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Révision : 01 mars 2010
Green IT, anciennes et nouvelles TIC
 
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ANTIC : quel est ce nouvel acronyme ? Je vous propose Anciennes et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication. Essayons de les comprendre et de les positionner aujourd’hui, et surtout demain, en tentant d’éviter une nouvelle querelle des Anciens et des Modernes !

Commençons malgré tout par un coup de gueule ! Je viens de lire dans Le Monde Magazine n°22, cette brève : "À ce jour, seulement 47 % des entreprises mondiales intègrent des équipements "Green IT", technologies de l’information durables peu polluantes et peu gourmandes en énergie". Comment un journal aussi sérieux peut-il encore tomber dans ce piège ?

Jacques de Rotalier (Mars 2010)

Il n’existe pas encore de véritable Green IT !

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

Vous êtes-vous demandé quel est le taux de recyclage des ordinateurs (300 millions de vente en 2009) et téléphones portables ? Vous aurez du mal à trouver une réponse claire. Toutefois, en creusant, il est probable que nous n'ayons pas encore passé la barre des 10 %. Par conséquent, 90 % environ de ces déchets, parfois toxiques, remplissent les décharges (asiatiques, entre autres) par centaines de milliers de tonnes. Ce fait devrait interdire à la filière électronique de s’autoproclamer verte !

Deux leaders (au moins) du secteur n’ont pas vraiment intégré la green attitude.

Google a acheté une ancienne usine à papier en Finlande : il a fait venir les journalistes pour leur faire visiter le lieu. Ces derniers se sont précipités car c’était la première fois que ce genre de visite était proposée : ils ont eu droit à une usine vide ! On leur a fait savoir qu’il n’y aurait pas d’autres visites lorsque les milliers de serveurs seraient en place. Les 30 data centers de Google dans le monde font de cette encore jeune entreprise l’une des plus gourmandes en énergie sur la planète. En parallèle, le géant des technologies de l’information fait savoir qu’il veut devenir leader dans les énergies vertes. Il en aurait les moyens, bien sûr. Mais peut-on devenir leader partout où l’on passe, sous prétexte que l'on est très riche et très puissant ?

Apple, dont le patron Steve Jobs est un vrai génie du marketing, refuse de communiquer la composition de son iPad, déclenchant ainsi les foudres de certaines ONG.

Certes, on peut estimer que les usages professionnels des nouvelles technologies poussant à la dématérialisation ont de sérieux atouts en termes d’interactivité et de productivité, liés aux transports et transferts des documents et des hommes. L’atout carbone dans ce cas est peut être réel : nous attendons les études en cours sur le sujet, mais elles s’avèrent plus complexes que prévu si l’on ne veut pas tomber dans la facilité.

Pourtant, on peut avoir des inquiétudes sur les usages privés de ces nouvelles technologies : addiction à l’écran, téléchargements incontrôlés et incontrôlables ont de sérieuses conséquences sur la consommation énergétique. Il y a deux ans, une étude anglaise a montré que la consommation électrique anglaise liée aux usages d'Internet était égale à la consommation de tout l’éclairage public. Il y a fort à parier qu’elle l’a largement dépassée depuis. Jean-Marie Pelt, écologiste authentique (mais ancien), s’énerve de voir les nouveaux écologistes si timides sur le sujet : un problème de génération sûrement mais cet aveuglement a de quoi inquiéter.

Il paraît qu’en fait la première préoccupation des responsables de ces nouvelles technologies n’est pas le développement durable, mais la sécurité : on les comprend un peu ! Si vous avez un document ultra-confidentiel, faites donc comme les institutions européennes : remettez en route des procédures papier avec le tampon "confidentiel à ne pas faire circuler", prévoyez une enveloppe fermée avec le même intitulé…. Vous limiterez sérieusement les risques de fuite !!!

Anciennes technologies vs. nouvelles technologies : un faux débat

Faux débat car...

  l’acte d’imprimer, vieux de plusieurs siècles, intègre des processus industriels pointus issus, entre autres, de l’avionique ;
  fabriquer du papier carton met en œuvre une bonne quinzaine de procédés mécaniques, physiques et chimiques complexes, à la pointe de la modernité et du développement durable (recyclage, biomasse,...) ;  
  comme le dit souvent Dominique Wolton, un média, fruit des technologies, n’en a jamais remplacé complètement un autre.

L’objet de l’imprimé dans l’histoire a toujours été de fixer : la parole de Dieu, puis celle de l’Homme, puis l’information. Ensuite, d'autres technologies ont apporté des compléments : la parole portée pour la radio, l’image animée pour le cinéma et la télévision. Aujourd'hui, tout cela est bouleversé par une technologie qui pénètre partout, permet à tout le monde de voir et savoir tout ce qui se passe dans l’instant sur l'ensemble de la planète. Le monde, le savoir, l’autre sont dans mon écran…

Cela comporte des avantages indéniables pour certains esprits bien formés, mais aussi des inconvénients redoutables pour d’autres non préparés : plus rien n’est stable, tout bouge en permanence. On croit connaître, alors que l’on glisse d’un sujet à l’autre. On se croit avec les autres : on l’est peut-être parfois, mais on est aussi quelquefois dans ce que certains appellent une "meute mimétique numérique" où la rumeur est reine.

Dans ce contexte, l’imprimé est déprimé, bien sûr : on ne perd pas 15 % (en 2009) dans les pays riches, après quatre années difficiles, sans se remettre en question. Et comme l’augmentation de la consommation des pays émergents ne compense plus cette décroissance, on peut dire sans risquer de se tromper que l’empreinte écologique de l’imprimé diminue. Il lui faut donc se repositionner sur son atout fondamental : parmi les technologies de l’information, l’imprimé est le meilleur fixateur, le meilleur graveur du savoir et, pourquoi pas, du savoir être…

Un roman anglais d’Alan Bennett peut illustrer cela : "The uncommon reader", traduit par "La Reine des lectrices". La reine d’Angleterre entrant par hasard dans un bibliobus, se met à lire. Son regard sur les autres et sur elle-même change. Elle découvre le monde à travers ses nombreuses et très éclectiques lectures au point de négliger certains de ses devoirs ! La Cour s’inquiète et essaie de la détourner de sa nouvelle passion mais toutes ses manœuvres échouent… Dans cette histoire qui se lit vite, l’humour britannique défend astucieusement la lecture, l’écriture, la littérature, la vie et l’imagination !

Ces bouleversements techniques ont un soubassement intéressant : on n’a jamais autant lu ! Forte de cette bonne nouvelle, la France a un atout important : son tissu de bibliothèques qu'elles soient municipales, régionales, nationale, universitaires ou d'entreprise. Les nouvelles deviennent des médiathèques. Tant mieux. Leur accessibilité, la possibilité d’utiliser ensemble et sur le même lieu tous les outils de culture, anciens et nouveaux, sont des atouts Ces espaces pourraient même être les creusets où inventer la culture de demain…

À bientôt.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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