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Révision : 24 janvier 2014
Douze ans de veille
 
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Cette lettre d’information – qui est en fait une chronique de l’imprimé – a environ une douzaine d'années.

Je voudrais profiter de ce (petit) recul pour essayer d’y voir un peu plus clair quant aux atouts sur lesquels l’imprimé devrait pouvoir s’appuyer pour assurer sa pérennité.

Jacques de Rotalier (Janvier-Février 2014)

 

Petit retour en arrière

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

Au début du 21e siècle, quelle était la situation du papier et de l’imprimé dans les pays occidentaux ?

Aux États-Unis, la consommation papetière, excessive il est vrai, avait déjà commencé à fléchir. En Europe, elle augmentait encore doucement...

On commençait alors à entrevoir les immenses possibilités d’Internet, sans pouvoir mesurer les formidables bouleversements que sa banalisation allait introduire.

La vraie rupture peut être située dans les années 2005 à 2008, parallèlement à la crise financière puis économique du monde occidental. Depuis, l’imprimé et ses supports que sont les papiers graphiques sous toutes formes, ont décliné de 20 à 30 % voire plus selon les cas et les lieux. Personne n’est en mesure de savoir jusqu’où ira ce repli, bien entendu.

La Poste française n’est pas spécialement optimiste au sujet du courrier distribué : – 50 % d’ici 2018 ! Néanmoins, essayons de comprendre ce qui est en train de se passer... et ce que l’on pourrait suggérer d’utile pour donner une place nouvelle à l’imprimé.

Tout va trop vite...

Cette remarque est tirée du titre de la revue Cerveau § Psycho n°61 de janvier-février 2014, qui inspire les réflexions qui suivent.

Si l’histoire de notre rapport au temps est marquée par une progressive accélération du rythme de la vie, les nouvelles technologies et le rythme de l’économie ont, semble-t-il, singulièrement accentué cette tendance. Au point qu’on est en droit de se demander si nous n’avons pas atteint certaines limites physiques et psychologiques. Un nouveau type de rapport aux autres est désormais fait de relations menées par la technologie : des relations rapides, flexibles, éphémères qui risquent de substituer la sensation au sentiment qui, lui, demande un engagement dans le temps.

Les contacts virtuels sur Internet favorisent des relations humaines interchangeables qui entretiennent un sentiment de solitude connectée. L’urgent remplace souvent l’important. Avant l’arrivée de ces nouvelles technologies, l’idéal proposé à l’homme était de l’ordre de l’accomplissement de soi. On est plutôt passé au dépassement voire à l’accélération de soi. La quête d’intensité a souvent pris la place de la quête d’éternité. Les risques encourus sont bien repérés par les psys : burn-out (ou dépression d’épuisement), corrosion du caractère devant cette pression permanente, renouvelée, incessante, qui empêche de poursuivre des objectifs et des valeurs de long terme, et peuvent nous rendre irritables, imprévisibles, voire nous épuiser...

Le cerveau, organe formidable, le plus complexe existant sur Terre, commence à être étudié et l’on découvre à la fois ses capacités et ses limites. Non, on ne peut pas l’agrandir. Non, il ne fait pas bien deux tâches à la fois. Il est limité par la boîte crânienne. Il faut donc faire avec et mieux le connaître. L’une des pistes actuelles qui nous intéresse directement est celle de deux systèmes cérébraux complémentaires : pour faire vite, l’un permettrait de gérer son impulsivité cognitive, l’autre serait plutôt un système de contrôle cognitif que certains rapprochent d’une sorte de mémoire de travail, de mémoire vive interne. Cette mémoire vive permet de conserver un objectif à l’esprit et serait liée à la capacité d’attente du cerveau. Le monde actuel sollicite fortement le premier système et l’on voit bien les risques que la sous-utilisation du deuxième système font peser. En 2011, des psychologues américains l’ont surnommé l’effet Google : les jeunes risquent de renoncer à intégrer (ingérer) des connaissances dès lors que le clic est censé les leur fournir...

Que proposer ?

1) Ne pas jeter trop vite l’imprimé aux orties car face à cette accélération inédite et, il faut bien le dire, incontrôlée du temps, l’imprimé nous permet de reprendre pied. Lui ne nous impose rien : on peut parfaitement poser sa lettre d’amour, son magazine, son livre, son document publicitaire puis les reprendre sans se faire biper !!

2) Travailler les complémentarités : on ne pourra pas revenir en arrière et chaque média a ses atouts. Par exemple, dans l’enseignement, il faut faire travailler la mémoire vive pour que l'élève intègre bien les notions proposées par l'enseignant. Pour cela, le cahier et le livre restent aujourd’hui incontournables. Bien entendu, les nouvelles technologies lui offrent des ouvertures infinies et passionnantes sur des réalités que ne peuvent contenir à eux seuls les imprimés...

Souhaitons que les pays tels que le Brésil ou encore les états américains tentés par l’expérience du tout numérique, ne tombent pas dans le piège. Quelques exemples. Les journaux et magazines combinent déjà, et combineront de plus en plus, le temps long des analyses et des récits avec la volatilité de l’information sans cesse renouvelée. La communication publicitaire devra, elle aussi, intégrer la meilleure valeur cognitive de l’imprimé pour ses messages, sans compter que les nouvelles technologies tracent (traquent ?) le client, tandis que le papier est censé être plus respectueux de ses lecteurs.

Conclusion provisoire

Ce n’est certainement pas un hasard si Pierre Rosanvallon, l’un de nos meilleurs historiens, soucieux de redonner la parole à tous les citoyens qui se sentent peu écoutés, vient de lancer une collection de livres, Le Parlement des invisibles, combinée à un site participatif Raconter la vie.

 
Le projet Raconter la vie
[Dailymotion]
     

À bientôt.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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