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Révision : 10 décembre 2012
Garder le cap... et le moral !
 
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2013 approche et 2012 apparaîtra probablement comme une année d’approfondissement d’une crise économique et financière qui dure depuis plus de quatre ans.
En fait, c’est une mutation considérable qui se joue. Ses moteurs : la mondialisation et la numérisation. Des acteurs, encore inconnus il y a quinze ans, se disputent des positionnements incontournables : le plus ancien, Microsoft, sur la mobilité, et les plus jeunes, Apple, Google et Facebook, sous le prétexte d’offre d'information et d’échange pour tous, tentent en fait de vous prendre et de vous garder dans leurs filets. Un autre acteur, lui aussi redoutablement efficace, essaie de capter à son profit le travail de distribution et de conseil indispensable à une bonne vie culturelle : il s’agit d’Amazon, bien sûr. Désormais, tous les médias sont bousculés : le plus ancien, l’imprimé, mais aussi les autres. Dernières nouvelles du front.

Jacques de Rotalier (Novembre-Décembre 2012)

Une fusion éditoriale monumentale

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

Justement, pour répondre aux défis lancés par Amazon, l'éditeur allemand Bertelsmann (Random House) et le britannique Pearson (Penguin) ont créé une filiale commune, Penguin Random House, qui pèsera près de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

Bertelsmann aura la majorité du nouveau groupe (53 %). Sa part de marché sera de 29 % aux États-Unis, et de 26 % au Royaume-Uni.

Pearson a été l’un des inventeurs et développeurs du livre de poche.

Comme le groupe ainsi créé est déjà très présent sur le marché des e-books – 60 millions de ventes en 2011 pour les deux acteurs –, il sera intéressant de voir si, et comment, les livres de poche et les e-books cohabiteront dans le monde nouveau.

   
Penguin, Random House agree on publishing merger
[YouTube]

Le fameux pingouin, symbole du livre de poche anglo-saxon, saura-t-il passer sur la rive numérique ? À suivre...

Un réseau vivant de lecture publique

Le bilan de l'activité des bibliothèques municipales a été rendu public en octobre 2012. 88 % de la population française réside dans une commune où se trouve un lieu de lecture publique. 7500 bibliothèques municipales et 8100 points d’accès au livre forment un réseau de 15 600 lieux de lecture publique qu’il faut mieux faire connaître et faire profiter des atouts des nouvelles technologies.

D'ailleurs, le rapport de synthèse statistique 2010 du service du livre de l'Observatoire de la Lecture Publique indique que si, depuis 2005, le nombre d’inscrits a baissé de 4 %, la fréquentation, quant à elle, a augmenté de 24 % : autrement dit, les 16,6 % de la population concernés sont plus assidus.

Ce monde n’est bien entendu pas fermé aux nouvelles technologies, mais il y a encore des efforts à faire puisque 33 % des bibliothèques n’ont pas (encore) accès à Internet.

Ces lieux se transforment généralement en médiathèques proposant une offre culturelle variée et des possibilités de rencontres, bien adaptées aux désirs de toutes les générations. Un vœu donc : ne faisons pas comme en Grande-Bretagne c'est-à-dire réduire et fermer de manière aveugle les éléments de ce réseau vivant, de plus en plus nécessaire face à la solitude personnelle grandissante créée par les réseaux virtuels.

Les vieux médias inventent un dialogue moderne

Dans la lignée de la revue XXI – qui vient de passer le cap des 50 000 ventes ! –, France Culture a lancé en février 2012 sa revue France Culture Papiers qui retranscrit des émissions et des chroniques radiophoniques de la station.

   
France Culture Papiers : rencontre avec la rédaction
de la revue à la Fnac Montparnasse
[YouTube]

Les fonds (sonores, grâce à l’INA) ne manquent pas et c’est un vrai plaisir de les utiliser pour approfondir et enrichir des propos tenus à l’occasion d’émissions plus ou moins anciennes. Cette partie de ping-pong entre l'expression orale et la reprise écrite s’avère d’une grande richesse et donne une tonicité et une fluidité étonnante à la revue. Le point mort à 18 000 exemplaires a été immédiatement dépassé puisque les ventes tutoient les 25 000 exemplaires.

Lors de la table ronde Papier et numérique – quelles nouvelles complémentarités ? du récent colloque Culture Papier, Jean-Michel Dijan, rédacteur en chef de la revue, a même indiqué envisager désormais de présenter (préparer) certaines émissions à venir dans la revue papier. Le slogan La première radio à lire résume bien l’invention pleine de promesses en cours.

Un colloque raisonnablement optimiste

L’association Culture Papier a tenu son deuxième colloque le 8 novembre 2012 à l’Assemblée Nationale. Plus de 350 inscrits, de tous âges, professionnels du papier et de l’imprimé, ont suivi les trois tables rondes proposées. Les deux premières – Papier et numérique – quelles nouvelles complémentarités ? et Les jeunes et la culture papier : réalités et perspectives – ont été riches, passionnées et finalement relativement optimistes quant au futur du papier et de l’imprimé qui devraient garder une place importante dans l’information et la communication de qualité. Chercheurs, experts et praticiens ont exprimé des vues assez convergentes sur le potentiel qualitatif de l’imprimé dans un monde où le numérique aura place partout.

La troisième table ronde – Le papier support d’avenir : quelles évolutions de la fabrication au recyclage ? – a montré que les difficultés réelles de bien des marchés du papier et de l’imprimé n’empêchent pas les initiatives de recherche et développement, d’insertion dans l’économie circulaire et le travail d’approfondissement des certifications.

Le ton général était moins défensif et plus serein qu’à l’accoutumée. C’est plutôt bon signe ! L’une des originalités fortes de ce Colloque et de l'activité de Culture Papier est le travail fait au niveau des régions. La présence de délégués régionaux de Culture Papier, l’engagement d’au moins cinq députés en faveur du papier et de l’imprimé dans leurs circonscriptions ainsi que les témoignages provenant d’Angoulême (1000 emplois autour du Festival International de la Bande Dessinée) et d’un grand libraire lyonnais ont bien montré que nous n’étions pas dans un colloque uniquement parisien. Et il est bien vrai que l'avenir des industries du papier et de l’imprimé est un enjeu concernant toutes les régions de l'Hexagone.

Prochain rendez vous dans douze à quinze mois.

Allez à Mons

Lors d’un séjour récent à Bruxelles, j'ai eu l'occasion de faire un tour à Mons. Deux bonnes surprises liées au monde graphique m’y attendaient.

La première tient à un lieu peu connu chez nous : le Grand-Hornu.
Qu’est-ce donc ? Une cité industrielle, jadis dédiée au charbon, magnifiquement reconvertie en Musée des arts contemporains de la Communauté française de Belgique (MAC's). Le site est reconnu Patrimoine mondial par l’Unesco depuis l’été dernier (à l'instar d'Arc-et-Senans, liée à la Saline royale).

   
Le Grand-Hornu, site minier majeur de Wallonie
[YouTube]


Il y a là une exposition Art, science & fiction (18 novembre 2012-17 février 2013) dont une partie est dédiée à l’impression 3D. Une vidéo montre un imprimeur 3D ayant installé son bureau et son imprimante en plein désert pour y fabriquer des objets en verre ! Énergie solaire pour faire fonctionner le bureau et le four-imprimante, chaleur solaire pour transformer le sable en verre, et vous obtenez ainsi une installation autonome... Bonjour la logistique, quand même !.

   
Désert - Imprimante solaire
[YouTube]

D’autres exemples, moins extrêmes, montrent bien que ce mode d’impression n’est plus de la science-fiction. L’autre surprise a pour nom Mundaneum, centre d'archives de Mons, surnommé le Google de papier (Le Monde).
Certains d’entre vous connaissent le projet d’archiver les savoirs porté à bout de bras par deux Belges au début du XXe siècle : Paul Otlet, savant archiviste, et Henri La Fontaine, homme politique pacifiste et visionnaire, fondateurs de l'Office International de Bibliographie (1895), puis de l'Institut International de Bibliographie, et pères de la classification décimale universelle (CDU). Leur objectif : mettre l'ensemble des connaissances à la disposition du plus grand nombre via le Répertoire Bibliographique Universel rassemblant tous les ouvrages publiés dans le monde. Dix-huit millions de fiches sont conservées, triées et classées en tiroirs, préfigurant ce que nous vivons aujourd’hui avec Internet. Paul Otlet avait même imaginé des échanges d’informations à distance, grâce à des machines. Le musée de Mons, où ces fiches sont archivées, présente parfaitement ce cheminement des savoirs, depuis les premières tablettes jusqu’à Internet.

   
Google Mundaneum
[YouTube]

Aujourd’hui, on aurait bien besoin de ce double parrainage, technique et politique, pour piloter l'avenir de l’explosion du savoir.

Autre conclusion de ce petit passage dans la Province de Hainaut : ce pays a souffert et souffre encore du passage à une ère nouvelle. Cela ne l’empêche pas de poser des jalons pour l’avenir. Un peu comme la filière graphique, non ?

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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