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Révision : 16 juillet 2008
Le village numérique mondial
 
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J'ai eu l’occasion de lire le livre de Didier Lombard, "Le village numérique mondial : la deuxième vie des réseaux" publié en avril dernier. C’est à la fois fascinant et inquiétant : fascinant de constater l’accélération des évolutions technologiques depuis 20 ans avec l’arrivée et la combinaison d’Internet, du téléphone mobile, des consoles, du cinéma, de la vidéo… Fascinant la manière dont il pense que la technique va faire les réseaux.

Jacques de Rotalier (16 juillet 2008)

"L'information va de plus en plus vite,
la communication toujours aussi lentement" (D. Wolton)

   
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Dominique Wolton, quant à lui, prétend que la technique n’a jamais amélioré les relations humaines et sociales. Les réseaux nés avec Internet rassemblent des gens qui se ressemblent : la confrontation et l’échange ne progressent pas forcément, les rumeurs planétaires se répandent des traînées de poudre. Au final, chacun reste seul devant son écran, comme devant son miroir.

Je souhaiterais souligner un autre aspect des choses encore trop souvent occulté : ce déluge d’informations numériques a un impact sur la vie de la planète. L’immatériel – qui a permis de créer ou de copier rien qu’en 2006 l’équivalent de 3 millions de fois les informations contenues dans tous les livres jamais écrits, et qui devrait croître encore 6 fois d’ici 2010 – nécessite la mise en œuvre de moyens informatiques ahurissants ! Aujourd’hui, Google rassemblerait entre 500 000 et un million de serveurs (sur 30 millions dans le monde) qui répondent à plusieurs centaines de millions de requêtes par jour. Ils sont généralement installés près de centrales électriques et de cours d’eau afin d'assurer leur climatisation.

L’auteur souligne que le mégawatt est un enjeu aussi important que le mégabit. Un exemple parmi d’autres : le réseau public de Londres n’est plus capable de fournir assez d’énergie pour suivre ces développements. La consommation électrique des centres de données a doublé entre 2000 et 2005, pour atteindre 150 milliards de Kwh/an. Or, nous n'en sommes qu’au début des téléchargements lourds, comme les vidéos et les films. Dans ce contexte, parler d’immatériel et de télécoms verts me paraît pour le moins prématuré voire audacieux ! Ce n’est d’ailleurs probablement pas un hasard si tous les grands du secteur lancent des programmes de recherche pour économiser l’énergie encore gaspillée à tous les échelons, de la fabrication à l'utilisation des matériels. Alors qu’on vient de passer le cap du milliard de PC sur la planète, je pense que pour leur recyclage, il va y avoir aussi du pain sur la planche, comme on disait dans le temps !

Et le village de l'impression dans tout cela ?

Il s’est rassemblé à Düsseldorf récemment à l'occasion de la Drupa 2008 : 391 000 personnes venues de 89 pays ont acheté pour 10 milliards d’euros de matériels et de logiciels d’impression et de finition, soit 2,5 % du chiffre d’affaires de l’impression commerciale mondiale. L’ambiance sur place n’était pas à la morosité, signe probable que l’imprimé a encore de la ressource et que le secteur graphique sent bien le besoin de préparer sa place dans le monde de demain.

Le numérique va d’ailleurs l’y aider : séries plus courtes, finitions intégrées, meilleur ciblage des messages, "versionning", zonage, personnalisation sont autant de possibilités de réduire sérieusement les gaspillages actuels. Les efforts faits – et encore à faire – pour une meilleure utilisation d’un support renouvelable, certifié, recyclé et recyclable (c'est-à-dire le papier), vont aussi dans le sens d’une moindre empreinte écologique.

Dans le village numérique mondial, le (petit ?) jardin de l’imprimé est-il en train de montrer la voie de la raison ? Face au déluge numérique, il est en train d’essayer d’inventer le goutte-à-goutte numérique ! Ce (relatif) optimisme ne devrait pas empêcher une nouvelle vague de restructurations à tous niveaux : papetiers, fabricants de matériels et de logiciels et imprimeurs. La conjoncture difficile qui s’annonce pèse sur les coûts et va conduire à de nouveaux regroupements importants.

Appel à l'union !! Il ne se passe pas de semaine sans que je ne sois saisi de remarques concernant les labels FSC et PEFC : pourquoi deux bons produits, finalement assez proches, pour promouvoir une gestion raisonnable des forêts ? La guerre commerciale actuelle pour une cause reconnue valable par toute personne de bon sens paraît contre-productive voire nuisible à bien des égards !
Les deux plus grands syndicats d’imprimeurs français sont bien arrivés à s’entendre, pourquoi les producteurs des labels en question ne feraient-ils pas l’effort de se rapprocher ?

Bonnes vacances à tous à la montagne, à la mer, à la campagne et pourquoi pas en forêt : l’Europe en compte un peu plus de 200 millions d’hectares.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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