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Révision : 28 février 2005
KYOTO, enfin ?
 

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Au moment où se met en place officiellement le protocole de Kyoto, cette nouvelle lettre d’information va essayer de faire un point synthétique sur les efforts environnementaux des partenaires de la chaîne graphique.
A tout seigneur tout honneur, commençons par les imprimeurs : historiquement, c’est en 1990, et en Savoie, que fut signée la première charte environnement, entre J.P. Hugueniot et Michel Barnier alors président du conseil général de la Savoie.
Mais le premier coup d’accélérateur de l’action environnementale chez les imprimeurs date de 1998, avec la définition et la première mise en œuvre de la démarche
Imprim’Vert.

 

Jacques de Rotalier
(28 février 2005)

En quoi consiste la démarche Imprim'Vert ?

Les critères

La démarche Imprim'Vert implique le respect de trois critères, qui sont :

    élimination conforme des déchets dangereux : fixateurs et révélateurs de plaques et films, solvants de nettoyage, solutions de mouillage usées, boîtes d’encres et cartouches de toner, etc...
  stockage des liquides dangereux en rétention ;
  abandon des produits étiquetés toxiques au profit de produits moins dangereux.
En savoir plus sur...

Le fonctionnement

La démarche est pragmatique et d’abord basée sur le résultat , ce qui nécessite pour l’imprimeur un travail d’analyse de ses pratiques en amont. Pour cela, il est aidé dans 19 régions par 60 chargés de mission consulaire et par les 3 ingénieurs environnement de la FICG. Un rapport de préconisation auquel est joint l’Eco-Guide, document très clair et pédagogique, permet à l’imprimeur de se mettre en conformité. Et si tout va bien, le comité de pilotage attribuera la marque ainsi qu’un kit de communication valorisant la démarche.

Les partenaires de la démarche

Cela dépend des départements ou des régions, mais les chambres de commerce et les chambres des métiers sont très souvent parties prenantes. En Île de France, l’Ademe, l’Agence de l’eau Seine-Normandie sont également partenaires de la marque.

Les résultats

La démarche est pragmatique et volontaire, elle a donc un préjugé favorable. Les clients poussent de plus en plus à ce que l’effort se fasse, donc, à chaque session de validation les postulants sont de plus en plus nombreux : aujourd’hui 300 imprimeurs peuvent se prévaloir de la marque.. En plus, les imprimeurs découvrent que c’est un excellent vecteur de dialogue avec les autorités locales. L’imprimerie étant une des rares industries présentes sur tout le territoire, Imprim’Vert est un bon moyen de contribuer à rendre l’ensemble du territoire plus propre, moins pollué.

 Chez les fabricants d'encre

La démarche environnementale chez les fabricants d’encre s’appelle « Coatings Care ». C’est un programme mondial, celui là, lui aussi pragmatique. C’est un peu une boîte à outils, dans laquelle les industriels puisent pour progresser dans les domaines de la production, du transport et de la distribution, de la vie des produits, de la communication de proximité et du plan d’urgence. Les imprimeurs voient les effets de ce genre de programme dans l’utilisation de plus en plus fréquente de solvants à base d’huiles végétales (soja, colza, lin) en lieu et place des solvants pétroliers traditionnels. Les encres à l’eau sont aussi en plein développement dans l’emballage. Quant aux encres UV, elles ont permis de faire d’importants gains en énergie en supprimant les sécheurs.

On notera que 20 % des salariés des fabricants d’encre travaillent dans les laboratoires de contrôle, de recherche fondamentale et appliquée. Il ne fait pas de doute que cet effort de recherche se fait pour obtenir des produits plus performants (meilleure couverture du support), renouvelables, et à risques moindres pour la santé et l’environnement.

Chez les papetiers

La première convention de branche entre l’État et la profession papetière concernant l’environnement date de… 1972 !

Les efforts cumulés depuis 33 ans font de cette industrie un des modèles de prise en compte, de gestion, d’amélioration de l’environnement, au point que la papeterie sert d’industrie pilote pour la mise en œuvre de la directive européenne IPPC (Integrated Pollution Prevention and Control).

Les papetiers s’approvisionnent en bois pour faire la pâte à papier : la ressource fibreuse y est abondante (la forêt française n’a jamais été aussi vaste, les prix ne flambent pas), renouvelable (les arbres se replantent facilement), recyclable (progression de 53 % du recyclage ces dix dernières années.)

Les papetiers contribuent  à la bonne gestion des forêts : ils utilisent pour faire la pâte à papier des sous produits du sciage (écorces, plaquettes), des bois de coupes d’éclaircie ou de coupes sanitaires et, des bois de forêts cultivées… Arrêtons de laisser dire que le papier tue la forêt : il permet de mieux la cultiver, de mieux la nettoyer… en un mot de mieux l’entretenir.

Autre atout de la fibre de bois : elle conserve le carbone, et contribue ainsi à fixer un gigantesque stock de CO2, d’autant plus longtemps que le recyclage (qui peut se pratiquer 4 à 5 fois) prolonge cette durée.

D'autres évolutions positives

Utilisation de l’eau

L'utilisation de l'eau est un élément crucial du procédé papetier. L’eau véhicule et répartit les matières premières dans le circuit de fabrication et sur la feuille que vous manipulez.

Au cours des 25 dernières années, cette consommation s’est réduite de 70 % tandis que les rejets en suspension étaient divisés par 6. Dans ce domaine, la recherche prouve qu’on peut obtenir des résultats encore meilleurs, jusqu’à (peut être, un jour) un idéal d’utilisation d’eau en circuit fermé.

L'énergie

Le charbon et le fioul sont de moins en moins utilisés au profit du gaz qui permet une réduction des émissions de CO2 fossiles. Mais, en plus, 40 % de l’énergie consommée provient de ce qui s’appelle biomasse (liqueurs de cuisson, écorces, plaquettes de bois)… Ainsi, l’usine de Chapelle Darblay vient de décider un investissement de 75 Millions d’Euros pour une centrale de ce type qui sera opérationnelle en 2007. Elle couvrira la totalité des besoins en énergie de l’usine.

L'air

Le remplacement du fioul et du charbon par le gaz ainsi que  l’installation de systèmes de filtres ont permis de sérieusement diminuer les rejets polluants. Reste encore à traiter les odeurs inoffensives, mais encore gênantes pour les voisins. Les études et réalisations sont prometteuses.

Le recyclage

S’il existe un métier dont l’image a bien changé, c’est le recyclage ! La fibre recyclée représente désormais 58,2 % de l’approvisionnement en fibres des papetiers. Et 54,4 % des papiers et cartons consommés en France ont été récupérés en 2003, contribuant à une meilleure utilisation de la ressource et, à la conservation du stock de CO2.

Un chiffre résume le chemin parcouru, et celui qui reste à faire : 2005 verra dépasser le chiffre de 50 % de la production annuelle de papier carton français issue de sites certifiés.

KYOTO, enfin ?

Comme on vient de le voir brièvement, la filière graphique n’a pas attendu le coup de pistolet du starter de Kyoto pour prendre la (ou les) voie(s) d’une meilleure gestion des ressources et des énergies.

Il est par ailleurs intéressant à noter que les Européens ont plutôt montré la voie : ils y ont puisé de nouvelles méthodes, de nouvelles idées.. Leur avance dans certains domaines commence à leur donner de réels avantages compétitifs.

Les managers des usines américaines ne commenceraient-ils pas à se poser des questions ? Certains États américains aussi ? Le gouvernement fédéral commencerait à douter lui aussi.

Comme quoi un processus qui paraissait au départ un peu théorique, voire technocratique, peut enclencher une spirale innovatrice dont on peut penser qu’elle n’en est qu’à ses débuts !

La chaîne graphique s’y est engagée plus ou moins tôt, elle ne peut que continuer sur cette voie. Elle ne peut qu’y gagner en termes de développement durable et d’image d’industrie moderne.

 

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers Impression/Écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique, ainsi que comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente, ...).
e-mail : rotajac@noos.fr

 
 
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