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23 septembre 1997

Où va la micro-informatique ?

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Jean-Claude Sohm
(Première version : 23 septembre 1997)

Il existe une version révisée de cette nouvelle.

L'histoire

Le premier microprocesseur est apparu sur le marché en 1974. Un an plus tard, il était utilisé pour construire le premier micro-ordinateur, baptisé Altaïr : la micro-informatique était née, c'était il y a 22 ans.

L'Altaïr, et les premières machines qui suivirent, se vendirent à quelques milliers d'exemplaires, à des particuliers passionnés d'informatique qui n'avaient pas les moyens de s'offrir des heures de mini-ordinateur en temps partagé. Un an plus tard apparurent des machines (telles que l'Apple II) qui possédaient déjà toutes les fonctions d'un véritable ordinateur, et dont les entreprises devinrent les principaux clients dès le début des années 80.

En micro-informatique, la technique avance à un train d'enfer, alors que le coût reste pratiquement constant. Cela tient aux progrès des circuits intégrés (le nombre de transistors que l'on grave sur une puce double tous les 18 mois), et des périphériques (en une quinzaine d'années, la capacité des disques durs a été multipliée par mille). Le marché a suivi : en 1987, le chiffre d'affaires de la micro-informatique a dépassé celui de tous les autres secteurs de l'informatique réunis. Environ 5 millions de Macintosh, et 100 millions de PC, seront vendus cette année. La base installée d'ordinateurs comprend - pour le monde entier - entre 200 et 300 millions de micro-ordinateurs (suivant les estimations), 300.000 stations de travail, quelques dizaines de milliers de mini-ordinateurs, et 2.000 grosses machines. La croissance fantastique de la micro-informatique est intimement liée au développement rapide de l'information dans notre société, et à la numérisation toujours plus poussée de cette information.

Les premiers micro-ordinateurs étaient des machines isolées. Mais le besoin s'est rapidement fait sentir de partager des ressources communes, qu'il s'agisse de données ou de matériels : ainsi sont nés les réseaux. Dans les petits réseaux "poste à poste", chaque machine peut être à la fois client et serveur d'information. Les grands réseaux, par contre, requièrent un (ou des) serveur(s) dédié(s). C'est une machine plus musclée qu'un micro-ordinateur, et fonctionnant sous un système d'exploitation multitâche et multi-utilisateur (Unix par exemple).

Le besoin s'est fait sentir, dans la deuxième moitié des années 80, d'ordinateurs monopostes plus puissants que les micro-ordinateurs (pour les applications graphiques en particulier). Ainsi sont nées les stations de travail, fonctionnant sous Unix.

Ainsi le monde Unix (des serveurs et stations de travail) s'est développé parallèlement au monde PC, mais avec des caractéristiques différentes. Chaque constructeur a sa propre version du langage Unix, et il y a presque autant de plates-formes que de fabricants. Plus segmenté, le marché est également beaucoup plus étroit que celui des micro-ordinateurs, mais les coûts y sont beaucoup plus élevés, et les marges nettement plus confortables. La société Sun Microsystems est l'une de celles qui ont le mieux réussi dans ce domaine.
 

La situation actuelle

En micro-informatique, deux plates-formes concurrentes coexistent : celle d'Apple, née en 1976, représentant environ 10 % du parc installé, en perte de vitesse depuis le début de la décennie -- celle du PC, née en 1981, et qui s'est affranchie de la tutelle d'IBM il y a dix ans (le terme "IBM-compatible" n'a plus de sens depuis cette date). Leurs situations respectives sont très différentes en ce qui concerne le matériel : un seul constructeur pour le Mac (l'intermède des cloneurs est presque refermé), une concurrence féroce entre constructeurs (et assembleurs) pour le PC. En ce qui concerne le logiciel système, les deux situations sont identiques : pas de concurrence ! Le possesseur d'un Mac est marié à 100 % avec Apple, et celui d'un PC à 95 % avec Microsoft. En ce qui concerne les logiciels d'applications (les mêmes produits se retrouvent à peu de choses près sur les deux plates-formes) la concurrence entre éditeurs est par contre bien réelle.

Les Arts et Industries Graphiques sont fortement liés à la plate-forme Apple pour des raisons historiques : la PAO s'est développée au milieu des années 80, alors que cette plate-forme était la seule à posséder une interface graphique utilisateur. Lorsque, par la suite, d'autres applications impliquant des images se sont installées sur les micro-ordinateurs, l'interface Windows était bien implantée sur le marché, et le phénomène ne s'est pas reproduit. Exemples : la CAO (dessin industriel) et les SIG (systèmes d'information géographiques) sont essentiellement implantés sur PC. Dès le début de la présente décennie, Apple avait perdu son avance en matière d'interface graphique et, tant qu'une stratégie de remplacement adéquate n'est pas mise en oeuvre, son déclin est inévitable.
 

L'avenir

Les revirements fréquents de la société Apple au cours de ces derniers mois rendent aléatoire toute prévision concernant son devenir. Personne ne s'attend à voir la plate-forme disparaître dans un proche avenir, et les imprimeurs peuvent se rassurer : le Mac et le système 8 seront toujours sur le marché l'an prochain. Mais ce qui vient de se passer entre Apple et ses cloneurs est inquiétant pour le long terme.

Sur la plate-forme PC, la concurrence acharnée que se livrent les constructeurs fait baisser le prix des machines et précipite le progrès technique. En 1998, une fréquence d'horloge de 300 MHz, et une capacité de disque dur de 5 Go, seront considérées comme normales. La carte graphique sera désormais reliée à un bus rapide spécial (AGP), pour faciliter l'affichage d'images fixes ou animées en 3D. Le processeur Pentium MMX aura fini de s'imposer dans le multimédia, et sa nouvelle version (le Tillamook à 233 MHz, consommation réduite à 5 W) va révolutionner le domaine des portables, qui se développe maintenant beaucoup plus vite que celui des machines fixes. Les périphériques lents (scanner, appareil photo numérique, etc.) seront reliés à l'unité centrale grâce au bus USB. Le lecteur de CD-ROM sera complètement banalisé, et on commencera à le remplacer par le lecteur de DVD-ROM. Le CD-R aura pris une place importante dans le domaine de l'archivage, et le CD réinscriptible fera son chemin dans le domaine du stockage. Le développement de la photo numérique s'accélérera, réduisant l'emploi du scanner dans les ateliers de prépresse.

On attend pour 1998 l'arrivée sur le marché de Windows 98 et de Rhapsody. Si la société Apple ne change pas ses plans, Rhapsody sera multi-plate-forme, et les utilisateurs de PC auront le choix entre deux systèmes d'exploitation -- une situation tout à fait nouvelle pour eux. Mais la société Apple pourra-t-elle réellement porter Rhapsody sur la plate-forme PC sans nuire au Mac ?

Depuis deux ans, on parle beaucoup du NC (Network Computer), dispositif imaginé par Sun, intermédiaire entre un simple terminal, et un micro-ordinateur. Le NC possède un système d'exploitation simplifié (JavaOS), et utilise des applications qu'il reçoit sous forme "d'applets" Java. On a beaucoup dit que le NC et JavaOS menaçaient le PC et Windows, mais il semble pour l'instant que le NC ne se développe que lentement, et que son marché morde plutôt sur celui des terminaux que sur celui des micro-ordinateurs.

Si Sun attaque le monde PC avec le NC et JavaOS, le monde PC commence à mener la vie dure au monde Unix. Endurcies par leurs succès dans le monde PC, des entreprises telles que Compaq et Dell se sont lancées dans la fabrication de serveurs et de stations de travail, et tirent les prix vers le bas. Profitant de la fragmentation du monde Unix, Microsoft fait pénétrer avec succès son logiciel Windows NT. La société Intel, enfin, introduit ses processeurs les plus puissants sur ce marché nouveau pour elle. Si l'on prend du recul, et si l'on oublie les rivalités entre firmes, on constate que la montée en puissance des micro-ordinateurs risque de laminer le marché des serveurs et des stations de travail, comme il a laminé celui des mini-ordinateurs. Il n'y a plus de différence, aujourd'hui, entre un PC haut-de-gamme et une station de travail bas-de-gamme -- si ce n'est que le premier est nettement moins cher que la seconde. Une constatation similaire pourra bientôt être faite entre PC et serveur dans un avenir proche.

 
 
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