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Révision : 05 Novembre 2007
Média imprimé : de bonnes nouvelles mais aussi des questions...
 
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Qu'elles soient hexagonales ou européennes, diverses initiatives démontrent un effort de mobilisation des professionnels comme des pouvoirs publics autour du rôle, de l'efficacité et plus généralement, de l'avenir de l'imprimé.
Des efforts, il en reste encore à faire pour amener le papier carton au niveau des exigences environnementales actuelles et pour faire face à la flambée des prix des matières premières et de l'énergie.

Jacques de Rotalier (5 Novembre 2007)

De bonnes nouvelles...

   
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Une nouvelle chaire au Collège de France

Le Collège de France vient d’inaugurer un enseignement dédié aux rôles de l’écrit, non pas seulement dans les mondes anciens, mais dans le temps long de la modernité occidentale, depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours.
Roger Chartier est donc le titulaire de la chaire Écrits et Cultures dans l’Europe moderne. Il a déjà souligné, lors de sa séance inaugurale que "les mutations de notre présent bouleversent tout à la fois les supports de l’écriture, la technique de sa reproduction et de sa dissémination, et les façons de lire. Une telle simultanéité est inédite dans l’histoire de l’humanité". Il a aussi souligné que l’Europe moderne a toujours été habitée "par une crainte contradictoire : d’un côté l’effroi devant la profusion incontrôlée de l’écrit, l’amas des livres inutiles, le désordre du discours, de l’autre la peur de la perte, du manque, de l’oubli". Cette chronique n’a pas vocation à rester sur de telles hauteurs, mais il est parfois important de se resituer dans un contexte plus large quand on a du mal à analyser l’ampleur des bouleversements en cours.

Saluons ensuite deux initiatives de la filière, l’une au niveau européen, l’autre au niveau hexagonal.

Campagne européenne "Imprimée, votre marque est entre leurs mains"

À l’initiative de la fédération européenne des fabricants de papiers impression écriture (CEPIFINE), relayée par Intergraph, confédération européenne des imprimeurs et soutenue par de nombreux opérateurs postaux, une campagne de soutien à l’imprimé publicitaire est en cours dans 11 pays européens : Suède, Finlande, Grande Bretagne, France, Autriche, Irlande, Suisse, Allemagne, Italie, Espagne, Norvège. Premier média publicitaire, l’imprimé allie moindre intrusivité, qualité, proximité, sensualité. Grâce aux outils de mesure qui se mettent en place on évalue déjà son efficacité : elle est très forte. Bien entendu, de plus en plus d’agences jouent la carte du multimédia, et mettent en place des campagnes qui combinent différents médias. Cette campagne européenne leur rappelle utilement combien l’imprimé peut appuyer, mieux même, cimenter, leurs actions publicitaires ou promotionnelles.

Colloque à Bercy "L’imprimé : un média du futur"

Les pouvoirs publics, et, plus particulièrement la DGE (Direction Générale des Entreprises) au Ministère de l’Économie et des Finances, invitent les professionnels français du secteur graphique à débattre de l’avenir de la filière les 15 et 16 novembre à Bercy.
Trois axes de travail seront proposés aux participants :

    Quel avenir pour l’imprimé, pour quels marchés ?
  Quelle place pour l’imprimé parmi les médias numériques ?
  Le support papier est il compatible avec les exigences du développement durable ?

Toute la filière sera présente : papiers graphiques, encres et colles, imprimeurs, annonceurs, éditeurs de livres, éditeurs de presse, pour essayer d’anticiper le futur de l’imprimé, face aux mutations majeures liées au numérique et à Internet en particulier. Les réservations déjà nombreuses, montrent combien les efforts pour rassembler la filière commencent à porter leur fruits : souhaitons que les perspectives dégagées ensemble nous aident à y voir un peu plus clair.

... mais aussi des questions

Grenelle de l’Environnement

Personnellement, j’aurais tendance à mettre le travail initié à cette occasion dans les bonnes nouvelles, mais il va y avoir encore beaucoup à faire, je mets donc cet évènement dans la rubrique "questions à régler".

Juste quelques remarques : les raccourcis journalistiques ont laissé entendre que les organisations non gouvernementales et les industriels ont appris à se parler à cette occasion. C’est un peu exagéré, même si dans un passé récent encore, l’imprécation et la culpabilisation les empêchaient souvent de faire un bout de chemin ensemble : ce temps là semble dépassé, et c’est tant mieux. Là encore, les pouvoirs publics, à travers l’Ademe, ont su pousser les industriels à développer des solutions plus propres. À travers cette Agence, industriels et organisations non gouvernementales ont été amenés à dialoguer indirectement (depuis le milieu des années 70, pour les papetiers !).
Un petit coup de chapeau à leurs agents pour leur ténacité : pris entre marteau et enclume, leur travail est souvent questionné, rarement salué...

Reste que pour ce qui concerne l’imprimé les efforts faits par les papetiers européens, de plus en plus suivis au niveau mondial, commencent enfin à être reconnus à leur juste valeur. Les producteurs de papier carton qui fabriquent un véritable bio matériau, renouvelable, recyclable, vont cependant devoir accélérer (à nouveau) leurs efforts de recherche pour le rendre moins énergivore... Pas de repos possible, donc...

La flambée du bois... et des matières premières

Face aux défis liés à la difficulté de nourrir 9 milliards d’êtres humains d’ici 2050, certains en viennent à dire : "se nourrir ou conduire, il va falloir choisir". Les surfaces terrestres suffiront elles ?

À notre échelle plus modeste, on pourrait aussi ajouter : à quel prix va-t-on lire si le bois vient à flamber ! Cela peut paraître un peu exagéré : la première matière première (le recyclé) du papier carton fournit en France plus de 60 % des approvisionnements et devrait passer (plafonner ?) à 70, 75 %, d’ici quelque temps.
La fibre originale (ou vierge) restera donc indispensable : elle vient de déchets de scieries, de coupes d’éclaircies, de forêts cultivées.

En France, le développement spectaculaire du chauffage au bois se fait de manière précipitée et anarchique. La collecte du bois est insuffisamment organisée : les tensions qui en résultent sur les prix pénalisent le papier, alors que la valeur ajoutée pour fabriquer du papier est de 4 à 8 fois supérieure à celle de la production d’énergie. Quant aux rejets de CO2, le papier carton le stocke durant toute sa période de recyclage (techniquement possible jusqu’à 6 fois). Les papetiers qui vivaient sur des marges faibles ou négatives depuis des années, pensaient pouvoir respirer un peu : tout ceci est, une nouvelle fois, remis en question par la hausse rapide de l’énergie et du bois.

Pour conclure sur un autre type de valeur, disons que l’imprimé reste encore le support culturel de qualité le mieux adapté à la réflexion : souhaitons que les acheteurs ne l’oublient jamais dans leurs réflexions et calculs !

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers Impression/Ecriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique, ainsi que comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente, ...).
e-mail : rotajac@noos.fr

 
 
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