Accueil Plan du site Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base  
logo CERIG NOUVELLE cerig.efpg.inpg.fr 
Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Nouvelle > La succession du RNIS est-elle ouverte ?           3 juin 1998

La succession du RNIS est-elle ouverte ?

Nouvelle précédente Liste des nouvelles Nouvelle suivante

 Jean-Claude Sohm
(3 juin 1998)

Préambule

Le RNIS (Réseau Numérique à Intégration de Services -- nom commercial de France Télécom : Numéris) représente actuellement le meilleur moyen de communication numérique entre entreprises, lorsque le volume de données à transférer n'est pas trop important (le RNIS offre un débit proche de 1 Mo/min, par agrégation de deux canaux B). Fonctionnant sur la boucle locale, le RNIS est moins onéreux qu'une ligne spécialisée louée. De plus, il permet, comme le téléphone ordinaire, d'atteindre l'usager de son choix.

Le système de communication numérique qui succédera vraisemblablement au RNIS, et qui comme lui fonctionnera sur la boucle locale en cuivre, s'appelle DSL en anglais (Digital Suscriber Line), et éventuellement LNP en français (Ligne Numérique à Paire). Le DSL comprend en fait toute une famille de protocoles, qui différent par la manière dont la bande passante est utilisée.
 

La nébuleuse DSL

De tous les procédés DSL, le plus connu est l'ADSL (Asymmetric DSL). Comme son nom l'indique, ce procédé n'est pas symétrique : son débit est environ dix fois supérieur dans le sens descendant (vers le client) que dans le sens montant (vers le serveur). L'ADSL, qui peut débiter de 1 à 8 Mo/sec  dans le sens descendant, apparaît comme un outil de choix pour interroger Internet. Ce qui explique qu'un tapage médiatique se déclenche chaque fois qu'une compagnie de téléphone propose (à titre expérimental pour l'instant)  l'ADSL à un petit groupe d'usagers.

Le SDSL (Symmetric DSL), qui fournit un débit symétrique, est beaucoup mieux adapté à la communication entre entreprises. Il fait discrètement, mais régulièrement, parler de lui -- du moins aux Etats-Unis. Pour le SDSL, comme pour le RNIS, la ligne de l'usager ne doit être ni trop mauvaise, ni trop longue (maximum 4 km). Les deux procédés permettent d'utiliser la même ligne pour transmettre des données et/ou téléphoner. Si le débit du RNIS est parfaitement défini (64 kbits/sec pour chaque canal B) , celui du SDSL varie selon les offres : 384 ou 768 kbits/sec, et parfois plus. Le SDSL, c'est clair, manque de standardisation.

Le procédé SDSL est parfois confondu avec un autre procédé appelé HDSL (High bit rate DSL), dont le débit est également symétrique, mais nettement plus élevé (1,5 à 2 Mbit/sec). Le HDSL est utilisé pour fournir à l'usager le débit d'une ligne spécialisée (1,54 Mbit/sec ou T1 en Amérique du Nord, et 2 Mbit/sec ou E1 en Europe), sans avoir à poser le câble correspondant (coaxial avec répéteurs, ou fibre de verre), et donc à coût et délai moindres. Le HDSL nécessite l'utilisation de deux paires de fils de cuivre, mais une variante récente (S-HDSL, ou HDSL-II), qui devrait passer l'an prochain au stade des essais sur le terrain, fournit un débit supérieur en utilisant une seule paire.
 

La nécessaire interopérabilité

Pour que deux usagers desservis par deux compagnies de téléphone distinctes puissent communiquer en utilisant le SDSL, il faut que les adaptateurs (des usagers) et les commutateurs (des compagnies) soient compatibles -- c'est la condition dite d'interopérabilité. L'expérience montre en effet que, dans les procédés complexes, le respect des normes -- lorsqu'elles existent -- ne suffit généralement pas à assurer la compatibilité entre les matériels.

La société américaine Copper Mountain Networks, qui commercialise du matériel DSL, a pris l'initiative d'organiser des tests d'interopérabilité des modems (ou adaptateurs) SDSL du marché. Cette opération -- baptisée SDSL Interoperability Initiative -- est actuellement soutenue par une compagnie locale de téléphone, le producteur de composants Rockwell, et divers fabricants de modems DSL.
 

L'avenir du DSL

La multiplicité des procédés DSL est source de confusion. Un adaptateur (ou modem) mixte ADSL/SDSL a ainsi été annoncé. Certains entrevoient même le temps béni où le matériel fonctionnera de manière symétrique ou dissymétrique suivant les besoins, sans que l'utilisateur n'ait à intervenir.

Si personne ne doute de l'avenir des procédés DSL, personne ne sait quand ils arriveront réellement sur le marché, car deux facteurs opposés sont à l'oeuvre :

    Les compagnies de téléphone, qui offrent déjà aux usagers le RNIS et la location de lignes spécialisées, n'ont certainement pas envie de se "cannibaliser". Les techniques à haut débit sur boucle locale offriraient en effet aux usagers une alternative moins onéreuse et plus souple que les lignes louées, et plus performante que le RNIS.
  Mais ces mêmes compagnies de téléphone, qui voient avec inquiétude les câblo-opérateurs concurrencer la boucle locale (pour la téléphonie et l'interrogation d'Internet principalement), sont obligées de réagir.

Aux Etats-Unis, les essais semi-commerciaux d'ADSL se multiplient. Les essais de SDSL sont encore rares, et toujours le fait des CLEC (Competitive Local Exchange Carrier -- petites sociétés concurrençant les compagnies locales de téléphone). En France, un essai d'ADSL est en cours sur un petit nombre d'usagers. France Télécom propose le HDSL à ses plus gros clients, mais on n'entend pratiquement pas parler du SDSL dans notre pays. Sans doute faudra-t-il attendre encore un peu, pour que la libéralisation des télécommunications, qui date du 1er janvier dernier, fasse sentir ses effets dans le domaine des hauts débits sur la boucle locale.

 
 
Nouvelle précédente Liste des nouvelles Nouvelle suivante
  Accueil | Technique | Liens | Actualités | Formation | Emploi | Forums | Base 
 
Copyright © CERIG/EFPG 1996-2002