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Révision : 11 avril 2013
Papier, radio, grand écran...
 
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Et si l’on parlait un peu des "vieux médias" ?

Un film récent les met superbement en scène : La Maison de la Radio de Nicolas Philibert. Le réalisateur parle de la radio comme d’un "média sans image qui sollicite tant l’imaginaire".

Cela ne fait-il pas penser à la lecture d’un bon livre ?

 

Jacques de Rotalier (Avril-Mai 2013)

Le papier, support de la parole radiophonique

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

Choisir une (bonne) salle obscure est déjà un acte volontaire, contrairement à celui de se laisser happer (zapper) par les multiples sollicitations des nombreux écrans domestiques.

De plus, ce que montre ce film, c’est la concentration et l’écoute dont font preuve bien des journalistes radio à l’œuvre. Il y a en particulier un moment magnifique où Alain Veinstein (France Culture - Du jour au lendemain) approche avec douceur et délicatesse la jeune écrivaine Bénédicte Heim. C’est le talent de Nicolas Philibert de savoir à la fois lire, écouter et regarder à hauteur de caméra les hommes et les femmes qu’il rencontre.

Mine de rien, le papier joue un rôle discret et important dans ce film. Avant d’être dite, la parole est souvent fixée sur le papier : à côté des journalistes, les imprimantes fonctionnent à plein. Jusqu’à Jean-Claude Amesein (France Inter - Sur les épaules de Darwin) dont la parole est riche, fluide et abondante, mais dont les feuilles de papier sont pleines de ses ratures, de ses recherches pour trouver l’expression juste !

Pour moi, en allant voir La Maison de la Radio, on réalise une intéressante synthèse de ce que l’on peut faire de mieux sur la complémentarité de plusieurs médias parfois considérés comme dépassés.

 
La Maison de la Radio (bande-annonce)
[YouTube]

Google (suite)

Mon avant-dernière lettre d’informations, Une effervescence utile, faisait état de la campagne Go paperless in 2013 menée par Google qui s’appuyait sur des arguments écologiques plus que douteux. Elle a provoqué de vive réactions de la part des fédérations des papetiers et imprimeurs américains, des associations Two Sides, Paper mail, etc. Du coup, la société Google a revu et modéré sa campagne : cela s’appelle un effet boomerang.

Arte a diffusé récemment un excellent documentaire, Le livre selon Google, sur le projet de ce dernier de créer une  bibliothèque numérique universelle. On y constate que les initiateurs du projet s’y sont plongés un peu à l’aveugle, (trop) sûrs de la puissance de leurs techniques. Ils se sont lancés à corps (et à fonds ?) perdus dans le "copillage" tous azimuts d’œuvres nombreuses et variées, en ne respectant aucun droit d’auteur et en ne prévenant ni les auteurs, ni les éditeurs. Ils sont désormais face à une multitude d’obstacles plus juridiques que techniques qu’ils n’avaient pas imaginés. Robert Darnton, directeur de la Harvard Library, et Jean-Noël Jeanneney, ancien président de la Bibliothèque nationale de France, ont été ébranlés puis ont  réalisé assez vite le piège dans lequel ils risquaient de tomber.

Une Bibliothèque Universelle Numérique sera probablement bâtie d’ici quelques années, mais elle sera fondée sur la mutualisation et l’interconnexion de véritables bibliothèques accessibles gratuitement ou à peu de frais. Merci Google...

 
Le livre selon Google (Arte, avril 2013)
[YouTube]

En ce qui concerne les relations avec les auteurs et les éditeurs, c’est extrêmement compliqué puisque chaque pays a ses propres us et coutumes. Un accord a été passé en France alors que les discussions  continuent en Allemagne et aux États-Unis, par exemple. L’uniformisation n’est pas forcément souhaitable mais cela va à l’encontre des idées pré-formatées par la technique chez Google, Amazon,...

La presse résiste...

XXI, Books et Philosophie Magazine : ces magazines ne font pas seulement de la résistance, ils marchent bien. Les fondateurs de XXI ont lancé un manifeste qui développe leurs exigences : "En quittant cette course au bruit maximum, destructrice de sens, une presse rénovée peut être un média profond – et le meilleur dans ce registre – pour parler de plain-pied à tous ceux qui veulent s’ouvrir au monde : comprendre, s’émouvoir, apprendre, ressentir". Rappelons que la revue XXI n’est faite que de reportages réalisés sur le terrain et où l’on soigne particulièrement le graphisme et la photo.

Je souhaite aussi bon courage à Nicolas Beytout qui lance L'Opinion, un nouveau journal (le premier depuis 20 ans) – une version en ligne payante couplée à un quotidien papier – et à tous ceux qui, dans la filière graphique, luttent quotidiennement pour retrouver son sens profond et son utilité véritable.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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