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Révision : 01 octobre 2012
Un monde qui change
 
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Comme dans tout secteur d'activités, les acteurs de l’imprimé font des prévisions… qu’ils révisent ensuite régulièrement !

En ce début d'automne, tour d'horizon des filières papetière et graphique et des évènements marquants.

 

Jacques de Rotalier (Octobre-Novembre 2012)

Croissance lente du papier et carton

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

En ce qui concerne les papiers et cartons, les derniers pronostics au niveau mondial donnent une croissance probable de 1,6 %, par an pour 2010-2025. Ce n’est qu’à la fin de cette période que seront atteints les 500 millions de tonnes, c'est-à-dire bien plus tard que prévu il y a seulement quelques années.

Les pays émergents, l’emballage et le tissue seront les moteurs de cette croissance lente : +3,2 % pour ce cocktail. Les pays avancés et les papiers graphiques verront leur consommation diminuer : -1 à 2 %.

Cette consommation se base de plus en plus sur des fibres recyclées : on en est à 55 %, toujours au niveau mondial. En 2010, par exemple, sur 380 millions de tonnes de fibres utilisées pour la fabrication du papier et du carton, 200 millions étaient des fibres recyclées.

En France, le dernier gisement important de papier à récupérer – le papier de bureau – fait l’objet d’un effort important. Les fibres qui en sont extraites permettent d’accroître le marché du papier recyclé haut de gamme. Quant au carton, il est et restera encore longtemps le premier matériau mondial pour l’emballage, la récupération et le recyclage.

Ce n’est donc pas un hasard si le site Stracel d'UPM se reconvertit en passant de la production de papiers impression à la fabrication de papiers pour ondulé à base de fibres recyclées, à l'instar de ce qui a été fait en 2008 à Saint-Étienne du Rouvray. Si cette reconversion s’accompagne de la construction d’une unité de biocarburants de deuxième génération, voilà un bon exemple d’évolution intelligente d’un de nos sites de production les plus emblématiques. Souhaitons que ce projet, symbole d’un nouvel avenir, aboutisse rapidement.

L'automne de l'imprimé

Le premier semestre de 2012 n’a pas été bon pour l’imprimé. Pratiquement tous ses marchés sont en décroissance.

Les magazines sont en perte de chiffre d'affaires de plus de 8 %, surtout les magazines TV et people. Ce n’est guère étonnant, les "informations" de ces revues sont désormais plus accessibles sur smartphones dont, selon des études prévisionnelles, le nombre de ventes dans le monde atteindra le milliard en 2016 !

Les quotidiens ne s’en sortent guère mieux. Cependant, ceux qui ont anticipé le défi numérique freinent leur perte de diffusion, mais pas leur chiffre d’affaires, le numérique ayant rarement trouvé son modèle économique, à cause de la publicité...

Il faut absolument réinventer le métier de journaliste. D’abord, apprendre à trier dans le tsunami des informations disponibles, puis savoir analyser pour prendre le recul nécessaire et ainsi aider le lecteur à mieux comprendre le monde actuel.

 
Journaliste : "un métier à réinventer" par newzy-fr
 

Philosophie Magazine montre l’exemple. Lancé en 2006, ce magazine est rentable depuis 2008. Toutefois, il a atteint un palier (plus de 45 000 exemplaires en 2011, tout de même !). Du coup, il porte ses efforts sur les hors-séries : l'un d'eux, Tintin au pays des philosophes, est d'ailleurs devenu un livre. La revue démarre en Allemagne et lance un site Web pour valoriser ses archives de plus en plus importantes. Voilà un super exemple de complémentarité, papier puis numérique, fondé sur le seul matériau d’avenir : le contenu.

Le livre n’a pas échappé à la morosité même si l’été n’a pas été trop mauvais. 646 nouveaux romans sont proposés à la lecture cet automne, dont 69 premières œuvres. Pas mal, quand même ! Et puis la profession ne reste pas inactive. La nouvelle de l’été est l’achat de Flammarion par Gallimard : un gros pari pour ce dernier mais il en vaut la chandelle. Les deux éditeurs sont complémentaires. Le fonds de Gallimard n’a probablement pas d’équivalent sur la planète. Quant à Flammarion, la créativité et la variété de ses filiales sont très intéressantes. Les deux directions se connaissent et s’apprécient. Reste à faire vivre et croître le nouveau groupe d'édition.

Autre nouvelle intéressante : le Syndicat National de l'Édition (SNE) et Google ont trouvé un accord pour numériser et vendre, ou mettre à disposition, les livres épuisés. L’accord ne règle peut-être pas tout, notamment vis-à-vis des auteurs, mais il a déjà fait reculer Google face au front commun des éditeurs français. Reste la menace Amazon qui, elle, risque de faire disparaître le réseau des petits libraires indispensable pour enrayer le déclin de la lecture. Souhaitons que, là aussi, une solution collective soit activement recherchée.

Préparer le futur

Cette lettre vous tient régulièrement informés de la manière dont se prépare l’avenir dans la filière.

Par exemple, les papetiers européens font de plus en plus appel majoritairement à la biomasse productrice d’énergie : plus de 55 % en Europe aujourd’hui et cela augmente tous les mois... La fibre de bois est l’une des fibres végétales les plus en pointe dans l’élaboration des biocarburants de deuxième génération et de la chimie verte de demain.

Encore plus original est la diversification de ses activités opérée par une société emblématique de la filière graphique, Armor. Fabricant d'encres pour le transfert thermique et de consommables pour imprimantes jet d'encre et laser, le groupe nantais se lance dans la production de films souples et fins à usage photovoltaïque. Avec l’aide de l'Institut National de l'Énergie Solaire (CEA-INES) et après avoir investi 16 millions d’euros dans la phase de recherche, Armor passe à l'étape industrielle. Les bobines mères sont fabriquées à l'usine de la Chevrolière près de Nantes puis découpées et transformées dans les filiales du groupe aux États-Unis, en Chine et au Brésil. Ces films photovoltaïques organiques pourraient révolutionner la filière de l’énergie renouvelable.

Patrimoine et jardin public

Les 15 et 16 septembre dernier, à l'occasion des Journées Européennes du Patrimoine, j’ai visité, entre autres, le Ministère de la Justice et la Cour des Comptes.

Le papier n’y a pas disparu, non seulement dans les bibliothèques mais aussi sur les bureaux des étages stratégiques. Voler un dossier dans un classeur de Ministre est quand même plus difficile que le pirater sur une clé USB !

En rentrant chez moi, je suis passé par le Parc Georges-Brassens. Il faisait un temps superbe et j’y ai vu de nombreux lecteurs de livres et magazines version papier allongés sur l’herbe !

Bon courage à tous et à toutes...

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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