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Révision : 03 septembre 2009
La Forêt des Livres
 
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La Forêt des Livres, fondée par Gonzague Saint-Bris, est une signature d'écrivains organisée à Chanceaux-près-Loches, en Touraine, chaque année à la fin de l'été. Un évènement au succès grandissant : le 30 août dernier, la 14e édition a attiré plus de cinquante mille personnes désireuses de discuter avec les cent cinquante auteurs présents, à l'ombre des arbres centenaires. Dix mille livres y ont été vendus.

Jacques de Rotalier (Septembre 2009)

Le livre se porte bien mais gare aux prédateurs numériques

   
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Gonzague Saint-Bris, initiateur de ces rencontres, a proposé cette année un colloque sur le thème : "La culture contre la crise". Cela tombait plutôt bien car le livre est l’un des rares secteurs de la culture qui ne souffre pas (trop) de la crise : 659 romans et nouvelles composent le menu de la rentrée littéraire. C’est un peu moins que l’an dernier car les éditeurs freinent un peu l’ardeur, sans cesse renouvelée, de ceux qui aiment écrire. Du coup, il paraît que les romans proposés sont moins nombrilistes, plus ambitieux, plus denses…

Le démarrage réel du livre électronique et la facilité grandissante de publier à compte d’auteur grâce à l’impression numérique, contribuent à l’élargissement et au dynamisme du secteur. Ceci dit, son avenir n’est pas simple car il attire les prédateurs du numérique : j’ai nommé, entre autres, Google et Amazon.

La bataille à venir est cruciale pour le livre (et la culture) : la création saura-t-elle y préserver sa valeur ? La diffusion saura-t-elle jouer de ses atouts (proximité, services rendus) pour résister au choc qui se prépare ? En tout cas, le numérique ne pourra se prévaloir d’un plus écologique : les études faites (à approfondir) montrent à quel point l’empreinte écologique du livre numérique surpasse l’empreinte du livre imprimé.

À propos de la forêt

Un rapport du Centre d’Analyse Stratégique, publié au printemps dernier [Chevassus-au-Louis B., Salles J.M., Pujol J.L. et al. Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes : contribution à la décision publique. Avril 2009], essaie de valoriser les différents services écosystémiques de la forêt française. Rappelons-les :

    Services de prélèvement : bois de construction, bois d’œuvre, bois d’ébénisterie et de menuiserie, bois de tonnellerie,…
  Sous-produits du bois : pâte à papier, bois de chauffage,…
    Service de régulation : fixation et stockage du carbone, régulation du régime des eaux, qualité de l’eau, protection contre l’érosion et les crues, biodiversité, santé,…  
    Services culturels : promenades, randonnées, chasse,…  

Dans le tableau 7-15 "Valeurs de référence proposées pour les différents services écosystémiques de la forêt française" (p.331), une première estimation – sur laquelle beaucoup de travail reste à faire – donne une valeur moyenne à l’hectare et par an de 970 € environ : rien qu’en capture carbone perdue (à 32 € la tonne) les dégâts sur la forêt des Landes représenteraient 700 millions d’euros.

On comprend mal dans ce cas pourquoi les pouvoirs publics sont si lents à aider les sylviculteurs à nettoyer leurs parcelles, étape indispensable à un nouveau départ. Les sylviculteurs européens sont un peu les victimes de l’attention (légitime) portée à la déforestation dans des zones pauvres et à risque : il serait temps de prendre mieux en compte leur long et patient travail. Souhaitons que le rapport en question soit intégré dans des perspectives (et actes) politiques qui s’intéressent beaucoup trop au court terme.

Pourquoi ne pas réaffecter une partie de la taxe carbone à ceux qui contribuent à capter et stocker le dit carbone ? Un plan numérique, c’est bien. Un nouveau plan bois-forêt, comme celui de Jean-Louis Bianco il y a une vingtaine d’années [Rapport de Jean-Louis Bianco. La forêt : une chance pour la France. 25 août 1998], serait pas mal non plus.

À propos de l'imprimé

On a vu que le livre ne se portait pas mal. Quant au reste, ce n’est pas brillant même si l'on peut se demander si le fond du fond n’est pas derrière nous.

Les papiers de bureau et ceux destiné à la publicité vont redémarrer, comme le reste de l’économie, mais ils ne sont pas près de retrouver les niveaux et les rythmes de croissance des années 2000-2005. L’imprimé devra alors jouer la carte de la complémentarité et de la valeur par le service rendu.

Citons deux exemples parmi d’autres :

    Le Télégramme de Brest ne s’en sort pas trop mal. Cela lui donne des idées : il a offert à ses correspondants (très) locaux des téléphones portables pour transférer sur son site Internet de petits reportages visuels complémentaires de ses articles. Cela renforce le lien entre le journal et ses lecteurs.
  Plusieurs magazines américains introduisent des puces dans leur publications papier : les lecteurs ont alors accès à des compléments animés des articles imprimés.

Derrière tout cela, il y a une (difficile) bataille de reconquête de la valeur : l’accès (soi-disant) gratuit à Internet n’a profité qu’aux fournisseurs d’accès et à Google. L’imprimé a su quant à lui garder une partie de sa valeur. Toutefois, elle ne suffit plus à rentabiliser le travail de création, de diffusion publicitaire, d’investigation et de diffusion journalistique. Il faudra faire payer le travail fourni comme l’a écrit Eric Pfanner dans le New York Times à propos du Financial Times le 16 août dernier dans son article "The paper that does not want to be free".

La reconquête a commencé

Plusieurs initiatives de la filière française vont dans le sens de la reconquête.

    La Fondation Culture Papier interpelle les milieux politiques et culturels sur les atouts de l’imprimé et les idées fausses qui circulent encore trop souvent.
    L’ Observatoire du Hors Média travaille au décloisonnement des différents médias de marketing direct.  
    Le Club Courrier rassemble autour de La Poste les acteurs directement concernés par l’avenir du courrier.  
  Jean-Paul Franiatte, directeur général de Copacel, et Dominique Lachenal, professeur de Grenoble INP-Pagora, sont passés à une heure de grande écoute sur France Inter. Ils ont su expliquer de manière simple et honnête ce que représente le papier aujourd’hui en France.

Bonne reprise à tous...

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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