dont le marché accueillera les nouveaux modèles de Power Mac qui viennent de sortir, ainsi que le système 8 dont l'arrivée est confirmée pour le mois de juillet prochain. Si les choses vont de mal en pis, la société Apple se repliera sans doute sur les marchés où elle est le mieux implantée, en particulier celui de la PAO : les imprimeurs seraient donc parmi les derniers à pâtir des événements. De toutes façons, la marque Apple survivrait très probablement à la disparition éventuelle de l'entreprise.

Dans l'immédiat, la prudence consiste à différer les achats de Macs, et à vérifier que les périphériques que l'on acquiert (scanner, imprimante, imageuse, système d'épreuve numérique, dispositif de sauvegarde ou d'archivage) pourraient également fonctionner avec un PC. Les imprimeurs n'ont pas de raison d'être inquiets : même si la marque Apple disparaissait (ce qui n'arrivera pas dans l'immédiat), il serait possible de faire fonctionner le prépresse sur PC, puisque certains le font déjà. Les problèmes résultants résideraient plus dans la formation du personnel, que dans la nécessaire adaptation technique.

 
 
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