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Révision : 18 novembre 2014
La page et l'écran
 
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C’est acquis, demain encore plus qu’aujourd’hui, nous vivrons dans un monde numérique où l’écran sera roi. Aujourd’hui, 57 téléphones portables sont vendus chaque seconde sur la planète. Cependant, il y a quelques pères de familles que cela trouble un peu, semble-t-il : ce sont les grands patrons des groupes leaders du numérique qui, selon le New York Times du 10 septembre 2014, envoient leurs enfants dans des écoles pas ou peu connectées...

Jacques de Rotalier (Novembre 2014)

Enfants et écrans : une surexposition toxique

   
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  Jacques de Rotalier
Jacques de Rotalier
     

La majorité des études scientifiques sont plus que réticentes quant à l’exposition des tout-petits (moins de 3 ans) aux écrans. Par ailleurs, les 8-18 ans passent aux États-Unis 7h40 par jour devant des écrans, plus que le temps scolaire, et en France, 4h30 par jour. L’Académie Américaine de Pédiatrie, qui commence à avoir un peu de recul, recommande de ne dépasser 2 heures par jour : on est loin du compte !

Cette recommandation s'appuie sur la mesure des traces physiologiques et psychiques que ces usages laissent sur les enfants et adolescents. Par exemple, manger devant un écran influe sur les quantités ingérées : le cerveau occupé à regarder l’écran ne transmet pas immédiatement les messages de satiété. En ce qui concerne le sommeil, même constat : trop de temps passé devant un écran perturbe le temps et la qualité du sommeil selon François Beck, directeur de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. En matière de jeux vidéo, le débat fait toujours rage mais certaines études montrent que les jeux violents augmentent les conduites agressives. En revanche, les jeux vidéo à but pédagogique ou thérapeutique remplissent parfaitement leur fonction, à condition bien entendu d’en faire un usage contrôlé et modéré ! Souhaitons que l’introduction du numérique à l’école soit faite suivant ce principe.

Je n’ai pas de conseils à donner aux éducateurs (parents et enseignants) mais ils ont intérêt à combiner les avantages de l’écran (réactivité, créativité) avec ceux de la page (calme, attention, concentration et imagination). Le Groupe Bayard, qui joue un grand rôle dans le développement de l’intelligence de nos enfants, suit cela de près : ses études ont repéré un moment crucial dans la vie de l’enfant, celui du coucher, sans écran mais avec des histoires lues, avec l’un des parents de préférence.

La sagesse du Parlement

Ma dernière lettre vous informait du souhait du gouvernement de supprimer les envois des professions de foi des candidats aux diverses élections à venir. Alertés par les différents acteurs de la filière graphique, les parlementaires, à une très large majorité, ont refusé cette suppression, à la grande fureur du Secrétaire d’Etat au budget... Quand il aura bouclé son budget (pas évident, bien sûr), on lui demandera un rendez-vous pour expérimenter comment mieux gérer cette communication à l’avenir : on devrait chercher ensemble des solutions pour former et informer les citoyens en combinant long terme (papier) et court terme (numérique).

Je viens de lire une expression intéressante : le papier éclaire le temps long, le numérique presse le temps court !

Des exemples positifs

Côme de Chérisey, directeur général de Gault&Millau, a été l’invité de Culture Papier lors d'un de ses Petits-déjeuners et du 4e Colloque national le 9 octobre dernier. Il a un point de vue très intéressant sur l’imprimé. Se définissant comme un créateur d’entreprise de flux et de réseaux, il a redéfini la stratégie de sa société afin la mettre dans la mouvance du monde actuel. L’imprimé, illustré par son guide, n’y est plus la colonne vertébrale de son activité mais joue un rôle de valorisation des contenus et de sa marque. Cela se traduit par un magazine de haute qualité, des guides régionaux pointus et des guides qualitatifs (sur le vin, par exemple) donnés lors d’évènements organisés par Gault&Millau. Pour l’imprimeur et le papetier, aucune perte de tonnage. En revanche, la valeur de ce qui est imprimé est bien meilleure.

Pour les gens de ma génération, Photo est un magazine culte. David Swaelens-Kane et Monika Bakardi ont décidé de le relancer considérant que "c’est l’écrin, la vitrine d’un talent et d’un vrai savoir-faire français vendu dans 70 pays". Site Web, réseau international de galeries et services de management de carrières offerts aux photographes entoureront voire enrichiront ce magazine, pivot du nouveau groupe.

Savez-vous que la France compte l'un des leaders du consommable d’impression ? Basé près de Nantes, Armor fabrique des cartouches d’encre et des supports d'impression par transfert thermique destinés à l’emballage, dont il détient 25 % du marché mondial. L’idée est simple : les gros rouleaux de films encrés sont fabriqués à Nantes puis envoyés dans les huit filiales étrangères qui les découpent à la demande : cinq anciennes filiales (États-Unis, Brésil, Singapour, Chine, Japon) et trois nouvelles (Inde, Afrique du Sud, Mexique) et ce n’est pas fini ! 1900 salariés composent le groupe dont 600 en France. Son Pdg, Hubert de Boisredon, présente son modèle d'entreprise comme un bon exemple de co-industrialisation et d'anti-délocalisation car, chaque fois qu’une commande est passée à l’autre bout du monde, la France doit produire plus...

Un marché en plein développement

Quel est le rayon de Monoprix qui vend le mieux en ce moment ? La papeterie ! Eh oui, à l'instar du Bon Marché qui a repositionné ce rayon, Monoprix invite des créateurs et stylistes à réinventer les instruments d’écriture mis en vente. La Fnac suit une voie similaire. Soirées à Versailles, vernissage de la Biennale des Antiquaires, défilés Dior et Hermès etc. sont autant d’occasions de soigner les invitations avec rythme, couleurs, polices et tracés qui correspondent à l’identité de la marque. On assiste à un retour de la sensibilité à la provenance, à l’authenticité des savoirs-faire traditionnels... peut-être est-ce une manière de se rassurer dans un monde où la technologie change très vite.

Conclusion

J’ai bien aimé la manière dont nos deux Nobel 2014 ont reçu l’annonce de leur prix : surpris et modestes face à l’évènement, un peu comme la feuille de papier un peu perdue, un peu confuse, mais confiante malgré tout…

Bon courage à tous.

Contact

Jacques de Rotalier a passé 30 ans dans la commercialisation, en Europe et aux USA, de la quasi-totalité des papiers impression-écriture. Il intervient maintenant comme journaliste dans des revues spécialisées de la chaîne graphique et comme consultant papier (perspectives stratégiques, achat, vente,...).

 
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