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Révision : 05 Juin 2007
RFID, une révolution technique en marche
 
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Le SICOGIF a publié dans son étude "L’avenir de l’imprimé" une courte partie sur les enjeux de l’électronique imprimée dans laquelle est abordée la RFID (avec l'aide de Jocelyne Rouis et du CERIG, de l'EFPG). L'importance du sujet a incité sa Commission technique à organiser le 9 mai 2007 un séminaire sur cette nouvelle technologie. Son compte rendu est présenté ici.
L'étendue de la RFID et de ses applications n'est pas encore mesurée mais il est déjà clair que cette technologie devrait permettre de mieux vendre : interactivité, suivi de ROI, etc. et les spécialistes du marketing commencent à en percevoir l’intérêt et les applications possibles. La RFID est aujourd’hui une opportunité à ne pas négliger. C’est d’ailleurs sans doute la raison pour laquelle le Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie a rendu public le résultat d’une étude réalisée en 2006 sur le sujet. Il est tout de même important de préciser que le SICOGIF n’a pas réussi à faire venir des imprimeurs lors du séminaire pour témoigner de l’utilisation ou de la mise en œuvre de cette nouvelle technologie... Secret industriel, sauvegarde de la clientèle, buzz ?…


Pascale Ginguené, SICOGIF (5 Juin 2007)

RFID : le point par l'EFPG

   
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  Julien Bras, EFPG
Julien Bras, EFPG

"On parle beaucoup de la RFID aujourd’hui et c'est sans doute le problème, on entend tout et n'importe quoi... ". Julien Bras, enseignant-chercheur à l’École Française de Papeterie et des Industries Graphiques (EFPG), a présenté un résumé de ce qu’est la RFID ainsi que ses applications possibles pour un imprimeur.

1. Historique

RFID — Radio Frequence Identification Device — désigne l’identification et le suivi grâce à un procédé automatique utilisant le système des ondes. Pendant longtemps, cette traçabilité s’est opérée grâce aux codes-barres dont l’inconvénient majeur est l’obligation d’utiliser une lecture optique. La technologie RFID, comme beaucoup d’autres technologies, date de la guerre. Elle servait différencier les avions ennemis et amis. L’usage militaire réservé n’a pas permis d’avancées significatives ou d’applications publiques jusque dans les années 70. Une première application apparaît dans les années 1980 pour l’identification du bétail. Puis, en 1990, la standardisation voit le jour et c’est en 2000 que l’on voit le 'boom' des applications, notamment grâce à la miniaturisation. Le développement de la RFID est donc réellement effectif depuis 10 ans. Aux États-Unis par exemple, Wal Mart (géant de la distribution) oblige tous ses fournisseurs à avoir des étiquettes RFID sur ses produits. En France et en Europe, Carrefour et Métro se posent les mêmes questions pour les mêmes raisons.

2. Technologie

Une étiquette RFID est constituée d'une antenne, d’une puce et de l’emballage dans lequel sont encapsulées cette antenne et cette puce (à l’intérieur d'un pass ou collage au dos d'une étiquette). Il y a émission d'un champ électromagnétique par un "lecteur". Ce champ est réceptionné par l'antenne qui active alors la puce qui va elle-même renvoyer une information. Cela s'appelle une étiquette "intelligente".

Un système RFID est composé de trois éléments :

    un transpondeur ou RFID tag (microprocesseur + antenne radio + code d'identification),
  un lecteur,
  un système d’exploitation des données (SI).

Les spécifications techniques de chacun des éléments sont :

    la fréquence : 4 gammes BF (Basse Fréquence), MF (Moyenne Fréquence), HF (Haute Fréquence) et Ultra HF qui définit la distance de lecture (HF= de 1 à 3 m par exemple),
  la puissance de l’étiquette (active = avec source d'énergie, ou passive),
  et la mémoire (lecture seule ou lecture/écriture).

Les points forts de la technologie RFID sont :

    l'interrogation sans contact ;
  l'intégration possible dans différents matériaux (carton, bac plastique) ;
  la lecture de plusieurs étiquettes électroniques simultanément ;
  la diminution des erreurs de saisie ;  
  la grande durée de vie.  

Ses points faibles sont :

    la distance de lecture limitée (utilisation de certaines fréquences) qui a freiné son évolution en France, même si cela n’est plus d'actualité aujourd’hui ;
  des problèmes de fonctionnement avec le métal ou les liquides ;
  son prix encore élevé ;
  la peur du phénomène "Big Brother".  

3. Des exemples d’utilisation

    Identification des animaux.
  Traçabilité des livres (bibliothèque).
  Traçabilité et contrôle anti-vol (CD à la Fnac).
  Suivi et logistique des arbres de la Ville de Paris.  
  Localisation des vêtements chez Mark&Spencer.  
  Traçabilité du nettoyage des appuis-tête dans les avions (après 8 utilisations).  
  Suivi de la chaîne du froid, suivi du sommeil, aide au guidage des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer.  
  Pass ski, pass autoroute LiberT.  
  Des études sont en cours pour introduire cette technologie dans le corps humain (sous-cutané).  

4. Les perspectives

Les perspectives majeures de l’utilisation de la RFID de situent dans les applications suivantes :

    systèmes anti-vol ;
  simplification des inventaires ;
  suivi des commandes.

Aujourd’hui, la croissance des applications RFID est de +57 % dans le monde et +44 % en Europe, avec une prédominance majeure des marchés nord-américains. En 5 ans, le tag (microprocesseur+antenne) est passé de 40 à 15 centimes. En 2005, il s’est produit dans le monde plus de transistors que de riz !… Mais le marché de la RFID reste un marché complexe car pluripartenaires : un fabricant de composants électroniques, un fabricant de tags, un fabricant d'interrogateurs, un intégrateur.

5. L’avenir pour les industries graphiques

L’avenir de l’imprimerie dans le domaine de la RFID se situe dans l’électronique imprimée, encore au stade de la recherche. Concrètement, l’impression des antennes sera un enjeu majeur de baisse du coût de la technologie. Toutes les publications spécialisées prévoient l'explosion de l'électronique imprimée (superposition de différentes couches). Les encres conductrices existent déjà (pigments carbone, pigments métalliques, polymères conducteurs utilisables dans toutes les technologies d'impression). En comparant les différentes technologies d’impression — jet d'encre, sérigraphie, offset, flexographie et héliogravure — on constate des problèmes concernant la résolution des procédés d'impression, la stabilité des propriétés chimiques, l’épaisseur du film d’encre, etc. Il y a donc manifestement beaucoup d’effet d’annonce autour de cette technologie et de son application dans l’imprimerie. Aujourd’hui, une seule application industrielle existe : l’impression d’antennes en sérigraphie avec une encre métallique.

La RFID est donc très certainement une révolution majeure du XXIe siècle par tout ce que cette technologie implique — suivi, traçabilité, sécurité des informations, accès des informations, etc. — mais son application dans nos métiers nécessite encore quelques recherches…

  Alain Loree, OFMAG Équipements
Alain Loree,
OFMAG Équipements

Le point de vue d'OFMAG Équipements

Alain Loree a présenté OFMAG Équipements qui distribue aujourd’hui plusieurs marques de machines permettant de faire de l’intégration Tag RFID/étiquette, dont la société ABG International, spécialisée dans les presses et systèmes de finition pour étiquettes et la société Van den Bergh. Une dizaine de machines est installée en France aujourd’hui. OFMAG Équipements travaille avec des fabricants d’antennes à incorporer. Cette dernière est ensuite activée chez et par le client final.

1. Les techniques
Deux techniques sont possibles :

    l'intégration pendant l’impression ;
  l'intégration en reprise façonnage après impression : opérations de découpe, refente et bobinage avec possibilité, pour des étiquettes déjà "chenillées", de décollement de l’étiquette, pose de l’antenne puis repose de l’étiquette.
RFID : intégration pendant l'impression RFID : intégration en reprise
Intégration pendant l'impression
(Source : ABG International)
Intégration en reprise
(Source : ABG International)

2. Exemples

Étiquettes RFID Étiquettes RFID
Étiquettes RFID
(Source :
ABG International)
Étiquettes RFID
 (Source :
ABG International)
 
  Étiquettes RFID
Étiquettes RFID
 (Source :
ABG International)

3. L'avenir pour les industries graphiques

Si l’imprimeur intègre l’impression de l’antenne, il est nécessaire et indispensable qu’il contrôle la conductivité de l’antenne et donc le bon fonctionnement de l’étiquette dans son intégralité.
Si un système d’insertion de tag sur une étiquette coûte de 80 à 100 K€, il est nécessaire d’investir plus de 170 K€ dans un système de contrôle… La rentabilité mettra sans doute quelque temps avant d’être là.
Mais il n’y a pas de doute que la RFID en général va prendre le même chemin de développement que le code-barres.

Étude du Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie

Le Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Emploi a rendu public en mars dernier, une étude réalisée en 2006 sur "Les étiquettes électroniques et la traçabilité des objets".
Elle est divisée en 3 parties : panorama, scénarii et actions pour une prise en charge par les pouvoirs publics et cahier de bonnes pratiques pour mener à bien un projet utilisant la RFID.
Cette étude met l’accent sur l’explosion probable des technologies RFID et de l’importance pour les pouvoirs publics d’aider les entreprises nationales à conserver et développer leur savoir-faire en favorisant les innovations et la R&D. Ses principaux points sont synthétisés dans le document suivant : RFID_etude-DGE.pdf.

 
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