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Révision : 09 Juin 2006
Le futur des emballages papier-carton
 
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Quels nouveaux défis, quelles innovations face aux impératifs techniques, économiques et environnementaux ?
Tel fût le thème abordé par la 2e journée de conférence de l'ATIP de l'année 2006 qui s'est déroulée le cadre magnifique du Palace de Menthon sur les bords du Lac d'Annecy, le 1er Juin dernier. En réunissant 14 conférenciers et près d'une centaine de participants, cette journée souligna, une fois encore, l'importance du matériau papier-carton dans l'emballage, près de 40% du marché mondial et sa perpétuelle adaptation à l'évolution des tendances de la consommation. Les grandes thématiques abordées tout au long de cette journée, ont permis de balayer de nombreux aspects sur ce sujet, depuis les nouvelles tendances et opportunités du marché de l'emballage,  en passant par la réduction du volume des emballages à la source et l'éco-conception, la traçabilité des produits, la sécurité alimentaire et les derniers résultats en recherche et développement.

Jocelyne ROUIS
(09 Juin 2006)

Les tendances de l'emballage vues par un désigner ...

   
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Gérard Caron, Designer reconnu et Président de Design Communication Corporation débuta cette journée par une présentation très illustrée. Selon son analyse, 4 grandes tendances caractérisent l'évolution actuelle de la société : l'individualisation des comportements, une demande croissante pour des produits esthétiquement "clean", un besoin de transparence et une société très marquée par ses seniors. Ces tendances clés se traduisent par tout un lot de conséquences sur les emballages.
Le design, l'essence même de l'emballage, joue de plus en plus avec les couleurs jusqu'à créer la confusion avec le haut de gamme et le luxe.
La référence aux jeunes est exacerbée dans nos sociétés vieillissantes, la jeunesse devenant un idéal. Les marques intègrent cette dimension en diminuant régulièrement la durée de vie des packaging notamment pour ceux envers les enfants (9 mois actuellement).
A l'opposé, la tradition reste un rempart et un repère culturel fort dans un monde où l'avenir est parfois incertain. Cette notion, qui rassure et évoque la mémoire, est utilisée par les marques pour mettre en avant des produits présents depuis longtemps ou parfois lancer de nouveaux produits juste avec une étiquette rappelant un temps plus ancien.
L'individualisation des portions est également une grande tendance. Elle vise à simplifier au maximum la vie du consommateur. Et l'idée du juste nécessaire s'applique, quant à elle, jusque sur les logos et les designs.
Par ailleurs, tandis qu'Internet ouvre des marchés potentiellement planétaires, le local et la notion d'appartenance deviennent des valeurs qui rassurent le consommateur. Les marques jouent donc beaucoup avec les évocations d'artisanal et de fait main.
Un autre point fort de ces tendances c'est la santé qui se retrouve mise en avant sur les emballages, bien-être et compléments de plus en plus scientifiques sont des éléments porteurs.
En résumé, de plus en plus d'informations sont véhiculés sur les emballages et l'usage du dessin prend parfois le pas sur la photographie. 
Pour traduire toutes ces tendances en terme d'emballage, le designer dispose dans sa palette de quatre éléments essentiels : la couleur, la forme, les messages et la matière. Bref, un exposé tout en couleur, en forme et en matière...

Besoin et perspectives du marché ...

Joël Poustis, Directeur du groupe Smurfit Kappa, poursuivit cette journée par un exposé sur les "Enjeux et les nouveaux défis de l'emballage Papier/Carton". Il débuta son exposé par la présentation de l'évolution de l'emballage depuis une quinzaine d'années.
Entre 1990 et 2005, de nombreux facteurs liés au comportement des consommateurs, aux systèmes de distribution des produits et aux offres ont profondément évolué :

    Les habitudes de consommation ont changé : moins de temps à consacrer aux courses ; individualité, hygiène et sécurité environnementale sont devenus des priorités ; Internet et e-commerce sont aujourd'hui bien présents...                                 
  La distribution s'est modifiée : augmentation du nombre de supermarchés ; doublement du nombre de produits disponibles ; réduction de 50% des stocks arrières ; concurrence entre les marques propres et les marques distributeurs...
  L'emballage est devenu la peau du produit : protection mécanique et physique ; présentation et décoration ; sécurité...

Robert Girard, Directeur Général de LGR Emballages, présenta ensuite "Le Braille sur les étuis cartons", une nouvelle exigence européenne pour les boites pliantes de médicaments. La nécessité de transcrire en braille la dénomination des médicaments sur les étuis découle de la directive Européenne 2004/27/CE relative aux médicaments destinés à l'homme. Tous les pays membres de l'UE doivent transférer cette directive dans leur droit national. Cette directive impose des règles : inscription du nom du médicament sur la boite, du dosage dans les cas où celui-ci peut être multiple, du nom international du médicament et du nom en Braille.
L'alphabet Braille est un système d'écriture tactile à l'usage des personnes aveugles ou gravement déficientes visuelles. Son nom vient de son inventeur Louis Braille en 1825.  Il est constitué d'une série de points en relief. La matrice d'un signe de braille est composée de 6 points disposés comme sur un dé à jouer : deux colonnes juxtaposées de trois points numérotés. A partir de ces 6 points, il est possible d'obtenir jusqu'à 63 combinaisons différentes. Chaque caractère contient donc de un à six points, mesurant de 6 à 8 millimètres de hauteur et de 3 à 4 millimètres de largeur.
Les exigences techniques liées au gaufrage des points de braille sont très importantes. Ces points doivent être largement perceptibles au toucher. En revanche, la lisibilité et l'aspect visuel sur un carton à la surface éclatée sera une gêne pour les voyants. D'où de fortes contraintes de production qui nécessitent un contrôle régulier et permanent des lots de matière première (épaisseur, rigidité, cohésion et tenue de couche). La hauteur maximum du point de braille reste le problème principal et sera celle correspondant à la limite d'éclatement de la couche. De nombreux travaux sont actuellement en cours d'études sur des sujets comme l'optimisation de la technique de marquage sur presse découpe (embossage du point de braille), finalisation des travaux de normalisation de la CEN, réflexion sur l'appareillage et les méthodes de contrôle spécifiques...

Les besoins du marché en terme de restauration rapide ont été illustrés par Jocelyne Ehret, Responsable Développement Packaging de IPLPerseco pour Mac Donalds Europe. Mac Donalds en Europe représente 500 000 tonnes de carton. Trois besoins essentiels résument les préoccupations de ce groupe : la Qualité, le Big Mac doit être chaud et les frites croustillantes ; la Praticité, très importante pour tous les produits à transporter, et la Performance liée à environnement, 90% des emballages de ce groupe sont en papier-carton. Récemment, Mac Donalds vient de sortir le n°1 de son journal appelé "L'Eco Journal". En effet, cette multinationale a comme priorité, l'utilisation des ressources renouvelables et l'éco-conception.

Enfin Olivier Draulette, Directeur Développement de l'ONDEF, dressa le bilan sur les "Perspectives et les Enjeux des étiquettes RFID" dans le contexte de l'emballage carton. Tous les enjeux de ces étiquettes RFID repose sur une meilleure traçabilité des produits et surtout une automatisation des opérations de logistique laissant espérer des gains considérables.
Pour faire face aux nouveaux défis liés à l'utilisation de ces étiquettes RFID, des commissions de travail ont été mises en place. PERCOD, par exemple, vise à comprendre les futurs besoins en matière de d'emballage, à anticiper le cadre réglementaire et à évaluer les apports de la RFID dans la traçabilité logistique. Techniquement, il reste encore des problèmes à résoudre avec ces étiquettes RFID et leur coût est toujours considéré comme un frein à un développement à grande échelle. Cette situation permet aux codes à barres traditionnels d'espérer d'avoir encore des beaux jours devant eux.

Sécurité alimentaire : les garanties pour le consommateur

Eric Royal, Président du club MCAS (Matériaux pour Contact Alimentaire et Santé) et Françoise Gorga, représentante de l'ANIA ont abordé cette thématique par la présentation de leurs associations respectives et des travaux en partenariat avec l'industrie. Le Club MCAS, créé dès 1989 par les producteurs et transformateurs de papier et carton, a un très fort impact sur la législation en vigueur en matière de sécurité alimentaire. Il intègre depuis son origine un laboratoire de référence, le CTP (Centre Technique du Papier et Carton) et s'est très vite élargi à l'ensemble des industriels du secteur agroalimentaire. Depuis sa création, ce club a permis l'élaboration de guide des bonnes pratiques pour la fabrication des papiers et cartons. Il propose également une analyse permanente des demandes clients, une veille scientifique, des contacts au niveau national et international et de nombreuses autres informations visant toujours une amélioration de la sécurité alimentaire. De leur coté, l'ANIA, réunissant les fabricants d'aliments et le CLAC, assurant une veille règlementaire et l'élaboration des guides de gestion de crise, travaillent de concert afin que l'emballage soit un facteur de sécurité pour l'aliment.

Sur un plan plus technique, Raphaële Romelaer, Responsable Marché Européen de Solvay Solexis, mit en avant une nouvelle classe de polymère fluorés pour les emballages alimentaires, les perfluoropolyethers PFPE. Ces polymères connut depuis plus de 25 ans dans la chimie des lubrifiants, puis plus récemment dans le transfert des fluides caloporteurs ont été introduit sur le papier depuis maintenant 6 ans. En effet, dans le contexte très réglementé du contact alimentaire, 3M a du retiré du marché le Scotchban, un PFOS à cause de sa dégradation en produit toxique. Les PFPE (Perfluoropolyéthers) proposés pour leur remplacement peuvent quant eux être utilisés comme graisses et fluides dans des domaines de haute technologie grâce à leur exceptionnelle résistance chimique aux hautes températures et aux environnements agressifs. Par ailleurs, les nouveaux PFPE "fonctionnalisés" permettent de réaliser le traitement antitaches des papiers et de répondre positivement aux différents tests du secteur alimentaire.

Progrès techniques et innovations

Le produit d'avenir dans le carton fut présenté par Hughes Leydier, Directeur Industriel de Eymin Leydier, il concerne les cartons micro et nano cannelure. Le carton ondulé est, en effet, constitué de l'assemblage par encollage de papiers de couverture plane maintenus à équidistance par des papiers de cannelure de forme ondulée dont l'épaisseur des profils varie de moins de 1 mm jusqu'à 8 mm, la nano-cannelure se situant vers 0,6 mm et la micro-cannelure entre autour de 1mm. Les cannelures assurent la rigidité de l'emballage mais aussi une élasticité maximale puisqu'elles servent d'amortisseurs en cas de chocs. Les couvertures participent quant à elles à la résistance mécanique de l'emballage et servent de support de communication et /ou d'information.
Grâce à ces nouvelles cannelures, il est possible d'obtenir des images plus soignées sur les emballages, tout en assurant une très bonne protection des produits. Ces qualités se retrouvent en terme de parts de marché qui augmentent régulièrement pour ces types de cannelures et qui présentent des taux de croissance très élevés.

Une autre nouveauté présenté au cours de cette journée portait sur les cartons barrière et fut présenté par Laurence Reinstatd, Responsable marketing de Cascades. Ces cartons, traités dans la masse, possèdent des attributs barrière à l’humidité, à la vapeur d'eau et à la graisse. Ils ont été développés en respectant des normes réglementaires strictes et se positionnent comme une réponse environnementale à la demande exprimée par les consommateurs. Leur fabrication est réalisée dans une logique industrielle intégrée, le carton étant traité dans la masse, cela induit une réduction des étapes de fabrication. Ces cartons peuvent s'adapter à différents marchés jusqu'au marché des emballages haute qualité comme les boîtes pliantes et les produits frais et surgelés tout en apportant un niveau élevé de brillance. Malgré leur prix élevé, ces cartons conviennent parfaitement à un marché de niche.

Sari Häkli, VP Business Development Manager de Stora Enzo, poursuivit cette journée par la présentation des solutions de traçabilité et des innovations de ce groupe.

Recherche & Développement et Eco-conception

Christine Chirat, Responsable de la cellule de valorisation de l'EFPG et du Bureau de Coordination du Projet Sustainpack, a présenté les recherches menées dans le cadre du projet européen SustainPack qui réunit 35 partenaires, concerne 12 pays Européens et fonctionne avec un budget de 30 Millions d'Euros sur les 4 ans. Afin de situer le contexte, il convient de préciser que l'emballage papier-carton représente près de 40% du marché de l'emballage et que 40% de la production de papier et carton est destinée au marché de l'emballage. Les enjeux du secteur de l'emballage sont donc essentiels pour la filière papier carton. Ce projet, SustainPack, vise donc à concevoir, en réponse aux attentes des consommateurs, des nouveaux matériaux issus de matières renouvelables qui présentent des propriétés intéressantes de recyclage et de biodégradabilité. Les objectifs des travaux répartis sur plusieurs sous-projets se déclinent en différents points : Réduction à la base de 30% de la matière première, Conception d'emballages communicants et faciles à manipuler et Elaboration d'emballages 3D, des matériaux moulés et préformés. Les nanotechnologies sont appelés à jouer un grand rôle dans le développement du projet SustainPack. Elles ouvrent la voie vers des matériaux basés sur des fibres plus résistantes les rendant capables de concurrencer les matériaux plastiques en terme de performance et de fonctionnalités grâce de meilleures propriétés barrière, à la diminution du grammage et l'introduction d'interactivité. Le bilan des 2 premières années de travail a conduit à la définition de 7 prototypes qui seront réalisés d'ici 2 ans et pour lesquels SustainPack a ouvert un appel à partenaires pour traiter la réalisation industrielle de ces prototypes.

L'éco-conception fut ensuite abordée sur le plan méthodologique par Fabien Brones, Responsable Développement & Eco-conception chez Bio Intelligence. Il proposa une définition du terme éco-conception comme "une amélioration de la qualité écologique d'un produit tout en conservant ces qualités d'usages". C'est à l'initiative de Pro-Carton que cette société a proposé à la profession une démarche et une méthodologie visant à favoriser l'action des entrepreneurs citoyens. Des guides pratique d'éco-conception ont ainsi été réalisés.

Frank Prech, Head of New Business Development and Scouting in BASF, termina cette journée par une présentation du Groupe BASF et des produits adressés au monde de l'emballage papier-carton, notamment les polymères fonctionnels comme le PVAm (polyvinylamine) un agent qui augmente la résistance à sec. D'autres nouveaux produits sont également dans leur gamme comme un superabsorbant par polymérisation et des produits ayant des fonctions et des propriétés anti contre-façons.

Table ronde et Conclusion

Ce dernier tour de table de la journée fut l'occasion pour Yvan Liziard, Directeur Département recyclage de Eco-Emballages de préciser les enjeux et les difficultés du recyclage. Depuis 1992, Eco-Emballages est une société privée qui vise à organiser, superviser et accompagner le tri des emballages en France. Si la mission de cette société, au départ, était de donner une garantie de reprise et de prix aux collectivités locales, aujourd'hui une solution "plus marchande doit être adoptée. Il faut trouver les moyens de mettre sur le marché des matériaux novateurs, certes, mais assurant une garantie de reprise. Car, en général plus les matériaux sont complexes moins leur valeur marchande de reprise est élevée. L'éco-conception est donc une démarche à développer plus largement et la création du COTREP, qui donne des avis sur la recyclabilité des emballages est une démarche à suivre.

 
 
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