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Révision : 12 Février 2008
Quel futur pour l'imprimé ?
 
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 Ces 5 dernières années ont fait apparaître un bouleversement sans équivalent pour l’imprimé. Pendant 4 siècles et demi, l'imprimé a eu le quasi monopole de la communication et a été l’instrument essentiel de la diffusion des cultures et de la démocratie.
Depuis 70 ans, l'imprimé a appris à partager son monopole avec d’autres médias (Radio, TV).
Aujourd'hui, avec le défi d’Internet, il ne s’agit plus de partager, il s’agit de totalement réexaminer le monde et ses modes de communication. On n’en imagine pas encore toutes les conséquences. Mais les nouvelles générations naissent et grandissent dans ce nouveau monde, où le virtuel l’emporte parfois sur les réalités antérieures.

Jacques de Rotalier
(12 Février 2008)

Langage, Lecture et Virtuel ....

   
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Je voudrais soumettre à votre réflexion quelques extraits des propos de C. Duneton, lexicologue, publiés dans le Hors Série des Echos de décembre 2007.
A la question : Quel impact l’immersion dans le virtuel a-t-elle sur le langage ?
La réponse était : "Il faut savoir que ce sont des zones différentes du cerveau qui analysent les images et réalisent la production langagière. Ainsi, le numérique amène les gens vers une conceptualisation imagée. Cela devrait aboutir à restreindre la construction syntaxique de la langue puisque la parole est absente. Imaginons un enfant qui passerait tout son temps à jouer sur des consoles à partir de 5 ans, il y a de fortes chances pour que plus tard il ne s’exprime plus que par monosyllabes « bureau, travail, écrire ». Le fait de limiter la phrase, le discours pourrait donner à la communication inconsciente, aux gestes plus d’importance. Peut être que le discours empêche une communication vraie entre les êtres… Tout ce que l’on peut dire à ce stade, c’est que l’on devrait assister à un appauvrissement très important du langage oral, et par conséquent écrit."
Question : L’apprentissage de la lecture en sera-t-il affecté ? Réponse : "La lecture passe d’abord par la vision d’un signe conventionnel et abstrait, puis par sa perception dans un lobe cérébral et son interprétation dans l’autre, bref c’est une gymnastique fantastique. Si un enfant en reste au stade de l’image, il va regarder les lignes dans un livre, mais ne va pas les interpréter. En d’autres termes, un enfant à qui on donne des jeux électroniques à l’âge de 5 ans a toutes les chances de ne savoir ni lire ni écrire à 15 ans. Le virtuel devrait donc aboutir à une augmentation de l’illettrisme".
A méditer, mais les premiers éducateurs que sont les parents doivent faire très attention.

INTERNET : LA MEILLEURE ET LA PIRE DES CHOSES

En 10 ans la terre est devenue plate : déjà plus d’un milliard d’humains sont connectés à Internet, et cela n’est pas fini. Le mythe de l’accès à la Bibliothèque Universelle est désormais à portée d’écran, des communautés qui avaient du mal à se rassembler se développent, l’interactivité stimule l’intelligence et les échanges. En contrepartie, la communication sur-envahit nos vies (37 Milliards de courriels s’échangent tous les jours sur la terre !), la rumeur remplace trop souvent l’information, la traçabilité menace notre intimité.

ET SI L’IMPRIMÉ NOUS RAMENAIT A UN PEU DE RAISON ?

Dominique Wolton, lors du colloque de la filière graphique intitulé "L'imprimé, un média du futur", organisé à Bercy, les 15 et 16 novembre 2007, mettait en regard la légitimité (culturelle) et la durée comme atout de l’imprimé face à l’écran symbole de modernité et de fugacité. Je me permettrai d’y ajouter que l’imprimé reste tout de même le meilleur média pour la réflexion. Notre monde est dopé par l’affectivité : c’est à la fois stimulant et dangereux si on n’y prend garde. Si nous ne prenons pas le temps et ne faisons pas l’effort de dominer notre affectivité, nous prenons des risques majeurs. Les dictateurs et les démagogues de tout poil, ne s’y sont pas trompés : jusqu’à preuve du contraire, ils n’ont brûlé que des livres !

 PLUS QUE JAMAIS, LA FILIERE DOIT S’UNIR !

Le colloque de Bercy a été un premier aboutissement des efforts de la filière, appuyée par les Pouvoirs Publics, qui ont sérieusement commencé à prendre conscience des enjeux et des défis économiques et culturels liés à l’imprimé.

Ces défis sont intenses, - défis technologiques : comment intégrer Internet dans sa stratégie commerciale ?
Des exemples de plus en plus nombreux montrent que c’est tout à fait possible, plus que cela, c’est indispensable. Le média Internet fait souffrir tous les médias et pas seulement l’imprimé, par contre l’outil Internet peut tout à fait se mettre au service de l’imprimé, et dans ce cas tout le monde est gagnant, surtout si l’on joue la qualité, point fort de l’imprimé. - défis écologiques : les jeunes générations sont très sensibles au monde qu’on va leur laisser. Certains continuent à leur faire croire que le papier et l’imprimé représentent un danger majeur pour la planète. C’est particulièrement injuste et faux, et, il ne faut pas trop compter sur les autres médias pour redresser cette image : ils sont trop contents de laisser la « patate chaude » à l’imprimé.

Seule la filière elle-même, totalement unie et solidaire, est capable d’expliquer qu’elle fait partie des grands pionniers du recyclage et de la certification, qu’elle accepte de jouer le jeu de la directive Reach, qu’elle travaille depuis les années 70 avec les organismes publics chargés de l’eau, de la forêt, de l’impact écologique de ses activités… autant d’éléments trop méconnus qui n’empêcheront pas la dite filière de continuer à travailler à réduire son empreinte écologique que personne ne songe à nier. Qu’on se le dise, qu’on le dise, et qu’on le fasse savoir !

 

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers Impression/Ecriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique, ainsi que comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente, ...).
e-mail : rotajac@noos.fr

 
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