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16 juin 1997

Réseaux : le client léger

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Il est très rare de trouver, en milieu professionnel, un ordinateur isolé : aujourd'hui, les machines sont toujours montées en réseau, de telle sorte que l'information puisse circuler facilement de l'une à l'autre. Les réseaux d'entreprise constituent actuellement, avec Internet et son dérivé Intranet, les principaux pôles de développement de l'informatique. A titre d'exemple, le marché de micro-ordinateurs croit actuellement de 20 % par an (aux États-Unis), contre 50 % pour le marché des serveurs. Il n'est donc pas étonnant que les réseaux défrayent régulièrement la chronique dans la presse spécialisée.

Jean-Claude Sohm
(12 juin 1997 ; révision du 16 juin 1997)

 

I - Quelques rappels relatifs à la structure des réseaux

1 - Réseaux poste à poste

   

Sommaire :

Dans les petites imprimeries, les réseaux sont souvent composés de quelques micro-ordinateurs seulement, et chaque machine est à la fois client et serveur. Rappelons qu'un ordinateur est appelé client s'il utilise des ressources qui se trouvent ailleurs sur le réseau, et qu'il est dit serveur s'il met des ressources à disposition des autres ordinateurs du réseau. Ces ressources peuvent être de nature matérielle (ex : scanner) ou logicielle (ex : fichiers). Dans ce type de réseau, appelé poste à poste, le rôle de serveur est distribué sur plusieurs machines : le système informatique ainsi réalisé est très décentralisé, comme le montre le schéma ci-dessous. Certains périphériques sont souvent raccordés directement au réseau (imprimantes, imageuse), alors que d'autres sont directement couplés à un micro-ordinateur (scanner, système d'archivage ou d'épreuvage numérique).

Avec le réseau Appletalk, géré par le système AppleShare, Apple a joué un rôle de pionnier dans le domaine des réseaux poste à poste. Mais AppleTalk, bon pour la messagerie, est trop lent pour transférer des images à une vitesse raisonnable : il est aujourd'hui remplacé chez les imprimeurs par Ethernet, géré par EtherTalk. Notons qu'un réseau poste à poste nécessite que les machines fonctionnent sous le même système d'exploitation : il n'y a jamais eu de solution valable pour regrouper sur un même réseau poste à poste des Mac et des PC.
 

2 - Réseaux avec serveur de fichiers

Dans les ateliers de prépresse, et dans les imprimeries de taille moyenne, on trouve des réseaux de quelques dizaines de machines. Lorsque le nombre de machines dépasse environ dix, la fonction de serveur est confiée à un ordinateur particulier, dont le rôle principal consiste à mettre le contenu d'une ou plusieurs bases de données à la disposition du réseau. Cet ordinateur particulier est appelé serveur de fichiers. Les clients sont généralement des micro-ordinateurs sur lesquels résident les applications. Lorsque le client est une machine musclée -- et, dans le domaine des industries graphiques, dotée de possibilités graphiques étendues -- on l'appelle station de travail. Sur les très gros réseaux, on trouvait parfois un mini-ordinateur comme client : on le nommait alors terminal lourd. La personne responsable de l'ensemble du système informatique (réseau + serveur + clients) s'appelle l' administrateur du réseau. Le schéma ci-dessous représente un cas simple de réseau avec serveur de fichier.

A titre d'exemple, l'EFPG possède un réseau comportant 117 machines clientes (38 Mac, 75 PC et 4 Sun), et 13 imprimantes (possédant une adresse IP). Le serveur (qui est essentiellement un serveur de fichiers) est constitué de deux machines Zenith fonctionnant sous Windows NT 4, la seconde servant de secours à la première. Le serveur permet le transfert aisé des données entre Mac et PC. Il joue aussi le rôle de serveur d'impression pour les PC (pour les Mac, le sélecteur suffit).

Sur ce réseau, on trouve également :

    un serveur de messagerie (sur machine Sun)
  deux serveurs Web (un sur Mac, l'autre sur Sun)
  une imageuse Linotype-Hell
  une passerelle qui fait le lien entre le réseau de l'École et celui du campus (et permet donc de rejoindre Internet).

Les réseaux à serveur de fichiers sont aujourd'hui très répandus.
 

3 - Réseau avec serveur d'applications

Dans des entreprises de plus grande taille, où le nombre de postes informatisés se chiffre en centaines ou en milliers, on trouve généralement un serveur d'applications, qui héberge non seulement les données (comme un serveur de fichiers) mais aussi - et comme son nom l'indique - les applications. Les clients sont de simples terminaux, c'est à dire qu'ils comportent juste de quoi faire fonctionner le moniteur, le clavier et la souris, et assurer le raccordement au réseau. Dès que l'opérateur agit, les données correspondantes (un clic de souris par exemple) sont transmises au serveur où s'effectue le traitement d'information : seules les nouvelles données d'affichage sont retransmises au terminal. En PAO et CAO, on utilise souvent un terminal X-window, qui possède en local des moyens renforcés d'affichage graphique.

Un tel système informatique, représenté de manière schématiquement sur la figure ci-dessous, nécessite un réseau à haut débit (on dit également à large bande, mais ce terme peut être employé avec un autre sens), c'est à dire capable de transporter beaucoup d'informations par unité de temps : en argot d'informatique, on l'appelle "un gros tuyau". Il présente à nos yeux un grave inconvénient : il est très centralisé. Si le serveur tombe en panne, personne ne peut plus travailler, et l'administrateur du réseau peut se prendre pour Dieu le Père... ou presque.

Réseau centralisé

 

4 - Généralisation

Terminaux et micro-ordinateurs peuvent coexister sur le même réseau, comme le montre la figure ci-dessous. Les micros sont parfois appelés "terminaux intelligents", par opposition aux simples terminaux (appelés "dumb terminals" en anglais) ce que l'on devrait traduire par "terminaux idiots" -- mais les informaticiens préfèrent le terme "terminaux légers".

Réseau mixte

D'une manière générale, dans un réseau, le client est celui qui envoie une requête, et le serveur est celui qui retourne la réponse correspondante. Lorsque le rôle de chacun est immuable (un client reste un client et le serveur est toujours le serveur), on dit que le réseau fonctionne en mode client-serveur. A l'origine, ce terme était utilisé uniquement pour les réseaux à serveur d'applications, mais son usage s'étend peu à peu aux réseaux à serveur de fichiers. Avec cette terminologie élargie, un réseau est soit poste à poste, soit client-serveur.
 

II - Le NC et ses développements

 1 - La naissance du NC.

Comme le montre la figure précédente, on peut trouver sur un réseau des dispositifs clients très variés. On a pris l'habitude de dire que :

    plus un client est équipé, plus il est "gros" (fat client),
  plus un client est dépouillé, plus il est "maigre" (thin client).

Dans cette terminologie, un simple terminal est un client très maigre, alors qu'une station de travail est un client très gros. On s'est avisé, il y a un an environ, qu'il y avait peut-être un marché pour un client moins gros que le micro-ordinateur moyen, et moins maigre que le simple terminal. Ses inventeurs l'ont baptisé NC (Network Computer), et il s'insère dans la famille des clients comme le montre la figure ci-dessous.

Les divers clients
 

2 - La famille NC s'agrandit

Pour passer d'un micro-ordinateur correctement équipé à une simple terminal, il faut enlever beaucoup de choses. Sur le plan matériel, on peut éliminer : le lecteur de CD-ROM, le disque dur, le lecteur de disquettes, et toute la connectique que l'on trouve sur le panneau arrière - à l'exception de celle relative au moniteur et au réseau. Sur le plan du logiciel, on peut éliminer les logiciels d'application et le système d'exploitation. Chaque constructeur, bien entendu, a son idée sur ce qu'il convient d'enlever et sur ce qu'il faut conserver : les projets ne manquent pas, et le NC défraie régulièrement la chronique. Ainsi, le NetPC est une variante de NC moins dépouillée que les précédentes, soutenue par plusieurs constructeurs de micro-ordinateurs (Compaq, Dell, HP).

L'intérêt potentiel du NC ne réside pas dans la réduction des investissements -- un micro-ordinateur d'entrée de gamme ne vaut actuellement pas plus cher qu'un NC -- mais dans la réduction des "coûts d'administration", c'est à dire de maintenance. Une autre solution pour réduire ces coûts consiste à administrer les micro-ordinateurs de manière centralisée, à partir du serveur : Microsoft a conçu pour cela le "Zero Administration Kit for Windows", qui sera disponible avec la prochaine version de Windows NT.
 

3 - Encore un communiqué de presse

La dernière annonce en date (18 avril 1997) est celle de Microsoft, qui vient de passer des accords avec deux sociétés (Prologue en France et Citrix aux USA), pour faire comme si Windows NT était multipostes, de manière à créer des terminaux Windows. La technologie de Prologue (Wintimes) et celle de Citrix (Winframe) permettent de relier à un réseau, dont le serveur fonctionne sous Windows NT, des dispositifs fonctionnant sous DOS, OS/2, Unix, le système 7 d'Apple, ainsi que toutes sortes de terminaux.
 

Conclusion

Le roman du NC n'est sans doute pas terminé. Le meilleur conseil que l'on puisse donner à un chef d'entreprise, est d'attendre que la situation se décante, et que la technologie mûrisse. Ceci dit, si vous estimez qu'il vous faut absolument un NC et que vous ne pouvez pas attendre plus longtemps, prenez bien en compte les points suivants :

    choisissez un modèle de NC, de NetPC, de terminal Windows, ou de Dieu-sait-quoi, qui puisse s'insérer dans votre réseau avec le minimum de modifications ;
  vérifiez qu'il est bien compatible avec les logiciels que vous utilisez (un NC fonctionnant uniquement sous Java ne vous permettra pas d'utiliser Photoshop) ;
  vérifiez que la concurrence existe. Ne vous laissez pas enfermer dans un système propriétaire ;
  demandez au futur utilisateur comment il ressent le nouveau dispositif : ne désespérez pas un passionné d'informatique en le faisant travailler sur une petite boite qui ne lui laisse aucune initiative ;
  calmez votre administrateur de réseau, et rappelez-lui que les systèmes centralisés datent de l'informatique de papa.

Et surtout... n'oubliez pas de faire part au Cerig des résultats de votre passionnante expérience.

 
 
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