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Révision : 28 Mars 2006
2006, encore une année mouvementée pour la filière papier !
 
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Alors que l’année 2005 s’est globalement terminée dans la déception pour la chaîne graphique, il ne semble pas qu’il faille s’attendre à ce que l'année 2006 soit bien plus calme.
Pourtant sur le salon "Graphitec" qui vient de se dérouler à Paris au mois de mars, il était courant d'entendre sur les stands : "Je ne sais pas trop ce qui se passe, mais ça a l’air de bouger !". Sans être devin, on peut s'autoriser à voir dans ces remarques les prémices d'un retour à une meilleure situation.
 

Jacques de Rotalier
(28 Mars 2006)

Du mouvement chez les papetiers ...

   
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En effet, la morosité ne se limite pas au secteur de l'imprimerie. Il se dit par exemple qu’International Paper s’intéresserait à Weyerhauser. Savoir que les numéros 1 et 2 aux USA aient l’air de discuter (ou discutent réellement ?) signifie probablement quelque chose. Par ailleurs, Anglo American a clairement fait savoir qu’il voulait faire rentrer sa filiale Mondi (puissant acteur dans le secteur des papiers de bureau et des papiers d’emballage) à la Bourse de Londres. Stora Enso s’intéresse sérieusement, semble t il, au dossier. Si cela se faisait, cela changerait la donne dans le marché du papier de bureau européen en plaçant le (futur ?) groupe largement en tête d’un ensemble de 5 sociétés qui détiendraient 90 % du marché en question. Il y a encore d’autres rumeurs dans le secteur, mais je préfère pour le moment ne pas en faire état !

D’autres faits notables peuvent être cités. Ensemble UPM Kymmene et StoraEnso viennent de retirer 1,1 Millions de tonnes de papier du marché en procédant à l'arrêt des machines obsolètes ou insuffisamment productives. Le Groupe Portucel / Soporcel se lance, quant à lui, dans l’aventure d’une 3e super machine pour le papier de bureau. Elle sera installée à Setubal.

Tout ceci conduit à de très lourdes conséquences sur notre territoire qui ne sont pas très gaies. Une bonne quinzaine de sociétés ou d’établissements papetiers sont en dépôts de bilan ou en cours de fermeture dans le papier d’impression. Et UPM Kymmene vient de renoncer à un investissement qui aurait pu se trouver soit en France, soit en Allemagne.

Une bonne nouvelle est tout de même à noter dans tout cela (pas pour tous, malheureusement !). La filière papier qui a perdu de 20 à 30 % de sa valeur depuis 5 ans va probablement en récupérer quelques pour cents dans les mois qui viennent. Certaines hausses commencent à être appliquer dans la vente des papiers. Malgré tout, il ne faut pas s’attendre à revenir aux niveaux de prix d’il y a 5 ou 6 ans. Cepenadnt, une filière qui coûte si cher en investissement ne peut pas perdre autant de valeur sans se mettre dangereusement en péril !

Chez les imprimeurs ...

Là, il ne s’agit pas de rumeurs. Quebecor World n’arrête pas de se restructurer et perd 140 Millions de Dollars, tandis que Donnelley rachète une 2e plateforme d’impression : après Astron, c’est Office Tiger qui entre dans le groupe. Donneley s’inscrit ainsi dans un mouvement de tertiarisation de l’impression.

Et les prévisions pour dans 10 ans ...

Mi-mars se tenait à Paris une journée organisée par Bruno Rives (Tebaldo), qui a permis de faire le point sur ce qu’on appelle le papier électronique. Peut être, allons nous assister à la re-naissance d’une idée qui a connu un premier échec sévère avec le e-book, telle était tout au moins l’impression dominante des 200 participants (150 éditeurs, publicitaires, imprimeurs, papetiers, 50 journalistes) à cette journée.

La technologie de e-ink, conçue par le MIT en 1998 et basée sur l'emploi de micro-capsules commandées par des impulsions électriques et contenant des microbilles noires ou blanches,  a su résisté aux épreuves du passé.  Avec le temps, le support est devenu très mince (375 µ) et plus souple puisqu’il peut se rouler sur lui-même. Seule contrainte au tableau, il lui faut être relié à une baguette qui contient l'électronique et  la batterie (toute mince, elle aussi).
On devine bien les marchés visés par ce nouveau support : le journal, le livre (sa numérisation croissante devrait lui donner une impulsion forte !), l’affichage, et, certains emballages. Techniquement cette technologie propose actuellement des formats A6, A5, A4, à des résolutions de 400 dpi, pour 4 niveaux de gris, mais la couleur est annoncé pour bientôt ...

Lors de cette manifestation un e-livre Chinois se proposait de recréer l’alchimie du livre : belle couverture, belle reliure, et quand vous ouvrez les livres présentés à l’intérieur sont présentés par la tranche !
L’Asie et ses entreprises (Seiko, Sony, Matushita, Hitachi, Fujitsu) ont rapidement vu les avantages ils pouvaient tirer de cette nouvelle technologie quand elle sera prête. Et, au lieu de se battre, ces sociétés essaient de mutualiser leurs efforts pour lui assurer un développement plus rapide !
Intel Capital et Dupont de Nemours pour la fabrication de la feuille, se lancent également dans l’aventure pour le compte des Américains.
Pour l’Europe Philips, Siemens, BASF sont sur l’affaire !

Les niveaux de coûts sont d’ores et déjà raisonnables : aujourd’hui on en est à 40 €, la feuille. Mais cela devrait descendre encore car nous n’en sommes qu’au début ! La batterie tient 10 000 heures mais la feuille, sous couvert de manipulations intenses, ne tient que 3 mois !
L’un des marchés visé en priorité est l’éducation. D’ores et déjà les Chinois ont adopté un plan de déploiement ambitieux pour leur écoles et leurs  universités. Les Indiens y songent également, ils économiseraient ainsi l’étape éducation sur papier !
Les Français semblent commencer à comprendre l’intérêt de la technologie. A ce propos, Les Echos se sont lancés en Mars sur une première version "e-papier" de leur quotidien. Il est certain qu’ils ne resteront pas seuls. Une affaire à suivre attentivement !

 

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers Impression/Ecriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique, ainsi que comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente, ...).
e-mail : rotajac@noos.fr

 
 
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