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Révision : 26 mai 2011
Paper speaks to us quietly
 
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L’actualité de ces derniers mois rend ce titre plus pertinent que jamais ! Je dédie cette lettre à tous les parents et éducateurs qui ont de jeunes enfants à charge : le tsunami quotidien d’informations que nous subissons rend leur travail éducatif particulièrement difficile. L’imprimé, même s’il est lourd dans les cartables, devrait garder une place centrale pour un apprentissage personnel de l’écriture et de la vraie lecture, la lecture profonde. D’ailleurs, les signes de la permanence et de la force de l’écrit et de l’imprimé sont toujours là. Je continue à les collecter pour les partager avec vous.

Jacques de Rotalier (Juin-Juillet 2011)

Le renouveau du dessin

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

En mars dernier,  au Carrousel du Louvre, la 5e édition du Salon du Dessin Contemporain a fait le plein de jeunes. Certains se sont demandés pourquoi. Vincent Bioulès et François Bouillon, anciens professeurs à l'École des beaux-arts de Paris (Ensba) interrogés par Le Monde, apportent quelques éléments de réponse.

Tout d’abord, il y a "la mécanique de la curiosité : ce qui a été négligé revient dans le champ de la curiosité après quelque temps". Et puis, on reprend conscience de l’importance du "triangle œil-esprit-main", fondement de l’enseignement du dessin d’avant le surréalisme qui avait un peu cassé tout cela.

Par ailleurs, les jeunes découvrent qu’ils vivent dans un monde de signes, de logos. Il leur faut inventer leurs signes, se les approprier "et cela, seul le dessin le permet. Il permet l'instantanéité et la concentration". Ils sont également habitués à l'univers de la bande dessinée, des mangas : y sont mélangés la lettre et le trait, le mot et la forme, souvent dans un noir et blanc puissant face à l’éclat banal de la couleur.

Enfin, il y a une autre raison, plus profonde, de dessiner : "Dès que je commence à dessiner, je me rends compte que je n’avais rien vu, le dessin est une syntaxe pour s’approprier le monde. Il est la puissance de déchiffrement du réel par une observation lente, opposée aux images trop rapides de l’écran". S’il y a de plus en plus de jeunes élèves à s’en rendre compte, on s’en réjouira tous : la richesse, la créativité graphique et conceptuelle de tout ce qui se lit, s’imprime et passe sur écran ne pourra qu’en être meilleure !

Le point de vue d'un éditeur

Laurent Beccaria, patron de la (encore) jeune maison d’éditions, Les Arènes, prolonge la réflexion : "La maquette et la mise en page papier représentent trois siècles de savoir-faire. Relancer la culture visuelle est l’apanage du papier. Il offre une lecture synoptique : d’emblée, le lecteur accède à des éléments auxquels il ne pensait pas. Le papier offre le plaisir de la surprise, la qualité de la langue, la beauté de l’image, un objet à garder".

Le retour d'un imprimeur

Oberthur Technologies est un grand et un ancien nom de l’imprimerie française : née à Rennes, l’entreprise a d'ailleurs inventé le calendrier des Postes en 1854 ! Après bien des avatars aboutissant à un dépôt de bilan dans les années 70 et à la recréation de trois sociétés différentes, l’une d'entre elles s’est aventurée avec succès dans la fabrication de la carte à puce.

La société vient de réévaluer sa stratégie et a décidé de se dégager partiellement de la carte à puce pour se recentrer sur son activité historique : l’impression fiduciaire. Il est vrai que le marché du billet de banque croît toujours fortement dans le monde (5 % par an), avec 130 milliards de billets imprimés. L’argent dégagé servira peut-être à racheter DeLaRue, son rival anglais de toujours.

Comme quoi, il ne faut jamais jurer de rien !

La créativité d'un papetier

Restons dans le domaine du fiduciaire. L'industriel franco-britannique Arjowiggins, leader de la fabrication de papier pour billets de banque, ayant noté que les échanges de billets de banques peuvent transmettre des maladies, s'appuie sur son savoir-faire à la fois dans les papiers de sécurité et dans les papiers à usage médical, pour créer un papier pour billet de banque intégrant un traitement anti-microbien...
Ce papetier est aussi très créatif dans les domaines graphiques : en dépit de la crise, il a lancé et relancé nombre de papiers de création et/ou recyclés.

La valeur d'une activité

Je circule beaucoup dans les milieux qui développent des activités numériques afin de faire ce que l'on peut appeler de la veille marketing pour le compte des secteurs graphiques. J’avoue être sidéré par les discours que j'y entend parfois à propos de la valeur. Alors que les milieux graphiques poussés par les papetiers essaient de remettre de la valeur dans leurs activités, les secteurs numériques en sont encore à discuter de la "nécessité de la gratuité" (phrase entendue dans la bouche d’un éditeur numérique, le 18 mai dernier). Heureusement, quelques mètres plus loin, quelqu’un a fait la remarque suivante : on remplace une machine à imprimer tous les 15 ou 20 ans, mais on est amené à revoir nos supports numériques tous les 2 ans : attention donc à la comparaison des coûts ! Elle peut être sérieusement biaisée tant que l'on n’aura pas pris un peu de recul.

Une filière d'avenir

Le Centre d’analyse stratégique vient de travailler sur des scénarios de croissance pour l’avenir, présentés par son directeur général, Vincent Chriqui, le 11 mai 2011 dans le rapport "France 2030 : 5 scénarios de croissance". Il y indique notamment que "la croissance française, et plus généralement celle de l’ensemble des pays, doit changer de nature pour être soutenable". Le rôle des technologies de l’information et de la communication devrait s’accroître et la croissance verte en est un enjeu majeur.

La filière graphique n’est-elle pas directement concernée par ces deux paradigmes ? Un support d’information et de savoir de grande qualité, basé sur une matière renouvelable et recyclable. Nous sommes donc bien au cœur de cette nouvelle croissance.

À nous de le rappeler sans cesse.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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