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Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Nouvelle > Le micro-ordinateur est-il menacé d'extinction ?           10 décembre 1998

Le micro-ordinateur est-il menacé d'extinction ?

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Jean-Claude Sohm
(10 décembre 1998)

 

Selon les dernières prévisions, environ 90 millions de micro-ordinateurs seront construits cette année. Ils étaient 80 millions en 1997, et ils seront probablement 100 millions en 1999. Ces chiffres n'étonnent plus personne car, depuis longtemps, la production de ces petites machines augmente de 12 à 15 % par an -- quand ce n'est plus. (N.B. : en l'an 2000, la production de micro-ordinateurs atteindra 120 à 130 millions d'unités, selon les prévision d'octobre 2000).

Le parc installé est plus difficile à mesurer : on sait quand une machine est vendue, mais on ignore quand elle est retirée du service. On estime qu'il y a au moins 250 millions de micro-ordinateurs en service dans le monde, dont 22 millions de la marque Apple.

Le premier micro-ordinateur, l'Altaïr, est né en 1975 ; il était destiné à un public d'amateurs avertis. Au cours des années 80, c'est le marché professionnel qui a absorbé l'essentiel de la production. Dans les années 90, le marché grand public s'est développé à son tour. Aux États-Unis, la moitié des foyers (50 millions sur 102) possède au moins une machine. (N.B. : au milieu de l'année 2000, ce taux atteint 60 %).

Au vu de ces chiffres, chacun pourrait penser que le micro-ordinateur est encore un produit jeune. Pourtant, depuis plusieurs années, la presse spécialisée abonde en articles expliquant que le micro-ordinateur ne vaut rien, qu'il est fichu, qu'il va bientôt disparaître. Bien sûr, les journalistes n'ont pas trouvé cela tout seuls : on leur a soufflé. Et ce "on" n'est pas n'importe qui !

On se souvient des propos proférés par Mr Larry Ellison (le patron et créateur d'Oracle, s'il vous plait) il y a trois ans : le micro-ordinateur allait disparaître en quelques années, remplacé par le Network Computer. Maintenant, on sait ce qu'il en est advenu : le micro se porte comme un charme, et le NC a bien du mal à se développer. A dire vrai, on ne sait plus très bien ce qu'est un NC aujourd'hui...

Il y a six mois, un cabinet d'analystes publiait un rapport fracassant : les micros étaient condamnés, les "information appliances" devant le remplacer rapidement. Une revue d'informatique publiait même la photo d'un four à micro-ondes permettant de surfer sur le web. Le moulin à café qui fait du traitement de texte ne nous a pas encore été présenté, mais cela ne saurait tarder.

D'ailleurs, le marché du micro grand public se porte mal. C'est du moins ce que nous explique un journaliste de Ziff-Davis qui décrit "the anemic growth (less than 20 %) in retail desktop PC shipments year-over-year". Évidemment, 20 % de croissance annuelle, c'est lamentable. Il y a de quoi s'alarmer. Si vous ne me croyez pas, cliquez ici.

Mr Louis Gerstner, le patron de la société IBM, affirmait au mois d'octobre dernier que le micro-ordinateur était condamné. Simultanément, il annonçait que sa société était remontée à la troisième place des constructeurs de PC dans le monde. On se demande pourquoi sa boite se donne tant de mal pour s'imposer sur le marché d'un appareil qu'elle sait devoir disparaître bientôt...

Le mois dernier, c'est le patron de Hewlett-Packard (excusez-moi, j'ai oublié son nom) qui déclarait que le micro était "very crude", ce qui augurait mal de son avenir. On croit rêver : la société HP n'est-elle pas l'un des grands constructeurs de micros ? Depuis 20 ans qu'elle en fabrique, comment se fait-il qu'elle n'ait pas été capable de le rendre moins "crude" ?

Évidemment, les hommes qui dirigent Oracle, IBM, HP et consort, ne sont pas des sots, loin de là. Ils ne croient pas un traître mot des sornettes qu'ils racontent aux journalistes. Leurs discours, en fait, servent deux propos :

    soit ils sont proférés à l'adresse des concurrents, et servent à marquer un territoire. Par exemple, quand une société se lance dans l'aventure du NC, elle tient à le faire savoir haut et fort, pour que les concurrents ne lui marchent pas trop sur les pieds. Car les ententes sont interdites, comme chacun sait ;
  soit ils sont destinés à soutenir la politique de la firme. Un constructeur de gros serveur (je n'ai nommé personne) a intérêt à décrier les micros et à prédire leur fin prochaine pour qu'on les remplace par des terminaux.

Il serait temps, je pense, de ne plus parler de micro-ordinateur, mais d'ordinateur tout court. Car c'est le micro qui est devenu la règle, et les grosses machines l'exception. Si je vous dis que demain, toutes les voitures courantes vont disparaître, et qu'on ne trouvera plus que des Rolls sur les routes, me croirez-vous ? Je l'espère bien !

 
 
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