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Révision : 30 Mars 2006
Le marché francophone de l'imprimerie et de l'emballage
 
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La 11e édition du salon "Graphitec" innovait cette année en accueillant sur l'exposition le salon Convertec, un espace dédié aux équipements et solutions pour la transformation et le packaging. Cette année, Graphitec débutait son cycle de conférences thématiques le mercredi 15 Mars par une présentation du marché francophone de l'imprimerie et de l'emballage. Une analyse qui dresse un bilan plutôt morose du secteur des industries graphiques pour l'ensemble des pays présents, excepté pour le Québec où l'imprimerie est une industrie dynamique du fait de la récente ouverture de leur marché vers les USA. Dans son coté, le secteur de l'emballage, pour lequel les matériaux papier/carton représente 40 % du marché mondial, affiche une situation économique plus saine.

Jocelyne ROUIS
(30 Mars 2006)

Forte évolution des techniques dans l'imprimerie au cours des 20 dernières années ...

   
En savoir plus ...

En moins de 20 ans, le secteur des industries graphiques a connu une considérable évolution des techniques et de ses métiers nécessitant sans cesse des adaptations sur le plan des matériels, de l'organisation et des compétences au sein des entreprises. C'est tout un monde de bouleversement que présenta Patrick Cahuet (1Prime concept), animateur de cette session, en ouvrant cette conférence.

Sur les 10 dernières années, les facteurs essentiels qui ont géré les évolutions du secteur de l'imprimerie et qui, d'ailleurs, sont encore d'actualité sont :

    Les délais de réalisation des imprimés toujours plus courts ;                                 
  La diminution du nombre de tirages ;
  L'amélioration de la qualité ;
  La baisse des prix ;
  Le développement des technologies d'impression numérique ;
    Et l'arrivée d'Internet ...

Du côté des métiers, en quelques années des professions distinctes et spécialisées ont disparu ou ont fusionné, marquant ainsi la convergence des applications. En effet, force est de constater la disparition des photograveurs au profit des activités de prépresse, la reconversion des reprographes dans l'impression numérique, la percée de l'impression numérique chez les imprimeurs de labeur... Tout un secteur qui se caractérise aujourd'hui par un fort mouvement de concentration et l'arrivée sur le marché de nouveaux acteurs.

Les fournisseurs de cette industrie, autrefois appartenant à un secteur très atomisé, sont devenus au cours de ces dernières années, des sociétés multinationales là encore suite de nombreuses fusions et acquisitions. Les acteurs traditionnels comme Heidelberg sont en train de laisser place à des géants comme Xerox, Kodak, HP et d'autres.

Le dernier facteur important pour la chaîne graphique vient du développement fulgurant d'Internet. En effet, en quelques années, Internet a réussi à devenir incontournable pour de nombreuses opérations liées aux métiers graphiques.

    Transmission de fichiers                                                                          
  Epreuve à distance
  Travail collaboratif
  Devis en ligne
  e-Printing
    e-Commerce
    Diagnostic et maintenance à distance

Une adaptation des formations jusqu'au plus haut niveau...

En réponse aux nouveaux besoins de ce secteur industriel, liés au rythme soutenu des évolutions techniques, l'EFPG, seule école d'ingénieurs en France sur l'ensemble des secteurs papeterie, imprimerie et transformation, a mis en place, dans les années 80, une formation d'ingénieur "Imprimeur et Transformateur" à la demande des professionnels. Bernard Pineaux (Directeur des études à l'EFPG - Ecole Française de Papeterie et des Industries Graphiques) insista dans sa présentation sur  l'adaptation de cette formation à toutes les mutations technologiques tout en conservant son objectif : former des cadres de haut niveau, opérationnels rapidement dans ce secteur industriel et aptes à exercer des fonctions managériales en France et à l'international. Depuis sa création, 500 ingénieurs EFPG évoluent dans les industries graphiques et de la transformation.
Fort du succès de cette formation et toujours dans le souci de répondre à l'attente des professionnels, l'EFPG a démarré en 2002, une Licence Professionnelle : "Flux Numérique, Edition et Production d'imprimés" et près d'une vingtaine d'étudiants sont accueillis chaque année dans le cadre de de cette formation.

Adapter la formation c'est aussi s'orienter vers l'apprentissage. Un choix de l'EFPG !  Il y a plus de 10 ans, l'EFPG a mis en place une formation par apprentissage. Cette formation, bien que peu répandue dans l'enseignement supérieur, offre une alternative intéressante à la formation traditionnelle par une approche plus concrète et directement au contact des professionnels. Au fil des ans, l'apprentissage est devenu un axe de développement très important de l'EFPG compte tenu de l'excellent placement des élèves. C'est pourquoi prochainement, la moitié des promotions d'ingénieurs seront formés à travers un cursus par apprentissage, le succès de cette formation reposant en grande partie sur les partenariats très fort établis avec les professions.
Dans le cadre de la licence professionnelle, une section par apprentissage sera également ouverte à l'EFPG dès la rentrée prochaine. Et l'EFPG compte sur une forte implication des professionnels des industries graphiques pour soutenir cette formation par apprentissage.

Emballage, un marché en développement lié à l'évolution des habitudes de consommations ...

Le marché mondial de l'emballage est marché important qui représente un chiffre d'affaires 423 milliards d'euros pour l'année 2004. Ces chiffres, comme le souligne Rodolphe Paillez (Rédacteur en chef de France Graphique Converting) cachent cependant de grandes disparités selon les régions du monde, l'Europe et l'Amérique du Nord se partageant 62 % de ce marché pour 17 % de la population mondiale.

La répartition du marché mondial de l'emballage selon les matériaux utilisés met en avant les matériaux papier et carton avec un taux d'utilisation de 40% :

    Papier et carton  40%                                                  
  Plastiques  30 %
  Métal  17 %
  Verre  7 %
  Autres 6 %

Le marché français de l'emballage se caractérise, quant à lui, par quelques grandes données : un CA de 23 milliards d'euros, 8e secteur industriel en France, 150 000 salariés et 3 000 entreprises.
La répartition de ce marché en fonction des secteurs industriels cibles met clairement en avant le secteur alimentaire pour 65% (dont 27% sont pour les produits liquides), vient ensuite le secteur regroupant l'industrie, la logistique et les biens intermédiaires pour 24% et enfin le secteur de la santé, de l'hygiène et de la beauté pour 11 %. Les matériaux qu'ils utilisent par ordre de priorité sont les suivants :

    Papier et carton  35%                                                
  Plastiques  26 %
  Verre  16 %
  Métal  13 %
  Bois 5 %
  Autres 2 %

Le secteur de l'emballage est aujourd'hui porté par les habitudes de consommation des pays développés basée sur la multiplication des cellules familiales, l'isolement des personnes, l'augmentation du nombre d'achats impulsifs, l'évolution des habitudes liées au repas (repas décentralisés), la praticité de l'emballage et sa facilité d'utilisation ... Toutes ces modifications sont les vecteurs des axes de développement pour l'emballage :

    Diminution des portions
  Plus de commodité des les usages
  Allègement du poids
  Besoin de développer l'attrait visuel
  Augmentation du nombre de lancement de petites séries test
  besoin de traçabilité des produits et d'informations

Imprimerie, toujours des difficultés ...

La parole fut ouverte ensuite aux représentants des professionnels de l'imprimerie de différents pays francophones : la France, la Suisse, le Maroc, le le Québec. Tous, excepté le Québec, ont présenté des situations économiques plutôt délicates mais avec une part d'espoir pour l'année 2006.

Pour le Maroc, 80 % des entreprises sont sous équipées, seules 5 à 10 % présentent un niveau d'équipement équivalent aux imprimeries de taille moyenne en Europe. Si l'industrie du cartonnage est techniquement très en retard dans ce pays, le secteur du labeur et de l'impression de journaux ont investi dans du matériel de dernière génération. Le représentant professionnel de ce pays, Youssef Ajana, Président de APMI (Maroc), encouragea donc les industriels français à établir des partenariats avec ces industriels en attendant 2012, une date importante pour les exportations au Maroc.

Du coté de la Suisse, Philippe Evard de Viscom, attira l'attention sur une contradiction même si l'économie suisse se porte bien actuellement, il n'en va pas de même pour le secteur des industries graphiques qui a perdu près de 36 000 emplois en 15 ans. Un secteur où se côtoient actuellement 2634 imprimeries pour 32 302 employés et où 80 % des entreprises ont moins de 10 salariés. Outre les difficultés économiques du marché (capacité de production élevée d'où une forte concurrence sur les prix), le niveau de salaire des employés de ce secteur, supérieur aux autres pays, est un très lourd handicap.

La situation du Québec fut ensuite présentée par André Dion - Directeur Général de l'ICGQ (Institut des Communications Graphiques du Québec). Elle se caractérise par un secteur comprenant 5 500 entreprises pour 98 000 employés qui est dominé par une très forte concentration, 50% du marché est contrôlé par uniquement 5 entreprises. Avec un taux d'exportation également très important, ce secteur ne présente qu'un taux de chômage de 7% et a de la difficulté à recruter une main d'oeuvre qualifiée pour ce secteur.

Enfin, Pascal Bovero, Délégué Général de la FICG (Fédération de la Communication Graphique et de l'Imprimerie), présenta la situation économique du secteur graphique en France qu'il qualifie, pour "le média imprimé en état de résistance".
La France avec ses 6300 entreprises, dont plus de 80% sont des entreprises de moins de 10 salariés, se situe au 3e rang européen. En 2004, on comptait 1137 entreprises de plus de 10 salariés, un segment qui a perdu près de 42% de ces entreprises en 10 ans.
Pour l'avenir, un problème de taille se profile, il concerne les départs à la retraite. D'ici 2011, plus de 28 000 salariés vont partir à la retraite et cette modification importante de la pyramide des âges dans ce secteur appellent dores et déjà à conduire une réflexion stratégique en intégrant bien entendu les attentes des donneurs d'ordres. En effet, le facteur humain est élément essentiel vis à vis de la reprise du secteur.
Quoiqu'il en soit les difficultés économiques actuelles trouvent, entre autres, leurs raisons dans la baisse des revenus publicitaires, la concurrence avec les médias électroniques étant devenue très vive et dans la faiblesse des flux à l'export. Pourtant le secteur affiche une très bonne productivité moyenne, une des plus haute d'Europe. Mais seuls les clients profitent de ces bénéfices, tous les services dans ce secteur n'étant généralement pas facturés au client.
En conclusion, Pascal Bovero mis fin sa présentation sur cette phrase : "Malgré une conjoncture générale peu vigoureuse sur la période, le marché du média imprimé montre une certaine résistance preuve de son adaptabilité à une demande globale très évolutive". Avant de préciser que l'espoir du secteur se trouve probablement dans une vision différente de cette branche industrielle.

Et pour terminer ce tour de table, Daniel Hipp du SIPG, indiqua les grandes tendances en matière d'équipement dans les imprimeries françaises. Le CTP est devenu une technologie courante dans les entreprises, les presses automatisées sont un standard, la gestion des flux CIP3 et CIP4 s'affirment. Ce qui est nouveau, c'est le retour des équipements de finition de base chez les imprimeurs.
En réponse à l'évolution du marché vers des tirages de plus en plus courts, une augmentation de la qualité, une diminution des délais et une très forte pression sur les marges, les constructeurs de presses proposent une évolution de leurs matériels comprenant une diminution des temps de calage, une augmentation de la vitesse, un contrôle qualité optimisé, une diminution du taux de gâche et une augmentation de la productivité.
Les perspectives qui découle de cette analyse permettent de croire que le marché français est sur la voie de l'assainissement. En effet, les investissements en 2005 ont été importants. Cependant il reste à gérer un problème de taille, la pression sur les marges.

 
 
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