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Révision : 16 avril 2014
Plaisir de lire, joie de transmettre...
 
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Le Salon du Livre vient de fermer ses portes. Avec 200 000 visiteurs en 4 jours (21-24 mars 2014), 1200 éditeurs et 3500 auteurs en dédicace, il a tenu ses promesses. Les professionnels sont sous tension, comme d’habitude. Le livre reste une activité culturelle majeure mais la lecture s’érode lentement, par manque de temps. J’ai participé à la dernière journée : matinée professionnelle, après-midi grand public.

Jacques de Rotalier (Avril 2014)

 

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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

L’après-midi est ouverte à tous et la direction du Salon, soucieuse de l’avenir de la lecture, invite largement le public scolaire sur des parcours préparés à l’avance. On y voit des centaines de jeunes visiteurs accompagnés de leurs professeurs, ravis de pouvoir s’exprimer face à des conteurs, avec des livres adaptés à leur âge…

C’est une excellente initiative qui plaît aux très jeunes mais j’ai noté que les adolescents étaient moins présents !!!
Pas très surprenant…

 
[Flickr]
     

Autre constat intéressant : la sérieuse prise en charge par les pouvoirs publics du secteur lecture, à travers le soutien aux bibliothèques et librairies. Au niveau européen, un travail est également mené pour coordonner les politiques de soutien à l’édition. Le Commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, Michel Barnier, l’a confirmé sur place.

Les problèmes de gestion des droits sur le numérique sont compliqués par les risques de mainmise sur la création par les géants du Net. Pour ces derniers, la création n’est qu’une part négligeable (donc à négliger !) du coût d’accès aux œuvres. Un vrai risque d’appauvrissement... que seules des politiques culturelles volontaristes peuvent contrer.

En préalable au Salon du Livre, Ipsos a mené une étude approfondie sur l’état de la lecture en France. Sur le versant jeunesse, elle montre bien que plus on est formé, plus on apprécie la lecture non seulement pour le plaisir mais aussi pour la formation personnelle. C’est plutôt encourageant. Toutefois, on se heurte de plus en plus au partage du temps et il faut faire un effort de plus en plus grand pour se concentrer et lire... Pas simple pour les acteurs professionnels quand le numérique reste (pour le moment ?) un complément assez peu rentable à la lecture papier.

Transmettre

En France, la formation aux arts (et industries) graphiques est d’un excellent niveau. Le maillage territorial est (trop ?) abondant, la qualité des formations est au rendez vous. Ce qui pèche peut-être, c’est la vitesse d’adaptation aux changements que vivent les métiers. Deux écoles parisiennes sont un peu les porte-parole de ces métiers qui ont la chance d’avoir une longue histoire mais qui, du coup, vivent plus difficilement le choc numérique actuel.

Depuis cinq ans, l’École Estienne organise chaque année le PrinTEMPS de la Typo. Une salle pleine de jeunes s’intéressant à la typographie, avouez que c’est rafraîchissant ! Durant l'édition 2014 (13-14 mars), praticiens et chercheurs se sont succédés dans huit Détours typographiques. J'en retiendrai deux.

Le Détour arabe a été présenté avec passion et conviction par Laurent Ungerer qui a conçu le graphisme de l’Institut du Monde Arabe et fait des propositions pour le Louvre Abu Dhabi. Pour le 25e anniversaire de l’Institut du Monde Arabe, il créé un nouveau logo et un caractère appelé Mondara. Ses propositions graphiques et typographiques tentent de créer un pont entre nos deux mondes. C’est en quelque sorte un outil diplomatique parmi d’autres !

Un autre détour a été développé : le Détour spirituel à travers l’histoire des Éditions Zodiaque. Depuis les années 50, des moines de l’Abbaye Sainte Marie de la Pierre-qui-Vire dans le Morvan ont fait un tour de France des églises, chapelles et abbayes qui couvrent le pays. Pour ce magnifique travail d’éditeur, la typographie a été superbement travaillée comme "transmetteur entre tangible et intelligible". Poésie, paléographie, place du patrimoine typographique ont fait l’objet de présentations et débats. Cela nous rappelle que la typographie française fait partie de nos atouts trop méconnus mais que le numérique doit nous permettre de mieux faire connaître ! Bien souvent, il est dit qu’une typo doit se regarder comme une image.

Cela me permet de faire la transition avec l’autre école : Les Gobelins, l'école de l’image. Elle est désormais bien connue pour les nombreux talents qui y ont été formés le plus souvent au cinéma d’animation. Nombre d’entre eux ont récolté nominations et récompenses dans les festivals du monde entier.

Ce que l’on sait moins, c’est que certains anciens élèves s’essaient aussi avec succès à la bande dessinée. Parmi eux, Chloé Cruchaudet, explique pourquoi dans un article de M le magazine du Monde du 24 janvier 2014 : "On se retrouve petite fourmi au milieu d'un grand engrenage, avec des horaires de bureau et des chefs qui vous observent. La bande dessinée est tout le contraire. Vous êtes seul dieu à bord et vous cumulez les métiers de metteur en scène, d'éclairagiste, de décorateur… Rien n'empêche de représenter une bataille avec 200 figurants : cela coûtera un peu de sueur mais ce ne sera pas plus compliqué à réaliser qu'une autre scène. Tout est possible en BD, sans la lourdeur des grosses équipes du cinéma d'animation". Cyril Pedrosa, auteur du très beau Portugal chez Dupuis, ne dit pas autre chose : "La BD, par son côté artisanal, te met dans la position du créateur en souffrance, face à lui-même. C'est autrement plus excitant". En plus, selon ces jeunes créateurs, la bande dessinée permet d’aborder tous les sujets de manière libre et décomplexée et d’atteindre tous les publics, ce qui n’est pas (encore ?) le cas du cinéma d’animation. Moïra Marguin, responsable du département cinéma d'animation aux Gobelins, explique que tout cela n’est pas incompatible, au contraire : "L’apprentissage du story-board et des notions de cadrage et de positionnement des personnages dans le but de servir une histoire ne peuvent qu’être utiles à des auteurs de BD".

Encore un aller-retour fructueux entre numérique et graphique… Il y a peut-être là l’une des clés de la bonne tenue du marché de la BD : variété et liberté des sujets, qualité des auteurs, simplicité de la création qui fait toujours appel au geste fondamental de l’artiste alliant le cerveau, l’œil et la main, comme à Lascaux…

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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